Les liaisons heureuses (10/09/2011)
Les liaisons heureuses (10/09/2011) © Radio France

conseils de lectures de Morgan Sportes et de François Beaune :

Morgan Sportes dans Tout, tout de suite , a fait un roman de la terrible affaire du gang des barbares, le meurtre en 2006, après son kidnapping et sa séquestration d’Ilan Halimi.

Mais comment parler du crime dans la littérature ? Comment passer du fait brut à la littérature ?

Pour ce livre Morgan Sportes s’est imprégné au plus prés qu’il a pu, en allant sur les lieux de l’affaire. Il lui fallait assimiler le dossier, les faits, pour ensuite avec sa sensibilité, construire une dramaturgie. Plus forts que tous les commentaires sur cette affaire, les faits bruts.

Pour lui le maître en la matière dans ce genre d’écriture, c’est Truman Capote avec son roman De sang froid : un « petite mondain » comme il dit, se met à écrire sur un crime sordide.

Autre difficulté pour un auteur de roman noir : vivre pendant tout le temps de l’écriture avec des personnages peu sympathiques, voire monstrueux et pour qui aucune empathie n’est possible, comme c’est le cas pour les personnages de Tout, tout de suite . Irrécupérables, vides de toute culture, ces jeunes gens criminels paraissent si bêtes qu’ils ne se rendent pas du tout compte de leurs actes. Et ces « jeunes » existent. Le livre rejoint en cela celui de François Beaune, dont le personnage, plus mystérieux, n’est pas pour autant attachant. Il cite dans son livre Un ange noir en exergue une phrase de Jaïme Semprun (le fils de Jorge Semprun ) tirée du livre L’abîme se repeuple que Morgan Sportes nous lit : « Quand le citoyen écologiste prétend poser la question la plus dérangeante en demandant « quel monde allons-nous laisser à nos enfant », il évite de poser cette question réellement inquiétante « A quels enfants allons-nous laisser le monde » ?

François Beaune a été heureux, une fois le livre terminé de quitter son héro pour qui il n’a que de l’antipathie. Comme JP Pontalis qui dans Un jour le crime s’interroge « Je déteste la violence et je m’apprête à écrire un livre sur le crime ? ». François Beaune a pourtant depuis longtemps ce livre en tête. Il y pense depuis plus de vingt ans, du temps où il écrivait Un homme louche . A l’époque il lit beaucoup d’écrivains de romans policiers, comme Chester Himes, David Goodies, James Ellroy. Il cherche à trouver comment s’atteler à ce genre de littérature, en restant dans le cœur du personnage criminel. Ecrire l’histoire du point de vue de l’assassin : il a été très marqué par la lecture du livre de James Ellroy Un tueur sur la route .

Cependant le livre à l’origine d’Un ange noir , reste Œdipe roi de Sophocle : je tue mon père pour épouser ma mère…le premier crime…

Il rapproche aussi son personnage à ceux de Céline, et nous lit un extrait de Mort à crédit.

Pour Morgan Sportes un des premiers roman noirs est Crime et châtiment de Dostoïevski.

Car un crime apprend beaucoup sur la société contemporaine. Il cite comme exemple, un de ses anciens, livres, L’appât , porté au cinéma par Bertrand Tavernier (avec Marie Gillain) et tiré comme Tout, tout de suite , d’une fait divers réel. L’histoire de meurtres « modernes », dans une société « qui a les crimes qu’elle mérite ».

Parmi les romans contemporains décrivant ce genre de personnages, « pauvres », en tous sens, , Morgan Sportes nous cite Tortilla flat ou Rue de la sardine de John Steinbeck,

la chronique de Raphaëlle Rerolle, du journal Le Monde .

Freedom de Jonathan Franzen, publié aux éditions de l’Olivier

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