Maël voudrait bien savoir si les arbres s’arrêtent de pousser à un moment ? "Il faut les observer, il y a des endroits où les arbres ne poussent plus et d'autres endroits où ils poussent encore un peu", sage conseil d'Ernst Zürcher, Ingénieur forestier, docteur en sciences et chercheur en sciences du bois...

Est-ce que les arbres s’arrêtent de pousser un jour ?!
Est-ce que les arbres s’arrêtent de pousser un jour ?! © Getty / Ela 2007

Est-ce que les arbres s’arrêtent de pousser à un moment ? (Maël) 

Réponse de Ernst ZÜRCHER, Ingénieur forestier, docteur en sciences naturelles, professeur et chercheur en sciences du bois à la Haute Ecole spécialisée bernoise, à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et de Zurich (ETHZ).

"Oui, il faut les observer. Il est plus facile de s'en convaincre en observant des feuillus que des résineux. Les arbres poussent pendant la période de végétation, les feuilles tombent à l'automne, et il y a une cessation de la croissance visible. Les racines poussent un peu plus longtemps, mais au moment où les sols sont vraiment froids, elles arrêtent aussi de pousser et se mettent au repos, une forme de sommeil."

"Entre le jour et la nuit, les arbres poussent encore avec les réserves de glucose, de substances issues de la photosynthèse qui sont disponibles, il y a encore de la croissance. Par exemple, les bambous poussent aussi la nuit, de 30 cm en 24 heures. C'est énorme !

Pour des arbres très anciens, comme certains ifs monumentaux, on a parfois juste une toute petite croissance à la pointe des branches : 0,5 cm, 1 cm de petites pousses, et au bout des racines, tout cela reste encore vivant, au ralenti. Mais si on observe le "cambium", la seconde écorce, cette enveloppe vivante sous l'écorce qui alimente la fabrication du bois, le cambium est au repos. Il ne fait plus de cellules et attend peut-être encore une dizaine d'années avant de refaire quelques petites cellules. Donc, il y a des endroits où les arbres ne poussent plus et d'autres endroits où ils poussent encore un peu.

L'arbre qu'on estime être peut-être le plus vieux d'Europe, environ 5 000 ans d'âge, pousse dans le centre de l'Ecosse, à Fortingall, c'est l'if de Fortingall. Vu de l'extérieur, il est d'une  santé éblouissante, il est parfaitement vert et dense, mais il a un tronc extrêmement grand, creux en deux parties et il ne se passe presque plus rien au niveau du tronc. 

📖 LIRE | "Les arbres entre visible et invisible" de Ernst Zürcher, éditions Actes Sud 

📖 LIRE | "L'arbre sans fin" de Claude Ponti, éditions L'école des loisirs

Je voudrais savoir si on a le droit de ramasser des coquillages sur la plage ? (Jérémy)   

Réponse de Jean PROU, Chercheur, spécialiste des mollusques. Directeur du Centre de recherches Ifremer de la Tremblade, en Charente-Maritimes. 

"On peut aller sur les plages parce que c'est le domaine public maritime, qui appartient à tout le monde et à personne. "Tout le monde peut aller sur une plage pour se promener..."

"Ramasser des coquillages est règlementé par la préfecture de chaque département, avec le classement des zones. Chaque plage va être classée en fonction de sa salubrité, ainsi vous saurez si vous pouvez pêcher des coquillages ou non, cela peut être interdit pour différentes raisons. Les mairies affichent le long des plages un petit panneau signalant qu'on n'a pas le droit de ramasser les coquillages sur une plage particulière, ce qui permet de garantir la salubrité. On a le droit, mais il faut faire attention." 

"Tout un chacun peut aussi aller pêcher des coquillages sur la plage, mais il y a un règlement qui limite le nombre de coquillages, son poids, sa taille. On ne peut pas pêcher les tout petits coquillages ou les coquillages d'une certaine grosseur et il faut certains outils règlementés. Quand on va pêcher, on ne détruit pas tout, on ne soulève pas les cailloux, on pêche les coquillages qu'il faut... et on remet tout en place.

Il y a des organismes, comme les Centres Permanents d'Initiatives à l'Environnement. Si tu vas vers l'île d'Oléron, il y a un centre qui explique comment bien pêcher les coquillages pour que tout le monde puisse en pêcher et qu'il reste encore des coquillages pour l'avenir de nos enfants..." 

Pourquoi il n’y a pas de rose dans tous les drapeaux ? (Victor)

Réponse : Michel PASTOUREAU, Historien, spécialiste des couleurs, des images, des emblèmes et du bestiaire médiéval. Directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études.

"Tu as raison, Victor. Il n'y a pas de rose dans les drapeaux, il n'y a pas non plus de gris, ni de brun, ni de violet et à peine d'orangé."

Les drapeaux sont nés il y a longtemps, ils étaient faits pour être vus de loin et on a choisi les six couleurs principales dans les sociétés européennes : le blanc, le rouge, le noir, le vert, le jaune, le bleu. 

"Quand on passe au rose, au gris, au brun, au violet, à l'orangé, ce ne sont pas des couleurs principales, ce sont des demi-couleurs ou des couleurs du deuxième rang, on les a délaissées. Il faut se rappeler que les drapeaux sont les héritiers des armoiries du Moyen-Âge qui n'ont que six couleurs : le blanc, le jaune, le rouge, le vert, le bleu et le noir. C'est ce qu'on retrouve dans les drapeaux, ainsi que sur les panneaux du Code de la route, tu peux remarquer que ce sont les mêmes couleurs !"

"Ensuite, on n'a que des nuances et des nuances de nuances : le rouge brique, le vert olive, le bleu des mers du Sud, ne sont pas des couleurs mais des nuances. Et comme les drapeaux sont faits pour être vus de loin, il faut des couleurs presque abstraites, en tout cas absolues.

Je pense que cela va évoluer, on le voit sur les terrains de sport, sur les maillots des sportifs. Au début, on n'avait que les six couleurs de base, puis, récemment sont apparues d'autres teintes, le violet, l'orangé, le gris, le rose. Pour les drapeaux aussi, et c'est pareil pour les emblèmes des partis politiques et des syndicats, les six couleurs de base n'offrent pas un grand choix, alors il faut de nouvelles teintes." 

Michel Pastoureau a publié plusieurs livres à propos des couleurs, aux éditions du Seuil :

📖 LIRE | "Jaune, histoire d'une couleur" - "Rouge, histoire d'une couleur" - "Vert, histoire d'une couleur" - "Noir, histoire d'une couleur".

Les invités
  • Ernst ZürcherIngénieur forestier, docteur en sciences naturelles, professeur et chercheur en sciences du bois à la haute école spécialisée bernoise, chargé de cours à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ
  • Jean ProuChercheur Ifremer
  • Michel PastoureauHistorien, directeur d'études à l’École Pratique des Hautes Etudes
L'équipe
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