Le Longboard peut-il dépasser les 20km/h demande Antonin... Le "longboard" ou "longskate" est une planche à roulettes plus longue qu'un skateboard classique, et il roule beaucoup plus vite... Erika Schoirfer, plusieurs fois championne de France de slalom skateboard, raconte les descentes en montagne à toute allure !

Mystère sur le Longboard
Mystère sur le Longboard © Getty / Oleksii Hrecheniuk

Est-ce que le Longboard peut dépasser les 20km/h ? (Antonin) 

Réponse d'Erika SCHOIRFER, Ancienne présidente de l’Association parisienne de Longboard RiderZ. Conservatrice-restauratrice de biens culturels, spécialisée dans la restauration des œuvres graphiques et des livres. 

En fait, le longboard fait partie de la grande famille des skateboard. Il y a les Shortboard qui sont des planches courtes, et les longboard, qui sont des planches plus longues. Dans les shortboards, il y a  la planche de street que l'on connaît bien en ville, ces fameuses planches pour faire des figures sur le plat, sur des modules ou du mobilier urbain. Et le long board, une planche plus allongée pour d'autres disciplines que la figure, utilisée en descente, qui se pratique sur route de montagne parce qu'on a besoin de courbes et de grandes lignes droites pour prendre de la vitesse et on peut atteindre facilement les 100 km/h ! 

Bien sûr, il y a un équipement pour la descente, on ne pratique pas juste avec son T-shirt et ses baskets. En compétition ou entraînement, on va porter un casque intégral, une dorsale, des gants et une combinaison en cuir de moto. On est équipé comme pour la moto, mais pour descendre sur un skate board. 

Il y a des compétitions et des records, bien sûr. Le nouveau record du monde a été obtenu par Kyle Wester aux USA qui a atteint 143,89 km/h en août 2016, sur une planche qui fait à peu près 80 cm.

J'ai rencontré l'association, dont j'ai été présidente pendant 5 ans, par hasard et j'ai essayé le longboard. J'ai eu plusieurs titres de championne de France de slalom skateboard et j'ai pratiqué la descente, allongée, les pieds devant, sur un buttboard. On regarde la route en relevant le menton, on regarde ses pieds et on descend. On peut s'arrêter très facilement. Pour freiner, on s'assoit, on se redresse, on attrape la planche avec les mains sous les fesses et on pose nos pieds sur le bitume avec des chaussures doublées de pneus de mobylette. On appuie sur le sol et ça freine ! 

Ce sont les papillons ou les chenilles qui se reproduisent ? (Baptistine) Est-ce que les chenilles mâles et les chenilles femelles existent et peut-on distinguer les chenilles mâles des femelles? (Zacharie)   

Réponse de Vincent ALBOUY, Entomologiste.

Ce sont les papillons qui se reproduisent. Ce sont les adultes qui peuvent se reproduire car ils ont des organes sexuels. Les chenilles ne sont pas sexuées. Bien sûr, il y a des chenilles femelles et des chenilles mâles, les unes ont les gênes pour devenir un papillon femelle et les autres pour devenir un papillon mâle mais cela ne peut pas se voir avant la transformation en papillon. Les chenilles ne peuvent pas se reproduire, elles ne peuvent se reproduire que par les papillons qu'elles vont donner plus tard après la chrysalide.

Un papillon s'accouple : mâle-femelle, pond des œufs et de ses œufs sortent les chenilles. On est là dans le développement assez passionnant des insectes à métamorphose complète où on a deux individus qui se succèdent au cours d'une même vie. Dans l'œuf, il y a des cellules embryonnaires qui, pour une partie, vont se développer pour donner la chenille. Mais cette chenille contient des petits morceaux, des bourgeons en quelque sorte, d'embryons qui vont rester dans son corps. 

Quand la chenille aura fini de grossir, elle va se transformer en nymphe : elle va muer, et va prendre cette forme caractéristique, comme une momie égyptienne un peu, où on voit dessiner d'ailleurs le futur papillon. A  l'intérieur de cette nymphe, tous les tissus de la chenille vont devenir liquides, et les bourgeons d'embryons vont se développer en utilisant ce matériau et vont donner le papillon. En fait, on peut dire qu'il y a deux individus qui se succèdent dans un papillon. La chenille ne devient pas vraiment un papillon, la chenille disparaît pour que l'œuf continue à se développer pour donner le papillon.

▷ 📖 LIRE | "Les Insectes en bord de chemin" de Vincent Albouy & François Lasserre, un Beau Livre aux éditions Delachaux et Niestle

Pourquoi tous les pays du monde ne feraient pas de l’agriculture biologique ? (Laïli) 

Réponse de Claude BOURGUIGNON, Ingénieur agronome, fondateur du LAMS (Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols)

Tous les pays du monde pourraient faire de l'agriculture biologique. Le problème, c'est qu'il y a d'énormes entreprises, des multinationales, qui vendent des engrais et des pesticides, et qui n'ont pas du tout envie que les agriculteurs passent en agriculture biologique parce qu'ils ne pourraient plus vendre tous leurs pesticides et leurs engrais. 

Si toute l'humanité se mettait à cultiver biologiquement, on mangerait plus sain, on serait moins malade, les sols seraient plus vivants et ce serait bien pour tout le monde. Sauf pour ces grosses multinationales qui, hélas, sont très puissantes et font pression sur les hommes politiques pour qu'on ne développe pas l'agriculture biologique. 

C'est pour cela que dans un pays comme la France, le premier pays agricole d'Europe, il n'y a que 3% d'agriculteurs* en biologie, à cause de la pression de ces grands groupes. Mais tu as raison, on pourrait nourrir tous les hommes avec de l'agriculture biologique. 

L'avantage d'un fruit ou légume biologique, c'est qu'il se détruit moins vite. Dans un pays comme la France, nous jetons à la poubelle entre 30 et 40 % de notre alimentation. C'est colossal. Pourquoi ? Parce que le pain est tellement de mauvaise qualité à cause des engrais chimiques qu'autrefois, on pouvait le garder une semaine. Maintenant, on l'achète le soir, il est déjà tout mou et le lendemain matin, il est tout dur. Alors, on le jette. L'Europe jette la consommation de pain de l'Espagne tous les ans à la poubelle ! 

Si on faisait de la culture biologique, on aurait des fruits et des légumes qui durent beaucoup plus longtemps, des produits qui se conservent beaucoup mieux dans le frigidaire et on gaspillerait beaucoup moins. On pourrait absolument nourrir tout le monde. On produirait moins, c'est vrai... mais on consommerait moins. De plus, les aliments seraient meilleurs, on les mangerait encore plus facilement."

▷ 📖  LIRE | "Le sol, la terre et les champs - pour retrouver une agriculture saine" de Lydia et Claude Bourguignon, éditions Sang de la Terre

* les chiffres ont augmenté depuis cet enregistrement d'avril 2018.

Les invités
  • Vincent AlbouyEntomologiste, président de l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE)
  • Claude BourguignonIngénieur agronome, fondateur du LAMS (Laboratoire d’analyse microbiologique des sols)
  • Lydia Bourguignonmicrobiologiste des sols
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