Comment devient-on lecteur puis écrivain, grâce à qui grâce à quels livres ? Ce sont les liaisons heureuses de l'été, une rencontre entre deux écrivains qui s'aiment et qui se lisent, et parlent des livres qu'ils aiment.

Joseph Macé-Scaron - Laurence Plazenet
Joseph Macé-Scaron - Laurence Plazenet © Radio France

Aujourd'hui Joseph Macé-Scaron , le directeur adjoint de la rédaction du journal Marianne , et aussi essayiste et romancier. Il vient de publier chez Grasset son troisième roman Ticket d'entrée, l'apprentissage politique et amoureux d'un homme d'aujourd'hui.

Il a choisi Laurence Plazenet, universitaire, spécialiste de la littérature du XVIIème et du XVIIIème siècle. Aprés un roman trés remarqué La blessure et la soif , elle est l'auteur de Disproportion de l'homme que son éditeur résume ainsi :

Simon aimait Elisabeth. Il épouse une autre femme. Il la quitte. Il se remarie. Puis il revoit Elisabeth. Le jour et la nuit s'inversent. Disproportion de l'homme est un roman magistral sur la révolution amoureuse.

Conseils de lecture de Joseph Macé-Scaron et Laurence Plazenet :

Joseph Macé-Scaron a choisi d’inviter Laurence Plazenet pour qui il a eu un premier choc de lecture très important il y a 20 ans avec La blessure et la soif . Il admire chez cet auteur et dans ce roman qui se passe sous Louis XIV en France et dans la Chine de la dynastie des Ming, son univers total, son imaginaire très riche, où tout est juste, intelligent, avec des descriptions « formidables ». Une émotion qu’il n’avait pas ressentie depuis la lecture de Célubée d’Isabelle Hausser . Son admiration pour Laurence Plazenet a continué pour son nouveau roman Disproportion de l’homme , un roman sur le thème de l’amour absolu et de son rejet par la société moderne. Un thème littéraire pourtant présent dés l’Antiquité, dans l’Eneide de Virgile , au travers des amours d’Enée et de Didon, par exemple ou encore à l’époque moderne, dans Phèdre de Racine , dont vous avez pu entendre l’extrait de la pièce de Patrice Chéreau, avec Dominique Blanc dans le rôle titre.

Le dernier texte aussi fort sur la description d’un amour absolu qu’il nous dit avoir lu, c’est Belle du Seigneur d’Albert Cohen .

Joseph Macé Scarron aime aussi la littérature américaine pour l’autodérision dont les personnages sont souvent dotés, tout comme en est doté le personnage de son nouveau roman Ticket d’entrée . Il nous cite comme modèles actuels et parmi les livres qui lui ont donné envie d’écrire : Stephen Mac Cauley L’objet de mon affection ou encore Jay McInerney avec Toute ma vie . Un auteur qui pour lui avance à chaque fois un peu plus à travers chacun de ses livres dans les questions fondamentales et métaphysiques, sur le vide de notre époque.

Pour lui, écrire c’est créer des archétypes, et dans ce registre là, la fiction est souvent plus vraie que le réel : ainsi, il nous engage à lire Le député d’Arcis d’Honoré de Balzac , ou Lucien Leuwen de Stendhal pour connaître la société de la Restauration, mais aussi plus contemporain, les textes d’Antonio Tabucchi pour connaître l’Italie de Berlusconi ou encore les livres de Jonathan Coe pour la société anglaise de Margaret Thatcher ou de Tony Blair.

Pour les livres et auteurs qui ont fait de lui un lecteur, il nous cite la série des Pardaillan de Michel Zévaco,Ernest Jünger avecLe cœur aventureux , et enfin Guy de Maupassant , avec notamment Bel Ami bien-sûr, un clin d’œil à son Ticket d’entrée , (le personnage « arrive » par les hommes quand celui de Bel Ami « arrivait » par les femmes) et dont quelques passages résonnent encore aujourd’hui comme très actuels.

Laurence Plazenet est quant à elle venue dans l’émission avec un texte de Pascal Quignard , un texte sur la mort : le chapitre 62 deLa barque silencieuse , dont elle nous a lu un extrait. Regrettant le sort trop rapide que l’on réserve aux morts actuellement dans les services funéraires, elle était heureuse de pouvoir nous lire et faire entendre Pascal Quignard développer sa litanie aux morts.

Parmi les livres important pour elle, un est « éternel » : Le Dit du Genji de Murasaki Shikibu , dame de cour japonaise du XIème sicèle. Un roman « fondateur de la littérature mondiale », « les pièces de Shakespeare réunies » : un roman d’amour et un roman de femme, une somme avec plus de 200 personnages, une description et une analyse des mécanismes politiques du Japon de l’époque, une critique de cet univers, prodigieusement écrit et empreint de descriptions poétiques sublimes : un livre longtemps très difficile à trouver mais qui vient d’être réédité chez Verdier.

Et dans le désordre, elle nous cite aussi La Bible , de préférence celle dite de Port-Royal dans la collection Bouquins, les Mémoires d’Outre-tombe de Chateaubriand, Phèdre et Bérénice de Racine, l’œuvre de Madame de Lafayette , et enfin Les frères Karamazov de Dostoievski.

La chronique de Raphaëlle Rerolle, critique littéraire au journal Le monde des livres :

Small World de Martin Suter, publié chez Christian Bourgois éditeur en 1998.

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