Cléo aimerait savoir si on s’est toujours moqué des gros dans l’histoire ? Les personnes en surpoids ou obèses sont souvent montrées du doigt dans nos sociétés : image imparfaite, signe de mauvaise santé, coût pour la société... Mais cette image est-elle récurrente dans notre Histoire ?

Obélix : "Je ne suis pas gros, je suis juste un peu enveloppé !"
Obélix : "Je ne suis pas gros, je suis juste un peu enveloppé !" © AFP / Emmanuel Dunand

Est-ce qu’on s’est toujours moqué des gros dans l’histoire ? (Cléo)

Réponse de Georges VIGARELLO, Historien, philosophe et directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), spécialiste de l’histoire de l’hygiène, de la santé, des pratiques corporelles et des représentations du corps.

La question de la moquerie des "gros" est avant tout la question de notre "entrée en relation avec les autres". Et de tout temps, "les gros" n'ont jamais été véritablement tolérés.

Les "gros" ont toujours été victime d'ostracisme. Ce rejet s'exprimait même dans la littérature, quand Shakespeare maltraite le personnage comique de Falstaff dans ses pièces Henry IV et Les Joyeuses Commères de Windsor en parlant de "grosse bedaine" et de "gros jambon" avec un mépris à peine voilé.

C'est là que les choses se nuancent évidemment car les critères de gros varient selon les époques. A une certaine époque, une personne est considérée comme grosse quand elle ne peut plus monter à cheval. La personne est alors objet de rejet et de distance. A contrario, "Monseigneur", fils de Louis XIV, est décrit par le chevalier de Saint-Simon comme un personnage relativement gros qui, à cheval, donne avec sa densité physique, un sentiment de force, de domination et de grandeur. Ils peuvent aussi alors représenter la richesse, l'abondance... Il y a donc un seuil de poids qui évoque plus la domination que la moquerie.

Les gens en surpoids sont, dans nos sociétés occidentales, des gens un peu contestés, discutés. Au-delà de peser leur poids, ils pèsent également sur la société, sur l'aspect financier de la communauté. Ce surpoids est donc beaucoup moins toléré. Les injonctions médiatiques et gouvernementales font que "les gros" ne sont plus acceptés tels qu'ils sont.

Pourquoi on ne met pas de papier aluminium dans un four à micro-ondes… ni du fer ?  (Samuel)    

Réponse de Claude RISS, Vice-président de l’Institut pour l’Histoire de l’Aluminium. Ancien directeur du département "Filage bâtiment distribution" de Pechiney.

Tu as certainement l'esprit très curieux et tu as tout à fait raison. Il ne faut surtout pas mettre de métal dans un micro-ondes, que ce soit du fer, de l'aluminium, du cuivre ou quoi que ce soit.

On ne va pas entrer dans le détail du fonctionnement d'un four à micro-ondes qui est basé sur un appareil un peu barbare qui s'appelle un magnétron. Simplement, on fabrique un flux d'électrons, on le met dans un champ magnétique et avec beaucoup de travail et beaucoup d'ingénieurs, on arrive à faire des micro-ondes. 

Qu'est-ce que les micro-ondes ? A l'origine, ces ondes électromagnétiques sont utilisées dans les radars. Pour produire ces ondes, on utilise un voltage très élevé, environ 3000 volts. Je rappelle qu'à la maison, dans les appartements, on a 220 volts, donc c'est une tension environ 15 fois supérieure au voltage domestique. Ce phénomène a été détecté dans les années 1920-1925, mais le four à micro-ondes plus précisément est né d'une anecdote : un chercheur avait laissé, dans les années 1945-1947, son sandwich sur un appareil qui générait des micro-ondes, il a été très étonné de constater que le sandwich avait tiédi, il avait chauffé, et il a cherché pourquoi.

Les micro-ondes traversent le sandwich et vont agiter toutes les molécules d'eau qui sont contenues dans le sandwich avec une vivacité extraordinaire, à environ 2,45 gigahertz. Il est assez facile d'imaginer que tout ce brassage se met à chauffer, un peu comme les bulles d'eau qu'on trouve dans l'eau qui bout. Voilà pourquoi un micro-ondes chauffe les aliments. 

Il y a des matériaux comme le verre ou la céramique qui laissent passer les micro-ondes. Par contre, il y a des matériaux, et c'est le cas de tous les métaux, qui font obstacle au micro-ondes et qui les reflètent. 

Si on met du métal dans un micro-ondes, indépendamment du fait qu'il va réfléchir et empêcher le chauffage, il peut aussi amener la création d'arcs qui va détruire le micro-ondes. Deux raisons pour ne surtout jamais mettre de métal dans un micro-ondes !

▷ Site de l'Institut pour l’Histoire de l’Aluminium

A quoi sert la Reine d’Angleterre ? (Georges)

Réponse de Stephen CLARKE, Ecrivain, journaliste

Merci pour cette question très française ! A quoi sert une reine ? Elle est très importante et elle attire des millions de touristes tous les ans. Elle est un peu comme la Tour Eiffel en France ! 

Elle a une fonction officielle, constitutionnelle comme chef d'État. Mais plus que ça pour les Britanniques, elle est un symbole de continuité, surtout en ce moment avec le Brexit, qui est pour beaucoup d'Anglais une terrible catastrophe. On a un gouvernement qui ne réussit absolument pas à gérer le Brexit, et la reine est un symbole de stabilité, ce qui est très important pour le moral du pays. Il y a une continuité depuis des siècles. La reine est là depuis toujours, c'est très important.

Il faut dire aussi que contrairement à ce que disent plein de gens, la reine ne coûte rien à l'Etat. La reine possède beaucoup de choses, c'est une femme dans une famille très privilégiée. Mais la reine paie des impôts sur ses revenus. Ce ne sont pas les impôts des Britanniques qui paient le train de vie de la famille royale. Ce sont les possessions de cette famille qui génèrent l'argent et beaucoup de bénéfices, bien plus que ce que consomme la reine en thé et biscuits !

Elle remplit ses fonctions sans vraiment coûter grand chose à la nation. Quand il y a un mariage royal ou un bébé, la presse du monde entier est à Londres et cela attire des millions de touristes, cela rapporte beaucoup à l'Angleterre. Donc, finalement, elle remplit aussi une fonction économique. 

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