Guillaume voudrait bien savoir pourquoi il y a autant de différence entre le nombre de manifestants comptés par la police et par les organisateurs ? Bizarre, bizarre, les chiffres transmis par les organisateurs sont toujours supérieurs à ceux de la police ! Camille Chaize, commissaire de police, nous explique...

On manifeste !
On manifeste ! © Getty / Steven Foley

Pourquoi il y a autant de différence entre le nombre de manifestants compté par la police et par les organisateurs ? (Guillaume)

Réponse de Camille CHAIZE, Commissaire de police, Conseillère du directeur général - Adjointe au SICoP, Service d’Information et de Communication de la Police.

Une manifestation, c'est un pouvoir, un moyen de pression sur un gouvernement pour faire changer une mesure ou pour faire prendre conscience d'une certaine situation. 

"C'est ce moyen de pression qui fait que l'objectif du manifestant et l'objectif de la police dans le comptage des manifestants n'est pas le même ! L'intérêt des organisateurs des manifestations est de pouvoir dire que c'est un vrai succès et que cela a rassemblé beaucoup de monde, raison pour laquelle le chiffre annoncé est très important. 

Comment compte-t-on les manifestants quand on est policier ? Ce sont les policiers du renseignement territorial, présents pendant la manifestation, qui comptent les manifestants. Ils vont parfois se mettre avec les manifestants dans les cortèges ou sur des "points hauts" : en haut des immeubles pour pouvoir bien observer. C'est une méthode très mathématique : ils comptent le nombre de manifestants par ligne en début de la manifestation et combien il y a de lignes jusqu'à la fin de la manifestation. Ils font une multiplication du nombre de lignes par le nombre de rangées, le total sera le bon nombre de manifestants, selon la police." 

"Les policiers du renseignement filment cette manifestation. Dès le soir même, ils peuvent recompter pour vérifier que leur calcul pendant la manifestation est bon. Parfois, le lendemain ou le surlendemain, ils reçoivent les organisateurs quand les chiffres sont vraiment trop différents. Quand ils sont dans les manifestations, ils ont un petit outil de comptage à la main, un peu comme les hôtesses de l'air dans les avions, pour compter un par un, le nombre de manifestants sur chaque ligne avant de faire la multiplication. 

Il y a une marge d'erreur, mais la méthode est vraiment très mathématique. Dans les villes comme Paris, lieu des grosses manifestations et souvent sur les mêmes boulevards, on a compté, métré la taille du boulevard, et on sait que d'une manifestation à l'autre, il y a à peu près 50 manifestants par ligne. On essaie de se perfectionner pour être toujours plus précis dans le comptage et très rapide, parce qu'on a besoin de savoir combien il y avait de manifestants le soir même." 

📖  LIRE I       "Des médias s’associent pour compter les participants aux manifestations" Ce collectif regroupe notamment l’AFP, des radios dont France Inter, des télévisions, la presse nationale et PQR. 

Depuis combien de temps la BD existe ? (Albert) De quand datent les premières bandes dessinées et qui les a écrites ? (Bonnie) 

Réponse de Jessica KOHN, Agrégée d'histoire et spécialiste du dessin de presse et de la bande dessinée. 

"Il y a des débats au sein de la recherche en Bande Dessinée qui durent depuis très longtemps déjà. Pendant longtemps, on a dit que la première BD était apparue à la fin du XIX° siècle aux Etats-Unis. 

C'est une BD qui s'appelle Hogan’s Alley publiée dans le journal New York World, le premier strip en couleurs dessinée par Richard F. Outcault dans lequel un gamin des rues est habillé d’une chemise de nuit bleu qui deviendra jaune en 1895, compte tenu des impératifs de fabrication. Le petit personnage devient la coqueluche des lecteurs qui le nomme Yellow Kid.

Et puis, les chercheurs ont découvert un dessinateur suisse du milieu du XIX° siècle qui avait commencé à faire des histoires en images les unes à côté des autres, bien avant Richard Outcault. Il dessinait ce qu'il appelait des histoires en estampes, mais à l'époque il n'y avait pas encore de bulles, il y avait du texte sous les images. Et puis on en a trouvé d'autres : un peintre du XVI° siècle, William Hogarth qui faisait des polyptyques, des images les unes à côté des autres, sans texte, des peintures."

"On trouve aussi la Tapisserie de Bayeux qui raconte la conquête normande de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant, et la Colonne Trajane à Rome qui commémore la conquête des Daces.  On pourrait aller plus loin et remonter jusqu'à la grotte de Lascaux. Les chercheurs remontent le plus loin possible parce que derrière la question de la naissance de la bande dessinée, se pose la question de sa définition.

En fait, c'est quoi la bande dessinée ? Juste des cases avec des bulles ? Ou est-ce que ce sont des cases les unes à côté des autres qui racontent une histoire même s'il n'y a pas de bulles, ou bien des dessins les uns à côté des autres, mais sans aucun texte ?

La plupart des chercheurs s'accordent à dire que c'est la séquentialité qui définit la bande dessinée. La séquentialité est le fait de juxtaposer de manière délibérée des images les unes à côté des autres pour qu'elles racontent quelque chose. Cela peut être une histoire, une pensée..."

▷ 🎧 ECOUTER I "Bulles de BD", les chroniques de Laetitia Gayet

Quand on ouvre une huître pour la manger, est-ce qu’on peut reconnaitre une huître mâle d’une huître femelle et est-ce qu’elles ont le même goût ? (Caroline)    

Réponse de Jean PROU, Chercheur Ifremer, spécialiste des mollusques. Directeur du Centre de Recherches Ifremer de la Tremblade, en Charente-Maritime.

"Il n'y a pas de différence entre huîtres mâles et femelles quand on les regarde. En regardant une coquille dans un plateau de fruits de mer, tu ne pourras pas savoir si l'huître est mâle ou femelle. Si tu veux vraiment le savoir, il faut d'abord ouvrir l'huître et dans la chair, tu pourras voir avec un microscope. Si c'est le moment où les huîtres préparent leur reproduction, entre mars et août, on va voir au microscope si ce sont des spermatozoïdes (des cellules mâles) ou si ce sont des ovocytes (des cellules femelles). Et tu pourras savoir si c'est un mâle ou une femelle."

"Les huîtres mâles ou femelles ont-elles le même goût ? Alors pendant la période de reproduction, elles n'ont pas tout à fait le même goût puisqu'il y a des produits génitaux qui 

prennent à peu près 60 à 70 % du volume de l'huître, cela veut dire que l'huître est un animal qui se reproduit beaucoup, beaucoup, et fait beaucoup de petits.

La fécondation se fait dans la mer, il y a beaucoup de pertes et beaucoup de mortalité car il y a beaucoup de prédateurs. Donc, l'huître est un animal qui fait énormément de bébés pour en garder très peu. Contrairement à l'homme qui en fait très, très peu et qui les garde. Deux stratégies complètement différentes." 

Les invités
  • Camille ChaizeCommissaire de police, Conseillère du directeur général/Ajointe au SICoP, Service d’Information et de Communication de la Police.
  • Jessica KohnChercheuse en histoire du dessin
  • Jean ProuChercheur Ifremer
L'équipe
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