Les liaisons heureuses. Une rencontre entre deux écrivains, qui se lisent, s’aiment et parlentdes livres qu’ils admirent.C’est Raphaëlle Rerolle qui nous a conseillé d’inviter Mona Ozouf en nous avouant avoir volé son récit de la fuite à « Varennes » de cette grande historienne et l’avoir lu en cachette sans vouloir le rendre tellement elle a été accrochée. Tous les historiens ne sont pas des écrivains. Mona Ozouf, spécialiste de la Révolution française a construit une œuvre aussi autour de lalittérature. Elle vient de publier La cause des livres chez Gallimard, un portrait d’elle en creux à travers ses lectures.Mona Ozouf, a choisiChristine Jordis en nous disant " surtout surtout lisez de Christine Jordis, Un lien étroit . Un roman publié au Seuil. Le portrait d’une femme mariée qui va trouver sa liberté grâce à l’écriture et aussi L’aventure du désert publié chez Gallimard ; le portrait d’hommes comme Charles de Foucauld qui ont choisi le renoncement.

Les livres cités pendant l'émission :

Mona Ozouf , a choisi pour ses Liaisons heureuses , une autre femme écrivain et grande lectrice comme elle, sa collègue dans le jury du Prix Fémina, "officier de la littérature anglaise" pour le British Council, qu’elle a contribué à faire connaître et rayonner en France dans des années 70 et 80, avec notamment le livre Gens de la Tamise.

Dans le livre d’elle que Mona Ozouf a choisi Un lien étroit , il est question d’une femme mariée qui trouve sa liberté en devenant écrivain. Sur la question de cette solitude engendrée par l’écriture, Christine Jordis nous cite le livre de Catherine Millot, Ô solitude qui décrit ces moments de solitude fondamentale.

Enfants, Mona Ozouf et Christine Jordis passaient leur temps à lire. Mona Ozouf le raconte dans son livre sur son enfance en Bretagne Composition française .

Elle lit et découvre grâce à son professeur de français Renée Guilloux (épouse de Louis Guilloux), les romans de la littérature anglaise comme La nymphe au cœur fidèle de Margaret Kennedy. Pour elle, la littérature anglaise offre aux adolescents toute une série de lectures « qui permettent à la fois l’identification et la distance ». Ce livre lui a en outre appris qu’un grand romancier était celui qui n’hésitait pas décevoir son lecteur, à faire vieillir ses personnages, les faire mourir…Un souvenir heureux de lecture, tout comme celui de cet autre roman anglais, Poussière de Rosamond Lehman . Christine Jordis qui a elle aussi beaucoup aimé ce roman dans sa jeunesse pour cet « art de la narration et l’audace de cette romancière anglaise », nous en lit une phrase qui l’a beaucoup marquée.

Mais le livre qui a été capital pour la petite Mona Ozouf enfant, c’est le Manuel de lecture du cours élémentaire Claude et Antoinette à la maison forestière de Maurice et Marcelle Tarnier ce livre lui a donné le goût du récit, de l’histoire, de l’Histoire.

Christine Jordis elle aussi lisait sans fin dans « la touffeur des ces journées d’été », pleines d’ennui mais riches en évasion. Elle lisait Alexandre Dumas et devenait le Comte de Monte Cristo dans sa cellule : elle en oubliait d’aller à table et de se laver…

Ses parents très rigides pourtant ne se méfiaient pas de ses lectures. Pour elle la lecture a été une fuite, une liberté, la possibilité d’échapper à une tutelle féroce. Elle lisait tout ce qu’elle trouvait, Les contes drolatiques d’Honoré de Balzac , Le nœud de vipères de François Mauriac où elle retrouvait l’image de sa propre famille, dont l’écho la consolait de sa solitude.

Pour elle comme pour Mona Ozouf , on leur faisait apprendre par cœur des tirades des grands classiques, comme Les femme savantes de Molière, (dont vous avez pu entendre un extrait joué par Maria Mauban et Catherine Sellers (disque disponible chez Hachette).

Christine Jordis est venue avec un livre qu’elle aime, celui de l’écrivaine britannique Iris Murdoch , La mer, la mer. Elle nous en lit un passage et regrette que cette écrivaine ne soit pas assez connue en France. Elle en admire l’imagination extraordinaire et qui sait, nous dit Mona Ozouf qui aime aussi ce livre, qui « sans didactisme, mêle la réflexion à une imagination torrentielle ».

Mona Ozouf nous parle enfin de deux livres de cette littérature anglaise dont elle aime le mélange de la fantaisie et du prosaïque, de la fantaisie et du mystère, dans le prosaïque, celui de Sylvia Townsend Warner Laura Willowes . Un livre qui rend compte des deux aspects de l’existence féminine avec un très grand humour et les Nouvelles de Saki , où se mêlent humour fantastique et fuite dans la nature à la rencontre de la cruauté animale.

Couvertures de "La cause des livres" de Mona Ozouf et de "Un lien étroit"  de Christine Jordis
Couvertures de "La cause des livres" de Mona Ozouf et de "Un lien étroit" de Christine Jordis © radio-france

La chronique de Raphaëlle Rerolle, du journal Le Monde :

Pour mon plaisir et ma délectation de Pierre Combescot, paru chez Grasset et en poche au Livre de Poche.

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.