Couvertures de La ligne de courtoisie de Nicolas Fargues et Je suis une aventure de Arno Bertina
Couvertures de La ligne de courtoisie de Nicolas Fargues et Je suis une aventure de Arno Bertina © Radio France

Les Liaisons heureuses : une rencontre entre deux écrivains qui se lisent, qui s’aiment et parlent des livres qu’ils aiment. Mais que se passe-t-il quand les écrivains invités s’amusent à dire du mal d’eux-mêmes ou de leurs héros, lâches et risibles ? Que se passe-t-il quand on attend la grâce, celle qui permet de devenir un grand champion, de tomber amoureux, un bon père, ou d’ écrire ? Heureusement, on peut toujours lire.

Nicolas Fargues a reçu le prix France Culture Télérama en 2011 pour « Tu verras », l’histoire d’un père, fonctionnaire sans ambition, amoureux raté, qui crie constamment sur son fils de douze ans et puis son fils meurt. Il vient de publier chez POL son 9eme roman « La ligne de courtoise », un homme seul, écrivain sans ambition, amant déçu.

Nicolas fargues a choisi Arno Bertina , il publie « Je suis une aventure » chez Verticales, une rencontre ratée entre un journaliste sportif qui se plaint et un grand champion de tennis nommé Rodgeur Federer, et qui aimerait le rester, chacun ayant un double, sorte de fantôme.

Les livres cités pendant l'émission :

Le dernier roman d’Arno Bertina Je suis une aventure , donne envie de lire d’autres livres. Il y est question de deux auteurs et de deux livres, bien réels : Walden ou la vie dans les bois de l’écrivain américain Henry David Thoreau, et du livre devenu culte publié en 1974, Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes , du romancier américain Robert Pirsig. Le narrateur du roman lit ces deux livres et en discute avec l’un des personnages : par ce biais, Arno Bertina peut poser la question des deux différentes attitudes que l’on peut adopter face à la vie : Thoreau incarnant une forme de misanthropie et Pirsig essayant de trouver des solutions à l’accord entre les différentes dimensions de la vie, la combinaison entre la civilisation et la nature.Colombe lit un extrait de Walden ou la vie dans les bois deHenry David Thoreau .Un troisième écrivain est aussi présent à la fin du livre d’Arno Bertina : l’explorateur John Muir. Considéré comme un des pères de l’écologie américaine, il est aussi, par ses récits de voyage et d’exploration, un écrivain au regard toujours émerveillé par ses découvertes et par la vie. Un écrivain « de la joie » comme nos invités ont volontiers qualifié certains auteurs qu’ils aiment lire. Sur ce thème, Nicolas Fargues évoque la littérature américaine, produit d’une société plus « optimiste » que la vieille Europe occidentale. Lui aime le livre Courir deJean Echenoz. Pour Arno Bertina, une des figures de la littérature française qui échappe à la morosité et qui pourrait être considéré comme un écrivain « de la joie », c’est Stendhal : il cite en exemple une scène de La chartreuse de Parme, une « vraie cavalcade joyeuse » où le héro Fabrice Del Dongo, alors qu’il vient d’être arrêté et va être emprisonné, croise la fille du gouverneur et en tombe d’un seul regard immédiatement amoureux. Stendhal écrit : « il avait oublié d’être malheureux » !....Arno Bertina, nous cite un autre « écrivain de la joie » et un livre : Les enfants de minuit de Salman Rushdie . Il l’a lu sans pouvoir s’arrêter, enfermé trois jours durant dans sa chambre : une écriture portée par une énergie et beaucoup d’humour, un livre très riche ayant toutes les dimensions que l’on peut espérer d’un récit, et aussi une fantaisie à l’intérieur d’une réalité historique.Ce qu’aime Arno Bertina est la recherche d’une inventivité dans l’écriture, qu’il retrouve en outre dans les romans de Nicolas Fargues. Il a fait partie de la revue Inculte crée en 2004, une expérience très enrichissante avec des nombreux jeunes écrivains qui confrontaient leurs vision du monde. Il nous cite un des ses livres écrit avec François Bégaudeau et Olivier Rohe dans le cadre de cette association : Une année en France. Il est venu dans l’émission avec deux livres de Patrick Deville dont tous les livres le fascinent : il nous lit un extrait de Pura vida. Nicolas Fargues nous fait découvrir Georges Henein , un journaliste et poète copte Egyptien un « vrai grand méconnu » dont les éditions Denoël ont publié les œuvres complètes. Il nous lit un extrait de « La volonté d’horizon », texte écrit en février 1952 dans le journal francophone La bourse égyptienne.

La chronique de Raphaëlle Rerolle du journal Le Monde :

Beaufort de Ron Leshem publié au Seuil en 2008.

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