Pourquoi est-on timide demande Anouck ? La timidité est une forte réserve, un repli sur soi, voire un sentiment d'insécurité au contact des autres. Michaël Larrar, Pédopsychiatre, en dévoile les raisons et rassure les enfants...

"Je suis timide mais je me soigne" !
"Je suis timide mais je me soigne" ! © Getty / Brigitte Sporrer

Pourquoi suis-je timide ? (Anouck)   

Réponse de Michaël LARRAR, Pédopsychiatre et Psychiatre à l’INSEP (prise en charge des sportifs de haut niveau français).

"C'est peut-être une timidité sélective. Il y a des enfants qui sont timides avec les enfants, pas avec les adultes. Il y a des enfants qui sont pétrifiés devant les adultes, même gentils et bienveillants. Et puis, il y a des enfants qui ont une timidité plus globale. C'est le premier point. 

Pourquoi est-on timide ? Il y a des éléments, des clés qu'il est bon de comprendre pour pouvoir s'en débarrasser un petit peu. Souvent, quand les enfants sont timides, les parents disent : "_je crois qu'il manque de confiance en lui_". On peut penser à cela, mais c'est absolument faux." 

En réalité, l'enfant timide est un enfant qui se met trop de pression. 

"Ce n'est pas qu'il n'est pas assez bien, c'est qu'il pense devoir trop bien faire, devoir performer en permanence. Par exemple, avec ses copains, il ne faut pas parler de n'importe quoi... il voudrait dire des choses extraordinaires. C'est aussi parce qu'il veut trop séduire, trop plaire, il est paralysé et n'arrive même plus à dire des choses simples. 

Si on veut aider un enfant timide à dépasser sa problématique, il ne faut pas le pousser à être plus compétent, plus drôle ou avoir plus de sujets de conversation. Il faut bien lui faire comprendre qu'il a le droit de ne pas plaire aux gens, de connaître des échecs, qu'il peut aussi dire des choses inintéressantes. Il n'a pas besoin de performer et en réalité, la clé est dans la sévérité qu'il a envers lui-même. Si tu es cool avec toi même et que tu ne juges pas sévèrement ce que tu vas faire ou dire, alors la timidité devrait passer."

Pourquoi met-on des pesticides partout ? (Nelly)   

Réponse de Lydia BOURGUIGNON, maître ès sciences, microbiologiste des sols, technicienne en œnologie, elle a fondé avec son mari, Claude Bourguignon, le LAMS (Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols).

On met des pesticides parce que nos sols sont malades, les plantes sont malades et se font piquer par des insectes ou attaquer par des champignons. Dans les pesticides, il y a les insecticides, les fongicides, des produits qui peuvent être toxiques pour l'homme. Pourtant pour protéger ces plantes, pour qu'elles vivent et grandissent, l'agriculteur ou le maraîcher les utilisent parfois, mais les produits de la terre n'auront pas le même goût qu'en poussant naturellement dans un sol vivant.

La définition exacte dans le dictionnaire : "un pesticide se dit d'un produit chimique destiné à lutter contre les parasites animaux et végétaux nuisibles aux cultures et aux produits récoltés. Les pesticides regroupent principalement les fongicides, contre les champignons, les insecticides contre les insectes et les herbicides, contre les mauvaises herbes."

Un sol qui n'est pas vivant est un sol qui n'a pas de ver de terre, de petits insectes, de petits animaux. Or, c'est le sol qui nourrit les plantes, il faut que le sol dans lequel poussent les plantes soit "habité", ses habitants vont recréer un sol vivant. Sur les crottes de ses habitants, il y a des microbes qui vont fournir des éléments essentiels comme le calcium, très important pour la structure des plantes et l'épaisseur de leur membrane. 

▷ 📖 LIRE | "Le sol, la terre et les champs" de Lydia et Claude Bourguignon, éditions Sang de la Terre

Est-ce que les hommes préhistoriques avaient des croyances ? (Tristan)      

Réponse de Georges GUILLE-ESCURET, Anthropologue, Directeur de recherche CNRS et chercheur au centre Norbert Elias à Marseille.

"Croire, c'est en quelque sorte, imaginer que l'on sait. Il est très difficile pour les préhistoriens et les anthropologues de dépister une croyance dans le passé ou de dépister ces sources. L'indice serait la trace d'un acte n'ayant aucune utilité pratique. Mais est-ce une croyance religieuse ou artistique ? Il n'est pas sûr du tout que cette différence ait été perçue très tôt. Un indice n'est pas une explication.

Finalement, il n'y a qu'au Paléolithique supérieur, c'est-à-dire assez récemment, que l'on a vraiment l'évidence totale, avec notamment l'arrivée des "Vénus aurignaciennes" qui sont des statuettes de femelles callipyges qui se répandent à travers toute l'Europe. Le fait même qu'elles se répandent comme stéréotypes et que ce soit des statuettes, une croyance est à peu près certaine.

La croyance nécessite un langage pour que la croyance soit autre chose qu'une espèce d'illumination individuelle, d'une imagination. Pour que cela devienne un phénomène social, il faut que la croyance soit véhiculée, fixée, dogmatisée par le langage. Sur la naissance du langage, nous avons, dans les quarante dernières années, beaucoup reculé les estimations. Dans les années 1960, on imaginait que le pithécanthrope, l'australopithèque, avaient évidemment un langage. Les croyances semblent en même temps suivre ce parcours et devenir plus récentes dans l'histoire de l'homme. 

▷ 📖 LIRE | Georges Guille-Escuret a publié trois volumes sur la "Sociologie comparée du cannibalisme" aux éditions Presses Universitaires de France (PUF) : Tome 1, "Proies et captifs en Afrique" / Tome 2, "La consommation d'autrui en Asie et en Océanie" / Tome 3, "Ennemis intimes et absorptions équivoques en Amérique

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