Comment devient-on lecteur puis vient l'idée extraordinaire d'écrire, grâce à qui grâce à quels livres ? Ce sont les Liaisons heureuses de l'été, une rencontre entre deux écrivains qui s'aiment et se lisent.

Aujourd'hui, Nina Bouraoui , prix du Livre Inter en 1991 pour son premier roman La voyeuse interdite , Prix Renaudot en 2005 pour Mes mauvaises pensées , elle est l'auteur de Sauvage édité chez Stöck.

Nina Bouraoui a choisi Jean-Marc Roberts , éditeur et écrivain, prix Renaudot en 1979 pour Affaires étrangères, il vient de publier chez Gallimard son plus beau roman François Marie . Un double portrait celui de son auteur et celui amoureux de son ami François Marie Banier contre lequel la presse et la justice se sont déchaînés pendant trois ans.

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ninabouraouietjmroberts © Radio France

Les conseils de lecture de Nina Bouraoui et Jean-Marc Roberts :

Pour Nina Bouraoui , ce ne sont pas les livres qui lui ont donné envie d’écrire, mais plutôt la vie. Ce qui ne l’empêche pas d’être une lectrice passionnée. Enfant elle découvre la joie de lire avec les livres de Jules Verne , Le château des Carpathes notamment. Puis, adolescente, elle dévore la série des Claudine de Colette : enfin un monde de transgression où elle peut se reconnaître et se retrouver. Le côté naïf de Colette la fascine, à l’opposé de son caractère à elle dans sa jeunesse.

Le premier choc vient avec Moderato Cantabile de Marguerite Duras : la musicalité de l’écriture sans doute. Il y avait aussi le film de Peter Brook avec Jeanne Moreau et Jean-Paul Belmondo : ce livre l’aurait même sauvée de sa vie de cancre. Et même si elle ne comprenait pas tout de ce qu’elle lisait, « il y avait des mots…. », le livre devenait un compagnon. Voilà ses premiers pas avec la littérature : lire lui donnait de la force. Puis, à vingt ans, une grande rencontre, AdolphedeBenjamin Constant . Puis tous les livres d’Hervé Guibert . Et aussi comme un premier choc, une lecture où même en tant qu’écrivain, on reste un lecteur, un vrai lecteur et c’est tout : Crime et châtiment de Dostoïevski et Mille morceaux de James Frey .

Jean-Marc Roberts tient lui aussi Hervé Guibert comme un de ses auteurs adorés. Il déplore qu’un tel écrivain n’ait été reconnu que trop tard et qu’il n’ait jamais eu de prix. Il est pourtant l’auteur d’une œuvre colossale, gigantesque. Sans « A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie », Jean-Marc Roberts nous dit qu’il n’aurait pas écrit certains de ses livres comme Une petite femme . Cet écrivain lui a donné de la force, lui a transmis l’envie d’écrire : là est pour lui le vrai pouvoir de la littérature. Annie Ernaux a eu cette même influence sur lui : et malgré la fluidité et la simplicité de son écriture, (on croirait qu’elle écrit ses romans en 15 jours), il se cache derrière beaucoup de travail.

Parmi les livres qui l’ont le plus marqué dans sa vie de lecteur (un choix toujours très difficile ), on trouve aussi bien Tintin au Tibet , d’Hergé « un des plus beau texte sur la dépression et sur l’homosexualité »), qu’Histoire d’O , écrit par Dominique Aury (sous le pseudonyme de Pauline Réage) pour Jean Pauhlan, « un livre lu au moins vingt fois », « un modèle de livre érotique », « une des plus belles histoires d’amour de la littérature française ».

Puis aussi le théâtre d’Harold Pinter , celui de Beckett , ainsi que le livre d’un auteur « malheureusement » oublié, Les petits enfants du siècle de Christiane Rochefort , l’auteur surtout connue pour son livre porté à l’écran avec Brigitte Bardot Le repos du guerrier .

Autres livres qu’il nous conseille, Sur la plage de Chesil de Ian McEwan (Jean-Marc Roberts n’est toujours pas revenu de la fin de ce livre), et enfin « toute l’œuvre de Nabokov ».

La chronique de Raphaëlle Rerolle, critique littéraire au Monde des Livres :

Sourires de loup de Zadie Smith, paru en 2003 chez Gallimard.

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