"J'y pense tout le temps [à la mort]. Il y a des moments où je suis tentée de croire qu'au moins une partie de la personnalité survit, et d'autres où je ne le pense pas du tout. Je suis tentée de voir les choses comme le fait Honda, dans le dernier livre de Mishima, celui qu'il a terminé le jour de sa mort. Honda, le personnage principal, réalise qu'il a eu pas mal de chance, d'avoir aimé quatre personnes, mais qu'elles étaient toutes la même personne sous différentes formes, à travers, si vous voulez, des réincarnations différentes. [...] Il réalise que l'essence de ces gens est quelque part dans l'univers et qu'un jour, peut-être dans dix mille ans ou plus, il les retrouvera, sous d'autres formes, sans même les reconnaître. Bien sûr, la réincarnation n'est ici qu'un mot, l'un des nombreux mots possibles pour souligner une certaine continuité. Il est sûr que toutes les évidences physiques indiquent notre annihilation totale, mais si l'on considère aussi les données métaphysiques, on est tenté de dire que cela n'est pas aussi simple que ça."

  • Interview de Marguerite Yourcenar, Susha Guppy, The Paris Review , 1988.

  • Portrait d'une voix , Maurice Delcroix, éd. Gallimard, 2002, p. 3994

par François Comba, historien.

François Comba donne un cours -séminaire sur le Prix Nobel à Science Po.

Lien vers l'ensemble des articles oubliés par François Comba chez Profondeur de champs, revue lancée par des étudiants de Science Po en mars 2012. Il y est question de littéature et de peinture.

Marguerite Yourcenar
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