Couvertures des livres d' Amanda Sthers  et de Tahar Ben Jelloun
Couvertures des livres d' Amanda Sthers et de Tahar Ben Jelloun © radio-france

Les livres cités pendant l'émission :

Amanda Sthers a cité un de ses précédents livres Madeleine , sur une fille pas super qui rate toutes ses histoires d’amour. Elle parle du livre de Tahar Ben JellounPar le feu, sur la révolution en Tunisie, l’histoire de Mohamed, vendeur ambulant, un homme qui doit trouver le moyen de nourrir honnêtement sa famille de cinq personnes pour s’en sortir. Et qui ressemble à Mohamed Bouazizi, ce tunisien qui s’était immolé par le feu l e 4 janvier 2011 à Ben Arous. Amanda Sthers a beaucoup aimé ce livre, au délà des faits, même si c’est une fiction, il dit plus encore que les faits des actualités : c’est une fiction politique sans être politisée. En l’écrivant, Tahar Ben Jelloun pensait au film de Vittorio de Sica Le voleur de bicyclette.

Puis nos deux invités réagissent à la voix d’Albert Camus , dans un de ses Discours de Suède en 1957, au moment où il reçoit le Prix Nobel de Littérature. Pour Tahar Ben Jelloun, les écrits d’Albert Camus résistent au temps. Ses valeurs humanistes sont toujours d’une étrange modernité, et à la base de la littérature comme outil de résistance, face aux « crapuleries de l’homme envers l’homme ».

Il lit un extrait magnifique de Le premier homme , où l’auteur évoque sa mère et leur amour réciproque.

Pourquoi lit-on et pourquoi devient-on écrivain : pour Tahar Ben Jelloun , on devient écrivain en lisant beaucoup. Enfant il était affabulateur, déjà il aimait raconter des histoires, il inventait. Il a commencé à écrire en cachette, vers 20 ans, emprisonné dans un camp militaire disciplinaire au Maroc. Puis un auteur et son livre lui ont ouvert la voie de l’écriture véritable : Ulysse de James Joyce . Un très gros livre très difficile à lire, mais qu’importe et à, la limite tant mieux, dans les conditions de l’enfermement.

Puis ce fut Don Quichotte de Cervantès , (dont on a pu entendre un extrait sonore), dont Tahar Ben Jelloun nous lit un extrait et les Contes des Milles et une nuit.

Amanda Sthers, se souvient avoir beaucoup ri petite à la lecture de Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert . Née dans une maison où tout le monde lisait, elle a pu très vite se plonger dans la littérature et en particuliers, celle, interdite à son âge : elle lit J’irai cracher sur vos tombes de Boris Vian et perçoit que c’était en continuant à lire ces livres pas forcément encore adaptés à son âge, qu’elle va en apprendre beaucoup sur la vie. Elle recherche ces émotions, liées aux lectures interdites, et se souvient notamment de Raymond RadiguetLe diable au corps , ou encore La Métamorphose de Frantz Kafka . Petit aussi, Tahar Ben Jelloun a découvert Kafka avec Le procès , et il a voulu en savoir plus sur ce qui se cachait derrière cet auteur qui a pour lui laissé à l’humanité « le regard le plus percutant sur la réalité de l’humanité ». Puis il a lu Sartre , et la poésie sur la Résistance Française, René Char,Paul Eluard , Louis Aragon . Il lisait tout pour s’approprier complètement la langue française qui n’était pas la sienne : comme Jules Verne,20000 lieux sous les mers. Jules Verne représentait pour lui, un homme libre d’écrire tout ce qu’il voulait, son rêve à lui, qui à ses débuts devait se brider et pour qui écrire était une souffrance.

La chronique de Raphaëlle Rerolle, du journal Le Monde .

Emily de Stewart O'Nan, paru aux éditions de l'Olivier.

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