Pourquoi ne peut-on plus s'arrêter quand on commence à jouer à l’ordinateur ?! Michaël Larrar, Pédopsychiatre, insiste sur le temps trop important des enfants devant les écrans : "L'écran est avant tout un écran à la relation, lorsque l'écran est avec moi, je ne suis pas en relation avec les autres"...

Les enfants devant les écrans...
Les enfants devant les écrans... © Getty / Johner Images

Pourquoi les enfants regardent toujours la télé ? (Robin) Pourquoi ne peut-on plus s'arrêter quand on commence à jouer à l’ordinateur ? (Perle ?) 

Réponse de Michaël LARRAR, Pédopsychiatre et Psychiatre à l’INSEP (prise en charge des sportifs de haut niveau français).

La télévision et l'ordinateur plaisent beaucoup aux enfants parce qu'ils connaissent les jeux, les programmes et savent à quel point c'est plaisant. Cela plaît moins aux parents parce que les parents ne connaissent pas cela, ni le plaisir que ressentent leurs enfants, et parce qu'ils flairent le piège addictogène des écrans. Les smartphones, les iPad, les télévisions, etc... sont des outils très puissants qui captent l'attention des enfants et vont avoir des effets négatifs. 

Souvent, les gens se focalisent sur le contenu. Or, ce n'est pas tellement le contenu dans la réalité qui pose problème, c'est plutôt le contenant, c'est plutôt l'écran et le temps qu'on passe devant l'écran. 

L'écran est avant tout un écran à la relation, lorsque l'écran est avec moi, je ne suis pas en relation avec mes parents. 

Alors parfois, il va s'y réfugier parce qu'il y a de la tension à la maison, parce que les choses sont compliquées, qu'on va lui demander de faire ses devoirs ou d'assister à un conflit familial. Quand tout va bien et que la relation familiale pourrait être porteuse de beaucoup de bonnes choses, malheureusement, l'écran et son pouvoir vont attirer l'enfant vers des choses moins intéressantes.

Pour les plus petits, les jeux des écrans ou les programmes sont très excitants et vont pousser l'enfant à rechercher une excitation mentale assez forte en permanence. Le problème, c'est que l'enfant va être un peu plus excité après ces longues sessions, mais surtout il ne va pas tellement prendre plaisir à jouer aux jeux classiques. Or, les jeux classiques permettent de développer son psychisme. 

Quand il est tout petit, l'enfant fait des jeux fonctionnels, il fait rouler une voiture, rentre un cube dans un cube, un rond dans un rond, etc... et il progresse sur le plan intellectuel et psychomoteur. Puis, il passe aux jeux d'imitation, il joue à faire semblant. Ensuite, ce sont des jeux relationnels et des jeux symboliques, c'est-à-dire qu'il prend des personnages et leur invente des histoires. Donc, il utilise son imagination, il augmente aussi sa capacité à fonctionner seul, à s'autonomiser. 

Un enfant qui a un accès trop important aux écrans aura bien trop de plaisir avec ses écrans pour aller vers ces jeux qui sont pourtant des jeux importants dans la construction de l'enfant. 

Est-ce que les poissons entendent comme nous ? (Maxime)   

Réponse de François SARANO, Docteur en océanographie et plongeur professionnel.

"Non seulement les poissons entendent bien, mais ils entendent bien mieux que nous ! Les poissons ont une oreille interne. Ils ont surtout ce qu'on appelle une ligne latérale, une succession de petits trous, de petits pores, à l'intérieur de laquelle il y a des cils qui permettent de percevoir les vibrations. 

Il faut savoir qu'un son est une vibration. Cette vibration peut avoir une fréquence très élevée ou au contraire, très, très basse. A ce moment là, c'est une onde qui se transmet très loin. Les poissons qui vivent dans un milieu où on voit mal ont développé une capacité à percevoir les sons, les vibrations, donc à entendre, infiniment meilleure que la nôtre. Nous sommes des infirmes dans l'eau, nous n'entendons rien ! 

Les poissons entendent très, très bien, comme tous les animaux marins. L'eau transmet quatre fois mieux les sons que l'air. Les poissons reçoivent les sons de très loin, à la fois par leur oreille interne et par cette ligne latérale. Souvent, ces organes sont liés à une poche d'air, la vessie natatoire qui fait caisse de résonance. Elle leur permet d'entendre de très loin le plus petit bruit, la plus faible vibration et ils l'utilisent pour communiquer toutes sortes de sons. Il y a des poissons qu'on appelle les grogneurs, on entend les mérous qui font parfois des gros claquements lorsqu'ils veulent effrayer celui qui est en face d'eux.

Il faut vraiment imaginer que le milieu marin est avant tout un milieu où on communique par les sons.

Tous les animaux marins entendent très bien, les poissons sont les rois. Nous avons l'habitude d'imaginer le monde comme nous le voyons, mais c'est une manière très restrictive de décrire le monde. Nous sommes des infirmes dans un monde où il y a d'autres sens qui permettent de percevoir toutes les choses que nous ne voyons pas." 

Comment peut-on être certain que Jules César a bien dit : "Veni, vidi, vici" ? (Hugo) 

Réponse de Yann Le BOHEC, Professeur honoraire à la Sorbonne, spécialiste de l’antiquité romaine.

Il est très vraisemblable que Jules César l'ait dit. Nous le savons d'après Plutarque, auteur très connu et très important de l'Antiquité, qui écrit sa biographie et nous rapporte cette citation de Jules César : "Veni, vidi, vici".

Il y avait une guerre en Orient, César est arrivé et a remporté la victoire en une heure sur le champ de bataille. Il a jugé inutile de le raconter dans les détails et a résumé ce succès de manière très lapidaire : "Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu"

Hugo nous a posé une question très importante parce qu'elle touche un domaine essentiel de l'histoire romaine, la question des sources. La question est : quelle est la crédibilité que l'on peut accorder à la citation de Plutarque ?

Nous avons plusieurs sources : des sources primaires et des sources secondaires. Les sources primaires sont les sources contemporaines de l'évènement, les sources secondaires sont des écrits  postérieurs à l'événement. Quand César raconte la guerre des Gaules, c'est une source primaire, il y était. Quand Plutarque écrit "Une vie de César", c'est une source secondaire puisqu'il a vécu un siècle et demi après. Plutarque a écrit vers 100, 120 av. J.-C., et César est mort le 15 mars 44 avant Jésus-Christ. 

Nous le savons parce qu'avant d'être assassiné le 15 mars 44, César a reçu un message :  "Méfie toi des ides de mars". Dans le calendrier romain, les ides de mars correspondent au 15 mars. Il a cru que c'était le délire d'un prophète, d'un charlatan, ou de quelqu'un qui voulait obtenir une récompense, et il ne s'est pas méfié des ides de mars. Il a eu tort...

📖  LIRE | Yann Le Bohec a publié aux éditions Tallandier : "Alésia, 52 av. J.-C." - "César chef de guerre".

VOIR | "Jules César - Veni, vidi, vici" réalisé par Uli Edel - Voir le Film ICI

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