Bastien aimerait bien savoir comment se forme le verglas. Le verglas ? C'est un dépôt de glace compacte et lisse, transparent en général, provenant d'une pluie ou d'une bruine d'eau en état de surfusion, qui se congèle en entrant en contact avec une surface solide dont la température est inférieure à 0 °C...

Comment se forme le verglas ?
Comment se forme le verglas ? © Getty / mikroman6

Comment se forme le verglas ? (Bastien)

Réponse d'Emmanuel BOCRIE, Ingénieur, météorologiste, directeur de l’unité médias de Météo France. 

"Bastien, le verglas se forme de nombreuses façons, on va prendre les principales. En général, ce qui peut se passer, c'est qu'il va pleuvoir en cours de journée. En cours de nuit, la température descend parce qu'il n'y a plus de soleil pour chauffer le sol. Donc, on n'est pas très loin de zéro degré, ou cela peut descendre en dessous de zéro degré." 

Si on n'est pas très loin de zéro degré, il se passe quelque chose de classique, l'eau liquide se transforme en glace et cela fait du verglas. 

"Il peut y avoir une autre façon de faire du verglas, qui est moins connu du grand public, pourtant elle est très importante. C'est ce qu'on appelle un phénomène d'eau surfondue. On a tous appris à l'école que l'eau gelait à zéro degré. Dans la nature, ce n'est pas tout à fait vrai. Il arrive que de temps en temps, on ait de l'eau qui soit à moins - 1°, - 2°, - 5°, - 10 degrés, qui soit toujours liquide. C'est ce qu'on appelle un état instable, c'est à dire que dès que l'eau surfondue va toucher quelque chose, elle va geler automatiquement. On imagine bien que si un sol est à 1° ou 2° et qu'il pleut de l'eau surfondue, cette eau qui est en dessous de zéro degré va toucher le sol et cela va instantanément devenir de la glace !"

L'eau surfondue se transforme en glace instantanément quand elle touche quelque chose.

"C'est un phénomène auquel nous, on ne pense pas souvent, alors que les pilotes d'avion sont tout à fait au courant. Ils savent très bien que s'ils rentrent dans un nuage d'eau surfondue, ils vont avoir du gel, du givre qui va se faire sur les ailes. Et ça alourdit l'avion, ça déforme l'aile, c'est dangereux pour l'avion. Mais, pas d'inquiétude, les pilotes connaissent le phénomène, ils ont des systèmes pour enlever la glace automatiquement. L'eau surfondue, c'est un phénomène que le grand public ne connaît pas ou mal et pourtant, cela se produit tous les jours. 

Et sur les routes, il faut toujours faire attention parce que les verglas, c'est dangereux pour les voitures. En général, ça se produit plutôt en cours de nuit, en fin de nuit, c'est le moment où il fait le plus froid."

Depuis quand mange-ton des huîtres ? (Lisa)

Réponse de Jean PROU, Chercheur Ifremer, spécialiste des mollusques. Directeur du Centre de recherches de la Tremblade, en Charente-Maritime. 

"Certainement dès que les hommes sont apparus, même ceux d'avant les Néandertaliens, ceux qui étaient au bord de la mer. Fatalement, ils mangeaient des coquillages, c'était une ressource de nourriture pour eux. Mais a-t-on des traces archéologiques ?"

On trouve des traces, des coquilles vides d'il y a au moins quarante mille ans : il y avait déjà des gens qui mangeaient des coquillages au bord de la mer.

"Il y a dix mille ans à peu près, il y avait encore des glaciers sur une partie de l'Europe, et la mer était à peu près à 100 mètres en dessous du niveau où elle est maintenant. Cela veut dire que dans ces années là, pendant au moins dix mille ans, la mer est remontée de 100 mètres, alors, on n'a pas de traces en archéologie. Les restes de coquillages, les coquilles vides, peut-être des outils et des silex, sont sous 7 ou 8 mètres d'eau, largement sous l'eau. 

On n'a pas ces traces, sauf dans les endroits où il y avait de grandes falaises ou des rochers, en Bretagne, ou en Galice en Espagne et au Portugal, et où les hommes descendaient de la falaise pour aller pêcher les coquillages, remontaient les coquillages et donc ont laissé des coquilles vides." 

Pourquoi sommes-nous l’espèce qui a le plus vite évolué ? (Lucie)

Réponse d'Evelyne HEYER, Professeur en anthropologie génétique au Muséum National d’Histoire Naturelle.

"Non, d'un point de vue biologique, on n'est pas l'espèce qui a le plus vite évolué. Si on revient au tout début de la vie, toutes les espèces qui vivent actuellement sur terre ont toutes évolué autant depuis le début de la vie.

On est certainement l'espèce qui fait le plus de choses d'un point de vue technique. On développe plus de choses par rapport aux animaux, mais si vous regardez un oiseau, quand il s'agit de voler, je pense qu'il est plus évolué qu'un humain." 

On ne peut pas dire qu'on est mieux qu'une fleur, qu'on est mieux qu'une banane, qu'on est mieux qu'une bactérie ou qu'un poisson !

"C'est vrai que pour ce qui est du développement du cerveau, on s'est bien développé, mais pour d'autres choses, on est moins développé que beaucoup d'autres espèces. Si vous prenez la capacité d'un virus à infecter si rapidement, comme par exemple le virus Ebola, c'est un virus très évolué." 

📖 LIRE | "Une belle histoire de l'Homme", collectif sous la direction d'Evelyne Heyer, éditions Flammarion

Les invités
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.