Elisabeth Louise Vigée Lebrun est l'une des plus grandes peintres françaises. Mais c'est aussi une sacrée battante qui, toute sa vie, a réussi à vivre de son art. De Versailles à son exil de plus de dix ans à travers toute l'Europe, portrait et destin d'une artiste hors du commun !

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Une artiste en herbe

Elisabeth vit à Paris, à la fin des années 1700. Enfant, elle est passionnée par le dessin : elle crayonne partout, tout le temps. Très douée, elle apprend ensuite la peinture. Elle travaille, elle progresse, elle commence à peindre de façon professionnelle. 

Une artiste peintre au talent unique 

Sur ses toiles, elle peint de sublimes visages de femmes et d'enfants comme entourés d'un nuage de tendresse. Elle représente particulièrement bien les femmes qu'elle rend gracieuses et malicieuses... Son nom circule dans tout Paris et même à l'étranger. Elisabeth est à la mode ! 

Peintre officielle à la Cour de Versailles

Son nom parvient jusqu'à l'entourage du roi Louis XVI. L'artiste est invitée à Versailles, elle peint désormais pour la Cour ! C'est une bonne place mais il faut faire ses preuves… Heureusement elle s'accroche !

En 1778, Elisabeth a 23 ans, sa vie est sur le point de changer… Comment ? Et bien, un grand honneur lui est fait : on lui demande de peindre la reine Marie-Antoinette.

Marie-Antoinette prend la pause et c'est tout un poème. Elle se tient droite, on dirait qu'un fil invisible lui tire le sommet du crâne. A l'instant précis où elle la peint, toute l'attention d'Elisabeth est dirigée vers elle, son modèle. Notre héroïne vit un moment magique, le reste du monde a disparu, elle ne voit plus que la reine, sa beauté, ses formes et l'éclat de sa peau.

Une peinture universelle 

En 1789, la révolution française éclate. Elisabeth doit fuir. Commence alors un long exil de plus de dix ans à travers toute l'Europe. Elle se rend dans chaque ville où son pinceau l'appelle. Nous la suivons en Italie et en Russie, à Saint-Pétersbourg. Elle continue de gagner sa vie grâce à la peinture ! 

Bonus 

Elisabeth a peint de merveilleux portraits de mères avec leurs enfants. Elle s'est d'ailleurs représentée plusieurs fois avec sa fille Julie. L'un de ses autoportraits s'appelle « Madame Vigée Le Brun et sa fille, Jeanne-Lucie-Louise, dite Julie ». Tu peux voir ce petit bijoux peint en 1789 au musée du Louvre, il est exposé au premier étage de l'aile Denon, dans la salle 702 : 

Madame Vigée-Le Brun et sa fille, Jeanne-Lucie, dite Julie (1780-1819) Vigée-Le Brun, Elisabeth Louise. Huile sur bois. 1789. musée du Louvre. Département des Peintures. INV 3068
Madame Vigée-Le Brun et sa fille, Jeanne-Lucie, dite Julie (1780-1819) Vigée-Le Brun, Elisabeth Louise. Huile sur bois. 1789. musée du Louvre. Département des Peintures. INV 3068 / RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Tony Querrec

Elisabeth n'a pas son pareil pour peindre les sourires, ils sont très émouvants et extrêmement vivants. Et puis ils ont quelque chose en plus : elle est parmi les premiers peintres à montrer les dents de ses modèles. Comment est-ce possible ? 

Tu te souviens ? Elle vit à la fin des années 1700 et jusque-là l'hygiène, c'était... pas terrible terrible... Disons que les gens avaient souvent de gros problèmes de dents : certaines étaient pourries ou parfois il en manquait… Du coup, ils évitaient de sourire.

À l'époque d'Elisabeth, l'hygiène heureusement s'améliore. Les hommes et les femmes ont une bien meilleure dentition et ils n'hésitent pas à le faire savoir en souriant lorsqu'ils prennent la pause !

Si tu vas voir cet autoportrait d'Elisabeth avec sa fille, observe bien la toile : les lèvres sont entrouvertes, on aperçoit, comme de jolis colliers de perles, deux délicates rangées de dents.

Si un soir tu as la flemme de te brosser les quenottes avant de te coucher, regarde-toi dans le miroir, souris et répète cette phrase magique : 

Moi aussi, avec mes belles dents, j'aurais pu être un modèle de l'épatante Elisabeth Vigée-Lebrun

Et ça, entre nous, c'est carrément la classe !

L'équipe

  • Texte et narration : Laure Grandbesançon 
  • Réalisation : Anne-Sophie Ladonne
  • Mixage : Basile Baucaire
  • Documentation musicale : Romain couturier
  • Documentation : Maud Ventura

Distribution :

  • Elisabeth Vigée-Lebrun : Hélène Fily
  • Louis XVI : Ali Rebeihi
  • Le Père d'Elisabeth : Laurent Delmas