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Quels livres font de vous un lecteur puis un écrivain ? Ce sont les Liaisons Heureuses, une rencontre entre deux écrivains qui se lisent et racontent leur amour pour la littérature. On se demandait qui Jean d’Ormesson allait choisir. On avait ici dressé un portrait. Une femme, séduisante, comme les héroïnes de ses romans. Les éditions Robert Laffont publient dans la collection Bouquins, les premiers romans de Jean d’Ormesson. Le premier, publié en 1956 a pour titre L’amour est un plaisir , il est dédié à ceux qui s’aiment. L’héroïne a pour prénom Bénédicte, elle est fille de consul. Pour elle le bonheur calme est un vice.

Le deuxième roman, publié en 1960, du jeune d’Ormesson, se nomme Un amour pour rien .On comprend que l’auteur a souffert, il reprend en exergue cette situation de Proust « J’appelle ici amour, une torture réciproque » . L’héroïne se nomme Françoise, et comme le dit Marc Lambron dans sa préface à ce volume, Françoise préfère les êtres aux choses .

Peut-on ainsi faire le portrait de l’écrivain que vous avez choisi ? Pour elle le bonheur calme est un vice et elle préfère les êtres aux choses.

Dominique Bona. Prix Renaudot et prix Interallié , est une merveilleuse portraitiste de femmes, elle a publié chez Grasset au printemps, Deux sœurs , le portrait de femmes nées un siècle trop tôt, dans une famille d’artistes et de collectionneurs, les Rouart. On doit les marier. On n’entend pas ce qu’elles ont en elles d’absolu et de sensible.

Les livres cités pendant l’émission :

Jean d’Ormesson adore les livres de Dominique Bona dont il loue le talent d’écriture de biographies. Il en cite une de ses précédente parue en 1989 : Les yeux noirs : les vies extraordinaires des sœurs Hérédia . Pour lui la ligne de partage entre le roman et la biographie s’efface. Ecrire sur la vie de deux sœurs est déjà une source très riche en terme d’idée romanesque. Il pensait à ce livre quand lui-même a écrit Le vent du soir, sa trilogie inspirée par les sœurs Mitford.

Dans Au revoir et merci , essai autobiographique et adieu à la littérature, Jean d’Ormesson n’est pas indulgent pour lui-même. Il apparaît comme un jeune homme prétentieux qui arrive à faire pleurer son père lors de leurs débats littéraires : le père aimait Cyrano de Bergerac (d’Edmond Rostand ) alors que lui ne jurait que par les auteurs de la NRF.

Deux livres qu’il admire l’ont inspiré pour l’écriture de L’amour est un plaisir : Le soleil se lève aussi d’Ernest Hemingway et Le Paysan de Paris de Louis Aragon dont il nous lit un extrait.

Il cite aussi une phrase sur le temps tirée des Confessions de Saint Augustin , « un livre admirable et très facile à lire ».

Dominique Bona qui adore la poésie, nous lit un poème de Paul-Jean Toulet , poète que Jean d’Ormesson admire aussi beaucoup.

Dernier conseil de lecture pour les grandes vacances : Jean d’Ormesson nous invite à lire Les mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand et Le lièvre de Patagonie de Claude Lanzmann , et Dominique Bona, le livre Une légende russe d’Elisabeth Barillé .

La chronique de Raphaëlle Rerolle, du journal Le Monde .

A l’irlandaise de Joseph O’Connor paru chez Robert Laffont.

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