dans les forets de SIbérie // Gustave et Gaston
dans les forets de SIbérie // Gustave et Gaston © Radio France

Comment devient-on lecteur puis écrivain, grâce à qui et grâce à quels livres ? Ce sont Les liaisons heureuses , une rencontre entre deux écrivains qui se lisent et qui s’aiment. Aujourd’hui les deux écrivains-voyageurs qui se sont choisis, ont su trouver chacun à leur manière, face à la solitude, aux tourments, refuge dans la littérature, même si celle si ne console de rien.

Olivier Frébourg , est éditeur, il a crée les Editions des équateurs, journaliste, il est l’auteur de livres sur Roger Nimier, Maupassant. Il vient de recevoir le Prix Décembre pour Gaston et Gustave publié au Mercure de France. Le récit de la lutte pour la vie de son fils Gaston et d’un deuil, celui de son frère jumeau Arthur, de sa rencontre avec Gustave, Gustave Flaubert, dans le monde des limbes où la vie et la littérature ne font plus qu’un.

Il a choisi Sylvain Tesson , qui, l’hiver dernier, a passé six mois seul dans une cabane en Sibérie, seul mais avec quelques livres. Son récit Dans les forêts de Sibérie publié chez Gallimard, a reçu le Prix Médicis essais.

Les livres cités pendant l’émission :

La découverte à 14 ans de Mme Bovary de Gustave Flaubert a été pour Olivier Frébourg un véritable choc : une révélation. C’est décidé, il sera écrivain. Que cela soit dans Mme Bovary , ou dans L’éducation sentimentale Flaubert pose la question de la liberté. Comment échapper aux corvées de l’existence si ce n’est en créant et en décidant de se retire du monde. Pour Olivier Frébourg il faut lire La correspondance de Flaubert : un des plus grands romans de la passion amoureuse, de l’amitié de la sensualité : un livre « tremblant de vie ».

Sylvain Tesson nous lit un extrait d’une lettre de Gustave Flaubert (à Mademoiselle de Chantepie le 11 juillet 1858) citée dans le livre d’Olivier Frébourg Gaston et Gustave.

Pour son long voyage « dans les forêts de Sibérie », Sylvain Tesson avait préparé depuis Paris une liste des livres à emporter. C’est avec le poète américain Walt Whitman et ses Feuilles d’herbe qu’il se console et célèbre à son tour la nature. C’est d'ailleurs en lisant ses vers sur le lac Baïkal qu'avait germé en lui l’idée de vivre en réclusion quelques mois, comme il vient de la faire. Il nous en lit un vers.

Olivier Frébourg nous cite aussi des écrivains contemporains qui ont amplifié chez lui le désir d’écriture : Eric Neuhof , Un taxi mauve de Michel Déon , Ivre de vin perdu de Gabriel Matzneff , Bernard Franck.

Sylvain Tesson nous parle aussi de son admiration pour Gabriel Matzneff, et nous cite Cette camisole de flammes , magnifique titre du Journal de sa jeunesse.

Olivier Frébourg et Sylvain Tesson sont écrivains, voyageurs et amoureux de Flaubert. Il n’est pas étonnant pour nous d’apprendre qu’ils ont refait le voyage de Gustave Flaubert et Maxime Ducamp, Par les champs et par les grèves à travers les forêts françaises de la Loire, texte qu’il nous incite à découvrir.

Nos deux auteurs sont venus à l’émission avec chacun un livre : Olivier Frébourg est venu avec un recueil des Fleurs du mal de Charles Baudelaire (dont il nous lit l’extrait d’un Spleen ) et Sylvain Tesson avec Un peuple de promeneurs de l’écrivain tsigane Alexandre Romanes , (que nous recevons par ailleurs le 31 décembre prochain dans Les liaisons heureuses ) pour lui, « le livre de la liberté totale, l’évangile de la liberté absolue ».

La chronique de Raphaëlle Rerolle, du journal Le Monde :

Susan Sontag, Renaître, journaux et carnets, 1947-1963 , édité chez Christian Bourgois en 2010.



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