Couvertures des livres de Lorette Nobécourt "Grâce leur soit rendue" et de Véronique Ovaldé pour "des vies d'oiseaux"
Couvertures des livres de Lorette Nobécourt "Grâce leur soit rendue" et de Véronique Ovaldé pour "des vies d'oiseaux" © radio-france

Lesliaisons heureuses de Roberto Bolano Avec Lorette Nobecourt et Véronique Ovaldé , des écrivains qui lisent et admirent cet immense écrivain d’origine chilienne, dont les éditions Christian Bourgois viennent de publier ledernier roman Un petit roman lumpen traduit par Robert Amutio ."Quoi vous n’avez pas lu Roberto Bolano ?", me demande-t- on régulièrement ? Non je n’avais pas lu cet écrivain chilien, mort en 2003 à l’âge de 50 ans, considéré comme l’un des plus grands écrivains latino-américains contemporains. Grâce aux écrivains invitées aujourd’hui, j’ai luRoberto Bolano, et j’ai été éblouie et j’ai ri. Merci donc à Véronique Ovaldé , l'auteur de Ce que je sais de Vera Candida , Grand prix des lectrices de Elle 2010 et Des vies d’oiseaux publiés chezL'Olivier en septembre dernier et dont les livres se passent dans cette Amérique latine imaginaire chère à Bolano et à Lorette Nobécourt, dont Bolano, est à sa manière, le héros ou plutôtle géant bienfaisant de son dernier roman Grâce leur soit rendue édité chez Grasset.

Les livres cités pendant l'émission :

La radio est l'endroit idéal pour parler et entendre des livres :

L’émission s’ouvre sur la lecture du texte Le gaucho insupportable de Roberto Bolano, lu par Guillaume Gallienne dans son émission Ca peut pas faire de mal , (sur France Inter le samedi à 18 heures à 19 heures).

Et c’est sur France Culture que Lorette Nobécourt a découvert Roberto Bolano, en écoutant une émission qui lui était consacrée : elle achète le livre 2666 après cette émission, mais ne le lit pas tout de suite. Quand elle s’y plonge enfin ( le livre a de quoi faire peur avec ses 1358 pages), une rencontre littéraire a lieu : pour elle personne n’est autant rentré dans la littérature, que cela soit par la langue, les thèmes, le rapport profond à l’éros, le sexe, la littérature de voyage…Sa nationalité au-delà de celle qu’il avait dans la vie, chilienne ou sud-américaine, sa vraie nationalité est pour elle celle de la littérature. Elle nous lit un extrait des Chiens romantiques .

Quant à Véronique Ovaldé, elle a découvert Roberto Bolano grâce à un collègue qui lui a donné le deuxième exemplaire de 2666 qu’il avait en plus…Elle n’attend pas pour le lire et s’y plonge dés son retour à la maison le soir dans le métro. Elle sait alors qu’elle a trouvé un endroit pour elle et qu’elle va s’y installer pour longtemps (ça tombe bien le texte est très long..).

2666 est pour elle un roman incroyable, car il est de plusieurs genres en même temps. Elle admire son auteur, capable de concilier à la fois une recherche formelle très forte et en même temps une façon de camper une fiction et de créer des connexions entre plusieurs intrigues.

Elle cite à ce propos un des derniers roman d’Enrique Vila-MatasChet Baker pense à son art , où en parlant de son travail d’écrivain, il évoque la difficulté d’être justement à la fois dans la forme et dans l’intrigue.

Lorette Nobécourt lit un extrait de 2666.

Véronique Ovaldé lit un extrait d’un autre livre d’Enrique Vila-Matas Pour en finir avec les chiffres ronds , où il fait le portrait des écrivains qu’il aime, dont celui de Roberto Bolano.

Nos auteurs évoquent ensuite d’autres livres de Roberto Bolano, le dernier paru chez Christian Bourgois, Un petit roman Lumpen, l’histoire d’un frère et d’une sœur orphelins, qui tombent dans la délinquance, Lorette Nobécourt nous présente, Entre parenthèses , recueil paru après sa mort de différents textes de Roberto Bolano , comprenant aussi bien ses critiques de livres que ses interviews ou discours de remise de prix, dans lesquels on le retrouve dans un style qui n’est jamais consensuel.

Véronique Ovaldé parle d’un des livres de Roberto Bolano écrit en 1989, Le troisième Reich , l’histoire contemporaine d’un allemand en villégiature dans une station balnéaire de la côte espagnole qui décide de rester dans cette petite ville qui se vide peu à peu de ses habitants. Une déambulation mélancolique que l’on retrouve d’ailleurs dans son œuvre en général.

Lu après 2666 , Lorette Nobécourt nous parle de Les détectives sauvages , qui est un de ses préféré, tout comme pour Véronique Ovaldé . Un livre qui se lit comme un polar, un grand roman de chevalerie, et de camaraderie, avec une réflexion très poussée sur ce qu’est être un romancier au monde.

Lorette Nobécourt nous parle alors du côté « mal foutu », « raté » de certains livres de Roberto Bolano qu’elle aime néanmoins (et peut-être aussi pour cette raison) : La piste de glace , un livre « complètement mal foutu mais formidable quand même ».

Véronique Ovaldé nous cite un drôle de livre, La littérature nazie en Amérique, une fausse anthologie d’écrivains nazis ayant vécus en Amérique du Sud. Un livre qui lui rappelle le texte de Jorge LuisBorgès sur de faux auteurs, Histoire de l’infamie .

A lire aussi les trois livres de Véronique Ovaldé et Lorette Nobécourt, Ce que je sais de Vera Candida , Des vies d’oiseaux , et Grâce leur soit rendue , tous trois emprunts de leur amour et de leur admiration pour l’œuvre de Roberto Bolano.

La chronique de Raphaëlle Rerolle, du Journal Le Monde :

La chienne de vie de Juanita Narboni d’Angel Vasquez , paru aux éditions Rouge Inside.

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