Félix voudrait savoir combien il y a de touches sur le clavier des ordinateurs chinois ? Le Chinois est un langage idéographique, chaque mot est représenté par un caractère qu'on appelle un idéogramme. Michel Beaudouin-Lafon, Chercheur en informatique est devant son ordinateur...

Comment écrire le Chinois...
Comment écrire le Chinois... © Getty / MoMo Productions

Combien y a-t-il de touches sur les claviers des ordinateurs chinois ?  (Félix)

Réponse de Michel BEAUDOUIN-LAFON, Chercheur en informatique et Professeur d’informatique à l’université Paris-Sud. Fondateur de l’Asso. Francophone de l’Interaction Homme-Machine (AFIHM). 

Je ne connaissais pas la réponse, j'ai demandé à mon étudiante chinoise Abby qui m'a tout expliqué ! Le chinois est un langage idéographique, au lieu d'avoir des lettres pour composer des mots, chaque mot est représenté par un caractère qu'on appelle un idéogramme. Il y en a des milliers et les Chinois ne les connaissent pas tous. Alors il est difficile de faire un clavier avec des milliers de touches. Les Chinois utilisent deux méthodes pour taper du chinois sur des claviers normaux.

La première est le pinyin, une méthode phonétique, on tape ce qu'on appelle la romanisation du mot, c'est à dire la façon dont il se prononce. Le système reconnaît les différents idéogrammes qui correspondent à cette prononciation (il y a plusieurs idéogrammes pour une prononciation), et ensuite il faut choisir le bon idéogramme. C'est bien mais il y a une méthode plus efficace, et moins utilisée, qui s'appelle zhuyin fuhao (注音符号) ou bopomofo (ㄅㄆㄇㄈ), du nom des premiers caractères sur le clavier. 

Le clavier sert à écrire l'idéogramme avec sur chaque touche, une partie différente de l'idéogramme. Donc, on compose l'idéogramme en tapant plusieurs touches pour l'assembler et on valide. Cette méthode est reconnue comme étant plus efficace, mais elle est moins pratiquée. 

Comment on siffle en faisant des notes ? (Philippine) Comment le sifflement sort de notre bouche ? (Marius)

Réponse de Julien MEYER, Linguiste, bio acousticien, chercheur au CNRS au Gipsa-Lab (Laboratoire de recherche sur la parole à l'université de Grenoble)

C'est vrai que siffler, cela s'apprend. Ce n'est pas évident, même si une fois qu'on le maîtrise, on a l'impression que cela va de soi. Cela demande beaucoup de contrôle de toute la colonne d'air, comme quand on chante, c'est très technique. 

La hauteur du sifflement, les notes dépendent de trois facteurs : la taille de l'ouverture de la bouche, la vitesse de l'air qui sort de la bouche et la taille de la zone dans laquelle le son va résonner, c'est à dire la taille de la cavité de la bouche. 

Tous ces facteurs sont contrôlés de manière un peu différente. Le sifflement implique la plupart des organes de la respiration et le contrôle des cordes vocales, pas pour la vibration comme dans la voix ou dans le chant, mais l'ouverture et la fermeture du flux d'air. D'ailleurs, on peut faire des sifflements où on fait un vibrato, un changement de modulation du sifflement, ou en amplitude, c'est à dire avec la force du son, ou en hauteur de notes, on l'appelle aussi la fréquence.

Les oiseaux sifflent mais ils n'utilisent pas exactement le même organe que nous. Pour étudier l'évolution ou les débuts de l'évolution du contrôle articulatoire chez l'être humain, on regarde chez les singes. Depuis pas longtemps dans des zoos, il y a des orangs-outans qui se sont mis à siffler. Cela veut dire qu'ils arrivent à contrôler tous ces aspects-là parce qu'ils ont imité un soigneur qui sifflait... C'est comme cela que les orangs-outans sifflent dans les zoos ! 

Pourquoi a t-on honte de montrer ses fesses ? (Luna) 

Réponse de Georges VIGARELLO, Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Spécialiste de l’histoire de l’hygiène, de la santé, des pratiques corporelles.

Je crois tout simplement que les fesses renvoient à une zone du corps relativement ostracisée, c'est une zone de sphincters. C'est ce qu'on pourrait appeler une "zone du sale", c'est l'une des raisons pour lesquelles les fesses ne se montrent pas. 

Si on prend l'histoire du vêtement, il a fortement masqué la zone du bas pendant très longtemps, la robe en est un exemple. La robe tombe en plis immenses vers le bas du corps et elle masque totalement les hanches et les fesses. Mais on voit aujourd'hui que la robe sert davantage les parties du corps, au sens où leur galbe apparaît. 

Aujourd'hui, le vêtement donne plus de liberté à notre corps qui est plus mobile et plus disponible, il laisse aussi apparaître des parties qui peuvent avoir une sorte de référence érotique (le "jean" par exemple), ce qui était complètement interdit auparavant. Il y a une double évolution : l'habit rend le corps plus libre et il peut être plus suggestif... 

▷ 📖 LIRE | "La robe - une histoire culturelle, du Moyen Âge à aujourd'hui" de Georges Vigarello, éditions du Seuil

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