Quelle est la valeur d’un tableau qu'on a chez soi ? demande Samuel. Annette Douay, Restauratrice de tableaux, authentifie, estime les tableaux, et signe...

“Un tableau ne vit que par celui qui le regarde”
“Un tableau ne vit que par celui qui le regarde” © Getty / Sarawut Wiangkham / EyeEm

Comment peut-on évaluer la valeur d’un tableau qu'on a chez soi ? (Samuel)

Réponse d'Annette DOUAY, Restauratrice de tableaux, enseignante, experte en authenticité des matériaux de la peinture. 

"Beaucoup de personnes se demandent quelle est la valeur du tableau qu'ils ont chez eux. Ils peuvent s'adresser à des experts, des experts marchands. Il y a également des maisons de ventes comme  les commissaires priseurs qui sont au sein de leur maison, des experts et des experts en authenticité qui, comme moi, peuvent donner une valeur. 

Pour donner la valeur d'un tableau, il y a différents facteurs qui vont entrer en ligne de compte. La première question, est-ce que le tableau est signé ? Dans ce cas, on va faire une recherche sur ce peintre et voir la cote de cet artiste : a-t-il produit des oeuvres qui ont été vendues ? Ce ne sont pas forcément des oeuvres de musée, mais des oeuvres dans des ventes courantes. Il y a des sites, professionnels pour la plupart, où avec un abonnement, on peut trouver les peintres et voir le détail de leurs oeuvres et les dernières ventes.

Grâce au site, on a la localisation de la maison, en France, ou à l'étranger, on a la date, la photo du tableau en question, ses dimensions et le descriptif. On a le prix de d'estimation de l'expert, et le prix de vente. Si le tableau est signé et si la signature est authentique (parfois, il y a de fausses signatures). Donc, dans le meilleur des cas, c'est assez facile. 

Cela devient plus difficile pour les oeuvres qui ne sont pas signées. Elles peuvent être signées, encadrées, avec ce qu'on appelle un petit cartel en dessous, avec le nom du peintre. Il faut faire le rapprochement. Le nom du peintre indiqué correspond-il bien au tableau ? Il faut faire une petite recherche en histoire de l'art. Il y a des historiens de l'art et aussi des sites spécialisés, cela va prendre un petit peu plus de temps." 

"Et puis, il y a des tableaux anonymes qui sont peints par des professionnels ou des amateurs. Là, c'est le grand vide, il faut essayer de retrouver l'artiste. Sur les derniers siècles, il y en a des dizaines de milliers, c'est un vrai travail d'expert." 

C'est le marché de l'art et tout est possible !

"Pour les tableaux anonymes, ce qui est une "merveille" pour l'un peut être une oeuvre "sans intérêt" pour l'autre, on fait alors simplement appel à la valeur esthétique ou la valeur sentimentale. Pour la valeur esthétique, il y a différentes valeurs marchandes : un "bouquet de fleurs" va se vendre mieux qu'une "nature morte" avec des noix, un "portrait de femme jolie" aura une plus grande valeur qu'un "portrait de vieilles dames" ou un "portrait d'homme". Il y a aussi le plan esthétique et la dimension qui peuvent jouer, parce qu'aujourd'hui, on n'a plus beaucoup de place pour les tableaux de grandes dimensions. L'essentiel du marché est plutôt sur des petits ou moyens formats." 

"L'Atelier du Temps Passé", le site d'Annette Douay

Depuis quand les mariés se donnent-ils les alliances ? Doivent-elles toujours être en or ? (Laura) 

Réponse de Marie-Odile MERGNAC, Généalogiste. 

"Les alliances se donnaient déjà à l'époque romaine. On s'offrait des petits anneaux en fer quand on était amoureux. La tradition des petits cadeaux entre amoureux s'est maintenue, c'était plutôt des boucles d'oreilles ou des colliers, ou des petites blagues à tabac pour les messieurs, avant la Révolution ou au XIX° siècle. 

En 1533, il y a un rituel consacré au mariage, écrit par l'Eglise catholique, qui disait qu'il fallait s'offrir un anneau au moment de la cérémonie. Cette tradition des alliances échangées lors du mariage ne s'est vraiment généralisée qu'au XIX° siècle, très tardivement." 

L'Alliance est un fil d'or qui ne se rompt qu'à la mort

"On peut choisir la matière de l'alliance : du métal, de l'argent, de l'or. On privilégie l'or qui est un métal qui dure éternellement, mais autrefois c'était cher, on n'avait pas toujours les moyens de se l'offrir. Un proverbe dans les campagnes d'autrefois disait : "L'Alliance est un fil d'or qui ne se rompt qu'à la mort".

▷ 📖 LIRE |  "Le mariage et ses rites d'hier à aujourd'hui" de Marie-Odile Mergnac,éditionsArchives et Culture.

Pourquoi ne faut-il pas manger d'huîtres les mois sans " r " ?(Laurine)   

Réponse de Jean PROU, Chercheur Ifremer, spécialiste des mollusques. Directeur du Centre de Recherches Ifremer de la Tremblade, en Charente-Maritime.

"Cette phrase est passée parce que ce n'est plus justifié. Maintenant, on peut manger des huîtres tous les mois de l'année. 

Effectivement, il y a une centaine d'années, il n'y avait pas d'assainissement en France et les coquillages avaient une période un peu fragile : les mois d'été où les eaux étaient chaudes et il y avait des bactéries dans l'eau. Donc, si vous mangiez des coquillages, vous pouviez vous rendre malade. D'ailleurs, il y a des accidents à Paris dans les années 1915-1920 dans les grandes brasseries parisiennes, où il y a eu des malades à cause des coquillages. C'est probablement à partir de ce moment-là qu'a commencé l'assainissement des villes en France."

"Les mois où il faisait très, très chaud, les coquillages étaient dangereux à manger. En hiver, les bactéries sont peu actives, pas de souci pour manger les huîtres.  Il y a une autre raison, les mois de mai, juin, juillet et août, "les mois sans " r " sont plus chauds, et c'est le moment de la reproduction des coquillages, ils étaient un peu plus fragiles pendant le transport du bord de mer jusqu'à Paris et n'étaient pas toujours de très bonne qualité. Maintenant, il y a un tas de normes sanitaires qui sont appliquées et des camions frigorifiques.

Les huîtres aussi se reproduisent beaucoup moins parce qu'on a amélioré un peu l'espèce. Donc, vous pouvez manger des huîtres sans problème tous les mois. Il faut manger des huîtres d'ailleurs, les commerçants, les poissonniers, les ostréiculteurs, font tout pour que le coquillage puisse être mangé toute l'année, sans problème !"

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