Pourquoi il neige plus souvent sur les montagnes ? La météorologie de la montagne est un sujet complexe. Le froid, la dynamique de l'atmosphère, la neige, les nuages, l'altitude, la montagne... Samuel Morin, chercheur en physique de la neige, explique tout !

Pourquoi il neige plus souvent sur les montagnes ?
Pourquoi il neige plus souvent sur les montagnes ? © Getty / Cunfek

Pourquoi il neige le plus souvent sur les montagnes ? 

Réponse de Samuel MORIN, Chercheur en Physique de la neige, Directeur du Centre d’Études de la Neige Météofrance / CNRS à Grenoble. Médaillé de bronze 2017 du CNRS.

Oui, on constate qu'il neige le plus souvent en montagne,sous nos latitudes. Pour deux raisons : la première, il fait plus froid en montagne que près des zones de plaine. Les précipitations neigeuses qui se forment dans les nuages vont rester sous forme de neige jusqu'au moment où les flocons toucheront le sol. S'ils vont vers des altitudes plus basses, ils se transforment en pluie.

Il fait plus froid en montagne que près des zones de plaine et la dynamique de l'atmosphère aussi est importante...

La deuxième raison est une question de dynamique de l'atmosphère. Au voisinage des montagnes, les courants d'air, les courants atmosphériques, ont tendance à être accélérés et il y a même du mouvement vertical, l'atmosphère est entraînée vers le haut. 

Ce type de mouvement fait partie des choses qui régissent la formation des précipitations dans l'atmosphère, la formation des nuages et donc la présence même des montagnes a tendance à attirer un peu les nuages, la production de flocons et la production de neige. D'une part, il fait plus froid en général, et c'est plus favorable pour que la neige reste sous forme de neige quand la précipitation se produit, et en plus, la présence des montagnes a tendance à accentuer les précipitations. Pour ces deux raisons, en général, il neige plus en montagne qu'ailleurs. 

Les montagnes sont des obstacles qui captent la précipitation atmosphérique, les nuages sont pris dans ce mouvement et cela entraîne des précipitations. 

Par exemple : la Chartreuse, juste à côté de Grenoble, est un massif montagneux qui est quasiment le premier massif des Préalpes que rencontrent les précipitations et les dépressions qui arrivent depuis l'océan Atlantique. Une bonne quantité de cette précipitation traverse la France. Il peut pleuvoir, il peut y avoir des conditions plus ou moins agréables, mais quand elle arrive dans les montagnes, on a de grosses chutes de neige, qui se produisent quand ces masses d'air humide, en provenance de l'océan, viennent percuter ou rencontrer les reliefs des montagnes. 

Quelques kilomètres plus à l'est, il y a déjà beaucoup moins de précipitations parce qu'une bonne partie de la neige est déjà tombée lors du premier relief. Donc, plus on s'éloigne des sources d'humidité atmosphérique, plus on s'éloigne de l'océan, et plus on rencontre différentes chaînes de montagnes, plus l'atmosphère est sèche. Au cœur des continents en général, il y a beaucoup moins de précipitations et beaucoup moins de neige que dans les chaînes de montagnes qui sont près des côtes. 

Pourquoi il y a plusieurs groupes sanguins ? (Alice)

Réponse d'Yves COPPENS, Paléontologue. Professeur honoraire au Collège de France, membre de l’Académie des sciences.

Il s'agit de la diversité humaine justement. Les humains sont nés dans un seul endroit. Ils sont nés en Afrique tropicale et puis, à partir de l'Afrique tropicale, ils sont partis, non pas pour conquérir le monde, mais pour aller voir un petit peu plus loin. Et puis ils se sont déployés, on peut dire ça comme ça, et au fur et à mesure, ils ont trouvé des climats différents, des températures différentes, des humidités différentes... 

Les humains se sont diversifiés, ils sont devenus variés, divers, et donc ils ont eu des têtes différentes, des cheveux différents, des peaux différentes, des yeux différents, des fonctionnements de leur corps différents parfois, et ils ont eu aussi des groupes sanguins différents.

C'est à chaque fois une adaptation de tous ces gens, de tous les animaux et de toutes les plantes au milieu ambiant, ce qu'on appelle aujourd'hui l'environnement !

Est-ce que les voleurs payent des impôts ?! (Milène)

Réponse de Bruno DAUGERON, Professeur de droit public à l'Université Paris-Descartes. Co-directeur du Blog Jus Politicum (JP Blog),  membre du conseil scientifique de l'Association française de droit constitutionnel.

Franchement, aussi étonnant que cela puisse paraître : Oui, les voleurs payent des impôts ! Évidemment, tout dépend de ce qu'on entend par voleur et ce qu'on entend par impôt. Les voleurs, comme n'importe qui, vont être obligés, à chaque fois qu'ils vont faire un achat sans le voler, de payer, par exemple, la TVA. Et ça, on ne leur demande pas leur avis. 

La question est plus intéressante et la réponse surtout plus étonnante quand on sait que les voleurs peuvent payer des impôts sur ce qu'il vole. Parce qu'en France, personne n'échappe au fisc ! 

Il se trouve que l'administration fiscale, en droit français, a des catégories juridiques pour essayer justement de cerner ces vols. Pour l'impôt sur le revenu, en ce qui concerne les voleurs, on parlera de "détournements de fonds". Pour les gens qui vendent des produits contrefaits d'une activité illicite, s'ils ont été cachés, ce sera des "revenus occultes". Si l'administration fiscale a les moyens de le prouver, elle va pouvoir exercer ce qu'on appelle "une taxation d'office", et considérer tout simplement que ces revenus qui proviennent du vol sont des "bénéfices non commerciaux" pour l'impôt sur le revenu. 

L' Article 168, dans le Code général des impôts, est le fameux article sur les signes extérieurs de richesse

C'est tout simple. Quand l'administration fiscale remarque qu'il y a une disproportion complète entre le train de vie de quelqu'un et ce qu'il déclare officiellement, l'administration va alors calculer combien il doit payer d'impôts à partir de ce qu'il possède ou ce qu'il dépense. Là, c'est une autre affaire et ce contribuable peut être amené à payer très très cher !

Les invités
  • Samuel MorinChercheur en physique de la neige, directeur du centre d’étude de la neige Météofrance/CNRS à Grenoble. Médaillé de bronze 2017 du CNRS.
  • Yves CoppensPaléontologue et paléoanthropologue, professeur émérite au Collège de France
  • Bruno DaugeronProfesseur de droit public à l'université Paris Descartes
L'équipe
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