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Basse © radio-france

Une rencontre entre deux écrivains, qui se lisent et qui s’aiment. Pierre Louis Basse ou le football comme objet littéraire, politique, historique, dans son dernier livre Gagner à en mourir publié chez

Robert Laffont, il raconte un match de foot qui le hante. Un match qui a eu lieu le 9 août 1942 entre l’équipe ukrainienne du FC Start et une sélection des meilleurs joueurs nazis. Pourquoi Pierre Louis Basse est-il allé à Kiev sur les traces de ce match entre la vie et la mort ? Comment sa vie de journaliste sportif, d’écrivain, se trouve mêlée à ce match qui a eu lieu il y a bientôt 70 ans ? Il a choisi Laurence Tardieu. Elle a publié en septembre dernier son sixième roman La confusion des peines » chez Stock une lettre d’amour à son père qui commence ainsi « le livre, Laurence, tu l’écriras quand je serai mort ». Laurence Tardieu a désobéi, elle a écrit sa vérité sur ces quelques semaines où son père, cadre dirigeant d’une grande société a fait de la prison pour « abus de biens sociaux ».

Les livres cités pendant l'émission :

Contrairement àLaurence Tardieu qui décrit dans son dernier livre, le milieu de la grande bourgeoisie dont elle vient,Pierre-Louis Basse , lui a « eu la chance d’avoir des parents communistes ».... Il a baigné dans cette culture dés son plus jeune âge, et le premier livre qu’il nous cite et dont il aurait pu, nous dit-il, nous lire un extrait, c’est le Manifeste du parti communiste de Karl Marx. Un texte qu’il trouve toujours très fort et plein d’espoir : il parle du texte, avant application…. Faisant le lien avec le mur du silence que décrit Laurence Tardieu de son milieu, il cite l’antisémitisme d’état de l’URSS. Car les murs de silence peuvent s’ériger partout, dans tous les régimes. Il cite dans son livre « Gagner à en mourir » le massacre de Babi Yar en Ukraine, et le silence des autorités d’URSS à ce sujet : il nous conseille la lecture du Livre noir de Vassili Grossman et Ilya Ehrenbourg, sur les atrocités commises par les nazis à l’encontre des populations juives.

Parmi les livres que nos deux auteurs admirent, il y a ceux de l’écrivaine d’origine hongroise Agota Krystof , qui elle, refusera le silence, et sera forcée à l’exil en 1956. Laurence Tardieu a eu un choc à sa lecture qu’elle a découverte récemment : son écriture « à l’os, d’une puissance extraordinaire », et qui lui provoque des vibrations dans tout le corps. « Chaque phrase est un monde », nous dit-elle. Pour Pierre-Louis Basse, ses vers sont libres : il ne faut pas tout dire, mais si le silence est là, il faut qu’il apparaisse.

Pierre-Louis Basse nous cite aussi Roland Barthes . Pour lui son texte le plus émouvant et le plus intelligent, un texte sur la photographie où il évoque sa mère, est La chambre claire .

Laurence Tardieu ne peut pas vivre sans poésie. Elle a choisi de nous lire un passage d’Elsa de Louis Aragon . Pierre-Louis Basse nous lit quant à lui, l’Affiche rouge .

Autre écrivain qui fut, contre toute attente pour le jeune Pierre-Louis Basse baigné de culture communiste, une révélation : l’écrivain d’extrême droite Robert Brasillach . Il l'a découvert grâce à son professeur d’hypokhâgne quand il préparait Normale, Les sept couleurs . Une révélation, il adore et nous en lit un extrait sur ce qu’est avoir 30 ans. Il cite aussi Comme le temps passe.

Un autre écrivain a aussi eu une grande importance dans ses années de lycée et de préparation : Milan Kundera et plus particulièrement La plaisanterie , préfacé par Aragon. Milan Kundera, un auteur qu’il ne cesse de lire et qui l’a aidé dans son parcours pour s’éloigner de sa famille.

Pour Laurence Tardieu , un livre lu jeune l’a littéralement « prise au corps » : elle a eu ce choc de lecture avec Noces d’Albert Camus : à sa lecture elle avait l’impression qu’il lui chuchotait à son oreille, qu’il répondait aux questions qu’elle se posait sans savoir les formuler. Elle nous en lit un extrait.

La chronique de Raphaëlle Rerolle, du journal Le Monde .

Scène de la vie d’un jeune garçon de John Maxwell Coetzee, publié au Seuil.

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