Quelques conseils de lecture __

J-B Pontalis
J-B Pontalis © Radio France

"Portrait de Lorenzaccio en milicien ", est un hommage à la pièce d’Alfred de Musset

Lorenzaccio . JB Pontalis évoque le fait qu’Antoine Billot transpose avec beaucoup de talent l’histoire de Lorenzaccio dans la France de l’occupation, dans une ville de province. Son livre s’inspire également de "Lacombe Lucien" de Louis Malle : comment un jeune garçon peut être partagé entre le bien et le mal.

Quant au titre, il évoque "Portrait d’un artiste en jeune chien" de Dylan Thomas et le célèbre titre de James Joyce, "Portrait de l’Artiste en Jeune Homme" .

Antoine Billot précise qu’« il existe différentes lectures de la pièce d’Alfred de Musset. Cependant, une chose demeure dans toutes ces lectures, c’est l’ambigüité du personnage. […] J’en ai peut-être rajouté un peu par rapport à la pièce de Musset, sur le côté mauvais du personnage, au moins dans son versant social. Après il y a cette rédemption qui n’existe pas exactement dans le même timing, dans la pièce de Musset. Mais le livre au départ est essentiellement un hommage à Musset, c’est la raison pour laquelle il y a des emprunts à Lorenzaccio, c’est le fil conducteur, mais il y a aussi des emprunts à la confession, au théâtre… »

Il ajoute qu’il y a une résonance entre son personnage et la façon dont se décrit Dylan Thomas dans "Portrait d’un artiste en jeune chien" , « quelqu’un qui a une assez mauvaise idée de lui-même… », dit-il.

Parmi les livres qui ont « formés » Antoine Billot, il y a selon lui beaucoup de romans d’initiation, comme "La confession d’un enfant du siècle, d’Alfred de Musset , . De la même façon, "Portrait de Lorenzaccio en milicien ", est aussi un livre d’initiation, « l’initiation d’un jeune homme à la dureté de la vie politique, sociale, etc. Un aspect important des choses que l’on retrouve dans le "Portrait de l’artiste en jeune chien", de Dylan Thomas.

Lorsqu’Antoine Billot parle du livre de JB Pontalis Un jour, le crime , , il évoque le fait qu’à l’origine de ce livre, il y avait le séminaire dirigé par Monsieur Corcos à l’institut de Montsouris, sur la relation entre la psychanalyse et crime. Il en lit un extrait, celui qui évoque l’humour de Félix Fénéon au travers de ses "Nouvelles en trois lignes".

J.B Pontalis ne lit pas de romans policiers. « En revanche, je lis les romans qui n’ont rien de policier un peu comme des romans policiers, dans l’attente de ce qui va survenir, précise t-il. On peut même lire Proust , comme cela, en se disant : Qu’est ce qu’il va arriver ? Qu’est ce qu’il va découvrir ? Dans sa recherche du temps, qu’est ce qui va ressurgir ?Le grand romancier, c’est de créer l’attente, le suspens. »

J.B Pontalis cite de nombreux romans écrit à partir d'un un fait divers. Certains très sont très connus comme Madame Bovary de Flaubert , et Le Rouge et le Noir de Stendhal , . « Stendhal a fait plus que s’inspirer du fait divers, raconte J.B Pontalis, il a trouvé dans La Gazette des Tribunaux , dont il était un lecteur attentif, tout le canevas du "Rouge et le Noir". Il l’a transformé en roman, en fiction, tout en restant très prêt de la réalité des faits. »

Il y a également Benito Cereno d’Herman Melville , et bien d’autres…

Il ajoute qu’Albert Camus, lorsqu’il dirigeait le journal Combat , « avait pratiquement interdit à ses rédacteurs de parler de faits divers, oubliant que "l’Etranger" est né aussi d’un fait divers […] Donc le lien entre fait divers et roman est très intime. » Antoine Billot précise que « si l’on prend l’Etranger d’Albert Camus , le fait divers est important mais c’est surtout tout ce qu’il y a autour, c'est-à-dire la psychologie du personnage, l’environnement ».

J.B Pontalis précise également que son envie d’écrire Un Jour le crime , vient aussi de l’exposition Crime et Châtiment , au Musée d’Orsay, organisée par Jean Clair. « On y voyait de très beaux tableaux, dit-il, […] et des "unes" du Petit Journal , où l’on voyait vraiment l’aspect théâtral, la scène du crime,… » . Ce livre est aussi né de ses souvenirs quant il découvrait la « justice ordinaire », dans les Chambres correctionnelles du Palais de Justice de Paris.

JB Pontalis cite La séquestrée de Poitiers , d’André Gide parmi les œuvres qui l’ont beaucoup impressionné. L’histoire de cette femme séquestrée pendant plus de vingt ans qui, à sa sortie, fut transférée dans un hôpital psychiatrique. Elle était folle. Etait-ce à cause de ses vingt ans d’enfermement ou bien était-elle folle avant, « on ne saura jamais ».

D’autres livres l’ont beaucoup marqué. « Ce ne sont pas mes préférés, précise J.B. Pontalis, mais ceux avec lesquels je suis entré en résonnance ». Ainsi, La Légende de Saint Julien l’Hospitalier de Gustave Flaubert . Cette idée de la sauvagerie d’un enfant, cette enfant qui trouve une volupté dans la souffrance qu’il inflige, alors que l’on parle souvent de l’innocence de l’enfant. Il évoque également le thème de la rédemption, « que l’on retrouve chez Lorenzaccio ».

"La Mort d’Ivan Ilitch" de Tolstoï , est également un « livre admirable », selon J.B. Pontalis, pour la relation au père. Un père que l’auteur a perdu jeune, il peut donc s’identifier au jeune personnage. Il aurait aimé être celui qui essaye de sauver son père.

Le duel de Conrad , « pour cette rivalité entre des frères d’âmes », et sa propre rivalité avec son frère ainé.

Peter Ibbetson de Georges du Maurier , pour cette idée de révéler la vérité du rêve « et cette très belle formule dans le livre : « rêver vrai » » dit-il.

Egalement,Oblomov d’Ivan Gontcharov , pour cette tentation de la paresse…

Tous ces livres sont plus ou moins inspirés de sa propre vie, de ce qu’il lui est arrivé.

Antoine Billot parle, quant à lui, d’Etat-Civil de Drieu-La-Rochelle , comme étant un des livres qui ont fait de lui un écrivain. « C’est un récit autobiographique, mais il y a quand même un certain protocole qui permet à Drieu de prendre de la distance par rapport à l’histoire qu’il raconte. Cette distance est nécessaire, probablement pour dire des choses qu’il ne dirait pas autrement.[…] Un très beau texte » conclut-t-il.

Il évoque aussi parmi les livres qui ont fait de lui un lecteur puis un écrivain,

Le Bon Petit Diable de La comtesse de Ségur , Fragments du Discours amoureux de Roland Barthes , Vies Minuscules de Pierre Michon , et l’Année de l’éveil de Charles Juliet .



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