Oriane aimerait savoir comment font les chirurgiens pour ne pas faire entrer de bulles d’air dans le sang pendant une opération ? Question délicate posée au Professeur Jean-Noël Fabiani, Cardiologue, qui va tout nous expliquer...

"Opération à coeur ouvert" : comment ne pas faire entrer d'air dans le sang pendant une opération ?
"Opération à coeur ouvert" : comment ne pas faire entrer d'air dans le sang pendant une opération ? © Getty / Nikola Stojadinovic

Quand les chirurgiens opèrent, comment ne pas faire entrer de bulles d’air dans le sang ? (Oriane)

Réponse du Professeur Jean-Noël FABIANI, Cardiologue, Professeur de médecine, il dirige le département de chirurgie vasculaire de l’Hôpital Européen Georges Pompidou à Paris.

"C'est une très bonne question Oriane. Dans les artères, il ne peut pas y avoir d'air mêlé au sang, ce n'est pas possible. 

Si jamais l'air est présent dans le sang, cela peut provoquer une embolie en empêchant le sang de passer, et entraîner un Accident Vasculaire Cérébral. Il faut absolument enlever l'air qui se trouve dans le sang. 

Que se passe-t-il quand le chirurgien ouvre un cœur ? De l'air entre évidemment, il faut le purger. Il y a une technique à la fin d'une opération de chirurgie du cœur qui consiste à purger le cœur. On va mettre des petites aiguilles un peu partout pour que l'air sorte et on va augmenter la pression du sang à l'intérieur du cœur pour pousser l'air à l'extérieur.

La question que nous pose notre petite amie est très intelligente. Il faut absolument purger complètement le sang du patient après une opération. Si jamais il restait une bulle, on serait obligé de mettre notre patient dans un "caisson hyperbare" comme quelqu'un qui ferait un accident de plongée, afin d'enlever l'air de son sang. 

📖 LIRE | BD "L'incroyable histoire de la médecine" du Pr Jean-Noël Fabiani, illustré par Philippe Bercovici, éd. Les Arènes 

J’entends souvent parler à la radio du Répertoire de la Comédie-Française et je voudrais savoir ce que c'est ?(Rebecca)

Réponse d'Agathe SANJUAN, Conservatrice-archiviste de la Comédie-Française.

"Le répertoire de la Comédie-Française est un catalogue de pièces de théâtre dans lequel la Comédie-Française va puiser pour composer sa programmation dans la salle Richelieu qui est la salle principale et historique de ce théâtre, située près du Louvre. (La Comédie-Française dispose de trois salles). Dans cette salle, ne peuvent être jouées que des pièces du répertoire de la Comédie-Française. Il y a un peu plus de 3 000 pièces, ce qui paraît absolument énorme. On en joue assez peu et surtout beaucoup de pièces ont été jouées, ont eu beaucoup de succès, et sont totalement passées de mode. Aujourd'hui, on ne peut plus les entendre, c'est vraiment tout à fait désuet.

Cela concerne même de grands auteurs, comme Voltaire, le plus grand auteur de théâtre au XVIII° siècle. On ne le connaît plus du tout comme dramaturge aujourd'hui, on le connaît en tant que philosophe, homme politique, mais pas du tout comme homme de théâtre, alors que vraiment la majeure partie de son travail était l'écriture de pièces de théâtre, pour être joué à la Comédie-Française. Les pièces de Voltaire ne sont plus jamais jouées mais elles sont au répertoire.

Un autre exemple peut-être plus connu aujourd'hui est Marivaux, auteur du XVIII° siècle aussi. Au XIX° siècle, on jouait toujours les mêmes pièces, trois ou quatre pièces, les plus connues : "Les fausses confidences", "Le jeu de l'amour et du hasard"..., les pièces moins connues sont totalement passées de mode. Dans le répertoire, il y a évidemment de grands auteurs, mais certaines pièces de très grands auteurs n'y sont pas : Shakespeare a été joué au répertoire mais certaines de ses pièces majeures, comme "Le Roi Lear", n'ont jamais été jouées."

La mission de la Comédie-Française est de rejouer le répertoire ancien, mais aussi d'enrichir ce répertoire avec de nouveaux auteurs.

Faire connaître de nouveaux auteurs fait vraiment partie du travail principal de ce théâtre. L'an dernier, un auteur contemporain Lars Norén a été joué, il est entré au répertoire. 

📖 LIRE | "Comédie française - Une histoire du théâtre" d'Agathe Sanjuan et Martial Poirson aux éditons du Seuil.

Comment a-t-on fabriqué les pianos ? (Charline)

Réponse : Frédéric LODEON, Violoncelliste, chef d'orchestre, producteur délégué à Radio France.

Tu sais, dans l'histoire de la musique, on a quelques certitudes et on n'est pas absolument certain ! On pense que le piano est né entre 1698 et 1700, c'est l'Italien Bartolomeo Cristofori, claveciniste, qui l'a inventé. Le clavecin est un instrument à cordes pincées qui date du Moyen-Âge, qu'on peut trouver encore maintenant, qu'on entend encore dans des concerts ou sur des disques.

Cela donne un petit son, vraiment pas très puissant, très joli, que certains adorent, comme moi. Mais il a un petit défaut, on ne peut pas changer de nuances, on ne peut pas jouer Piano et Forte. Piano, cela veut dire "doucement" et Forte, c'est "fort".  

Certains créateurs, dont Cristofori, ont inventé un instrument à cordes frappées. Ce n'est pas pareil, cela donne une plus grande puissance. Le premier piano-forte a été crée peu avant 1709, un instrument capable de faire à la fois des nuances très, très douces et des nuances très puissantes. Il était encore approximatif et il n'y avait pas les pédales qui sont très utiles pour maintenir le son ou pour le rendre plus doux. Un jour, on a inventé les pédales, 

le piano est devenu un instrument formidable qui a été développé par de grands facteurs, comme on dit : pas ceux qui portent le courrier, mais les constructeurs ! 

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