Comment devient-on lecteur puis écrivain, grâce à qui, grâce à quel livre ? Ce sont Les liaisons heureuses de l’été, une rencontre entre deux écrivains qui s’aiment, se lisent et parlent des livres qu’ils aiment.

Christian Authier - Philippe Besson
Christian Authier - Philippe Besson © Radio France /

Aujourd’hui, Patrick Besson, grand prix de l’Académie française pour Dara et prix Renaudot pour Les Braban, dans son dernier roman, Come baby publié au Mille et une nuit, il parle de sexe et d’amour. Pour le présenter j’aimerais lire une lettre que lui a adressé l’écrivain, membre de l’académie française, Michel Deon. Une lettre publiée par le Point : "avant de commencer cette lettre, j’ai recaressé vos livres sur l’étagère qui leur est consacrée. En vous lisant, je vous entends, je vous vois l’éternel jeune homme avec ses blessures et ses bonheurs, ses tendresses et ses cruautés ».

Michel Deon, qui est un des auteurs préférés de l’écrivain que Patrick Besson a choisi : Christian Authier , Prix roger Nimier pour Les liens défaits , il a publié chez Stock , Une belle époque un roman d’amour et de politique.

Conseils de lecture de Patrick Besson et Christian Authier :

Patrick Besson est un « drogué de la lecture ». Il a besoin de sa dose et se réjouit de tomber sur du « bon ». Dés qu’un nouveau livre deChristian Authier sort, il se jette dessus, tout comme sur ceux de Patrick Modiano ,Jean Echenoz ou Michel Déon .

Patrick Besson , se retrouve bien dans les livres de Christian Authier , dont Une belle époque , qu’il compare à l’Eduction sentimentale (un de ses livres fondateurs) de Gustave Flaubert . Il y retrouve le thème de la province, de l’amitié, de la vieillesse, du milieu du pouvoir et de la politique où les personnages se retrouvent grotesques, et où tout relève d’une vaste supercherie. Pour Christian Authier, qui nous lit un extrait du livre de Flaubert, seuls comptent l’amour et l’art, et Patrick Besson aime bien cette idée aussi.

Tout comme son auteur Patrick Besson , le personnage de Come Baby aime lire et choisit avec un grand soin les livres qu’il devra emporter pour ses vacances en Thaïlande : le choix se portera sur Les ambassadeurs d’Henry James , le plus grand écrivain du monde pour Patrick Besson , et les Contes philosophiques de Voltaire , malgré l’antinomie de lire du Voltaire, sombre et ricaneur, en Thaïlande, pays du jeu, de l’amusement, de l’absence de peur, et où tout est possible.

En écrivant Come Baby,Patrick Besson nous dit avoir pensé au livre deMorgan SportèsPour la plus grande gloire de Dieu , un chef d’œuvre qui raconte la tentative de séduction malheureuse d’ambassadeurs de Louis XIV pour conquérir la Thaïlande, à l’époque le royaume de Siam.

Il a aussi pensé au livre dePierre BenoitSoleil de minuit , un livre qu’il avait adoré petit d’un auteur dont il admire le picaresque et le mouvement des personnages, toujours dans une action variée et surprenante.

Parmi les autres livres qui ont faits de lui un lecteur et donc un écrivain, il cite aussiGuerre et paix de Tolstoï .

Pour nos deux auteurs, un écrivain américain a beaucoup compté : Francis Scott Fitzgerald.

Patrick Besson nous parle d’une facette peu citée quand on parle de lui : il était un écrivain qui travaillait beaucoup et non pas seulement un écrivain voyageur, alcoolique. Il nous invite à lire ses Carnets, publiés chez Fayard en 2002. Il a aimé la nouvelle Un diamant gros comme le Ritz , et aussi Les heureux et les damnés , un roman magnifique avec une histoire très simple mais traitée d’une manière très profonde, mettant en scène deux personnages qui attendent un héritage. Un livre magnifique « presque beckettien »…

Christian Authier nous cite le livre émouvant qui raconte son expérience à Hollywood et la façon dont il a été traité par l’industrie du cinéma : Histoire de Pat Hobby . Il adore aussi le Scott Fitzgerald noveliste, avec les recueils Le pirate de haute mer , trois « textes magnifiques », et Les enfants du jazz.

Christian Authier est aussi un grand lecteur d’Antoine Blondin . Il salue la réédition en mai dernier, à l’occasion des 20 ans de sa disparition de L’humeur vagabonde et d’Un singe en hiver , (aux éditions de la Table ronde). L’écriture de Blondin est pour lui une « musique de la langue, une beauté sans ostentation, une poésie de tous les instants ». Christian Authier aime lire Antoine Blondin , qualifié d’enfant triste par son ami Roger Nimier, un auteur pudique qui ne montre pas ses failles, ou y fait jute légèrement allusion. Un auteur pour qui le thème de l’amitié est très présent, comme dans Monsieur Jadis, qui est une sorte d’hommage à tous ses amis disparus.

Parmi les auteurs qui ont fait de Christian Authier un lecteur, on trouve « tous les livres » de Conan Doyle et d’Agatha Christie , puis « à partir de 17 ans », Louis-Ferdinand Céline et Marcel Proust .

Comme Patrick Besson , Christian Authier admire l'oeuvre de Patrick Modiano et son « mystère de fabrication » ainsi que Michel Déon .

La chronique de Raphaëlle Rerolle, critique littéraire au Monde des Livres :

Le slynx de Tatiana Tolstoï, publié chez Robert Laffont en 2002.

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