Il était une fois... deux frères jaloux l'un de l'autre... Yadé et Fabien voudraient bien savoir pourquoi ? Réponse du Docteur Daniel Marcelli, pédopsychiatre.

Jalousie dans la fratrie...
Jalousie dans la fratrie... © Getty / Jade and Bertrand Maitre

Pourquoi je suis jaloux de mon grand frère ? Pourquoi je suis jaloux de mon petit frère ? (les 2 frères Yadé et Fabien) 

Réponse de Daniel MARCELLI, Pédopsychiatre au CHU de Poitiers, enseignant à la faculté de médecine de Poitiers.

Le problème n'est peut être pas tout à fait le même si on est le plus jeune ou le plus âgé. Traditionnellement, on décrit d'ailleurs la jalousie plutôt du côté du grand frère ou de la grande sœur, quand nait un petit frère ou une petite sœur. Jusque là, l'enfant était seul et d'un seul coup, un petit frère ou une petite sœur débarque à la maison. Il doit partager ses parents, l'amour des parents, alors qu'il était jusque là enfant unique. 

Quand la maman va donner le biberon, quand le papa va faire la toilette, quand le bébé sera dans les bras du papa et de la maman, l'enfant aîné pense que c'était sa place. Pourquoi prend-il ma place ? Cet enfant est très content d'avoir un petit frère ou petite sœur, parce qu'il peut faire le grand, etc. Mais l'arrivée du petit frère ou de la petite sœur va confronter l'enfant à quelque chose de très difficile pour lui, et de nouveau. 

C'est ce que nous appelons l'ambivalence des sentiments, on peut à la fois aimer et détester quelqu'un en même temps, et il faut vivre avec cette contradiction. C'est une grande leçon d'émotions pour la vie future. 

Quand le bébé arrive au monde, il a déjà son grand frère et il le regarde, un peu comme il regarde son papa ou sa maman, mais pas tout à fait parce qu'il a quand même le sentiment qu'il est moins grand que ses parents. C'est quelqu'un qui pourrait être presque comme lui, et il pourrait presque être comme ce grand. Donc, il s'identifie fortement à ce grand frère ou à cette grande sœur. 

Quand le grand peut faire ou avoir quelque chose qu'il n'a pas : un jouet, regarder une émission de télévision ou la permission de sortir, c'est agaçant puisqu'il aurait envie de devenir comme lui. Il ne supporte pas bien d'être privé par rapport à l'aîné.e. Le petit frère ou la petite sœur souvent est jaloux de ce que peut faire le grand et pas lui. Dès qu'il y a un peu d'agressivité, c'est immédiatement baptisé "jalousie", alors que c'est simplement un mouvement de tension. 

On découvre dans la fratrie des parents, dans les histoires familiales, de vieilles haines fraternelles, de vieilles haines sororales et des histoires de jalousie, ce que nous appelons le transgénérationnel,  et les parents sont très angoissés à l'idée que leurs enfants puissent revivre la même chose.

▷ 📖 LIRE | "Il est permis d'obéir" de Daniel Marcelli, éditions Albin Michel.

Combien de temps met une goutte d'eau de la source du Mont Gerbier-de-Jonc à l’embouchure de la Loire vers l'océan atlantique ? (Juliette, Noé et Olivier, en famille !)  

Réponse de Jérôme GAILLARDET, Agrégé de Sciences Naturelles, Enseignant-Chercheur à l’Institut de Physique du globe de Paris et à l'Institut Universitaire de France.

Question très intéressante de la part de cette famille. Il faut juste mettre un petit bâton à la surface de l'eau et regarder à peu près à quelle vitesse ce petit bâton descend le courant. On extrapole et on peut faire ce petit calcul : la vitesse d'une rivière est de l'ordre du mètre par seconde, la Loire fait 1000 km, cela fait une dizaine de jours du Mont Gerbier-de-Jonc à l'embouchure de la Loire. 

Mais cela ne va pas si vite que ça ! En fait, c'est plus lent parce que l'eau ne coule pas que dans la rivière. Il y a toute une partie de l'eau que la Loire apporte à l'océan qu'on ne voit pas parce qu'elle est présente dans les nappes souterraines. Dans ces nappes, l'eau réside plus longtemps. Il y a constamment des échanges entre les nappes et la rivière. 

S'il y a de l'eau dans la Loire, c'est parce qu'il y a une nappe alluviale qui est dans la vallée et qui communique, qui alimente la rivière. C'est important, certaines molécules d'eau vont séjourner plus longtemps si elles ont été piégées dans une nappe. Typiquement, une molécule d'eau peut passer jusqu'à une dizaine d'années dans une nappe. Le temps du trajet de la goutte n'est peut être pas d'une dizaine de jours, la goutte d'eau peut mettre une année en fait ! 

De quand date l’anesthésie ? (Clément) 

Réponse du Professeur Jean-Noël FABIANI, Cardiologue, Professeur de médecine, Chef du service de chirurgie vasculaire de l’Hôpital Européen Georges Pompidou à Paris.

Avant l'existence de l'anesthésie, on faisait la chirurgie dans des douleurs épouvantables, il faut bien le reconnaître. L'anesthésie est née en 1844 un peu par hasard, beaucoup par hasard, sur un champ de foire ! C'est un dentiste, Horace Wells, qui va au champ de foire pour se divertir et voit une baraque qui s'appelle "le gaz hilarant". 

Un de ses amis veut goûter au gaz hilarant, il le voit respirer le gaz hilarant et il se met à rire bien entendu, puisque c'est le but du gaz hilarant ! En partant, son ami tombe de l'estrade et se fait très, très, très mal à la jambe parce qu'un clou lui arrache la jambe. Et il continue à rire, il n'a pas mal du tout ! Horace Wells pense que c'est le gaz qu'il vient de respirer qui l'empêche d'avoir mal. 

Ce gaz est le protoxyde d'azote. C'est le premier gaz qu'Horace Wells a utilisé ensuite comme anesthésique général au tout début de l'anesthésie. 

Avant l'anesthésie, le chirurgien était bridé et surtout, il devait aller très, très vite parce que s'il n'allait pas vite, le malade risquait de mourir, tout simplement. Il fallait qu'il opère très rapidement et simplement. Il ne pouvait pas faire les opérations d'aujourd'hui, trop compliqué. Il faisait une amputation, il enlevait un organe malade à toute vitesse. C'était la seule façon que les gens puissent supporter quand même cette horreur qu'était la chirurgie sans anesthésie. 

📖 LIRE | BD "L'incroyable histoire de la médecine" du Pr Jean-Noël Fabiani, illustré par Philippe Bercovici, éditions Les Arènes

Les invités
  • Daniel MarcelliPsychiatre.
  • Jérôme GaillardetAgrégé de Sciences Naturelles, Professeur à l’Institut de Physique du globe de Paris.
  • Jean-Noël FabianiCardiologue, professeur de médecine. Dirige le département de chirurgie vasculaire de l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris.
L'équipe
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