Pourquoi les gens écrivent sur les murs ? demande Oscar. Françoise Barbe-Gall, Historienne de l'Art, dessine l'histoire des graffitis sur les murs : "C'est une façon de dire les choses avec un autre rythme".

Street Art, Graff, Tag, Graffitis...
Street Art, Graff, Tag, Graffitis... © Getty / Ofir Abramovitch

Pourquoi les gens écrivent sur les murs ? (Oscar)   

Réponse de Françoise BARBE-GALL, Historienne de l'Art, Conférencière et créatrice de l’Association CORETA (COmment  REgarder un TAbleau ) 

"D'abord, les gens écrivent sur les murs pour laisser une trace. On pourrait penser que c'est aussi une manière de raconter des choses à des gens qu'ils ne connaissent pas, qui passeront par là et qui découvriront un mot, une image, ou simplement des traces de couleur. C'est aussi une façon d'occuper un territoire, de dire :

Voilà, moi, je suis là, je pose quelque chose qui va rester une fois que je serai parti. Et puis d'autres ajouteront peut-être autre chose et ils sauront que je suis passé, que j'existe. 

C'est une façon "animale" de dire je suis là et ce petit espace-là m'appartient au moment où je dessine, où je peins quelque chose, même si on ne me connaît pas, et même si souvent ce n'est pas signé. C'est aussi une façon très ancienne de s'exprimer. On sait déjà que dans l'Antiquité, c'était une pratique courante. Dans les rues de Pompéi, on trouve des graffitis partout. ▷ Voir les images ici

On croit souvent que c'est un phénomène nouveau parce qu'on imagine que c'est apparu dans les rues de New York dans les années 60, que c'est une image de la ville moderne. C'est vrai, c'est cela aussi, peut-être parce que dans une grande ville, on se bouscule,  sur les murs, les dessins se bousculent aussi." 

"En général, ce n'est pas aussi bien dessiné que sur un tableau. Quand on voit des dessins sur le mur, on peut imaginer que c'est un peu fouillis, un peu brouillon. Mais au fond, cela ressemble un peu au rap. C'est une façon de dire les choses avec un autre rythme. Et puis, quelquefois, il y a une couche de bleu, de rouge, de vert, etc... Les gens ajoutent des choses là où sont déjà passés d'autres gens. C'est exactement comme les bruits ou le chaos qu'on entend dans la rue. 

C'est aussi les gens qui passent, qui se bousculent parfois, qui se regardent, qui ne se connaissent pas. C'est pour tout cela qu'on dessine sur les murs." 

▷ 📖  LIRE | "Comment parler d'art aux enfants" de Françoise Barbe-Gall, éditions Adam Biro

Quel est le train le plus rapide du monde ? (Marceau) 

Réponse de Clive LAMMING, Historien du Chemin de Fer, membre de la commission nationale des monuments historiques pour le patrimoine ferroviaire et auteur de très nombreux livres. 

"Il y a au moins 2 000 personnes dans un train ou 10 millions de personnes par jour qui le prennent. Parmi les vrais trains, les plus classiques où voyagent beaucoup de gens, je dirais tout simplement que c'est le TGV, le Train à Grande Vitesse. Un TGV a battu le record de vitesse sur rail en 2007, c'est un essai de la SNCF à la vitesse de 574,8 km/h. Il y a plus de 700 TGV par jour qui circulent en France et qui vont très vite.

Ce record de vitesse sur rail a été établi sur la nouvelle ligne de l'Est de la France, la ligne européenne Est qui va de Paris à Strasbourg. C'est l'un des derniers essais qui a été réalisé le 3 avril 2007." 

📖  LIRE | "Les secrets des trains" de Clive Lamming, Librairie Vuibert

Pourquoi la terre tremble pendant un tremblement de terre ? (Titouan) 

Réponse de Christophe VIGNY, Géophysicien, directeur de recherches au CNRS, du laboratoire de géologie de l’Ecole Normale Supérieure de Paris.

"Oui, la terre tremble, c'est impressionnant. En France métropolitaine, on a de la chance, il n'y a pas beaucoup de tremblements de terre et peu d'entre nous en ont vraiment ressentis. Mais quand on ressent un pour la première fois, c'est très impressionnant. La terre tremble vraiment. 

Un tremblement de terre est un choc qui se produit quelque part dans la terre, dans l'écorce terrestre, à cause de la tectonique des plaques. Les plaques bougent et se frottent les unes contre les autres, et aux endroits où elles s'accrochent, de temps en temps, cela casse. Comme quand vous cassez un morceau de bois, vous appuyez une grande force, le bois plie et casse d'un seul coup, à ce moment-là, vous entendez du bruit. Si vous multipliez cela par des milliers de bruits, ça fait un très grand bruit qui émet des ondes sonores." 

Un tremblement de terre va émettre des ondes comme un bruit. C'est plus compliqué, c'est ce qu'on appelle les ondes sismiques. Il y a plusieurs natures d'ondes sismiques : il y a les ondes de compression comme les ondes sonores, les ondes de cisaillement et les ondes de surface. Chacune de ces ondes vibre d'une manière un peu différente et fait trembler la terre d'une manière différente. 

Il y a des gens qui ont l'habitude, qui vivent dans les pays sismiques : au Japon, en Californie, au Chili, il y a beaucoup de tremblements de terre, les gens sentent la différence entre toutes ces ondes. 

La première onde qui arrive est l'onde P., c'est une onde de compression, un choc qui vous fait monter et descendre. Et puis, un peu après, parce qu'elles voyagent plus lentement, arrivent les ondes de cisaillement, là, cela bouge de droite à gauche. C'est comme la foudre, on voit d'abord la lumière, et ensuite on entend le coup de tonnerre, parce qu'il voyage plus lentement. Et puis après arrivent les ondes de surface qui se propagent le long de la surface de l'écorce. Et là, cela bouge dans tous les sens. 

Les très grands tremblements de terre sont assez rares, il y en a une fois tous les dix ans. Le plus important était au Chili en 1960, de magnitude 9,5. Cela fait des mouvements de la surface de la terre de plusieurs mètres, comme des vagues. Ces tremblements durent pendant des minutes, ils sont vraiment très forts. En France, nous avons plutôt de petits tremblements de terre, de magnitude 4, qui se produisent très souvent, ce sont de toutes petites vibrations. Cela tremble comme un camion qui passe dans la rue.

Les invités
  • Françoise Barbe-GallConférencière, chargée de travaux dirigés à l’Ecole du Louvre.
  • Clive LammingHistorien des chemins de fer
  • Christophe Vignygéophysicien , directeur de recherches au Laboratoire de Géologie de l’ENS de Paris et directeur du Laboratoire International Associé « Montessus de Ballore » au Chili
L'équipe
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