Zoé voudrait savoir jusqu'où peut monter une tour de Kapla ? Le 14 mai 2016, le Centre Kapla Lyon a construit la plus haute tour du monde avec des planchettes Kapla ! Frédéric Martin raconte ce record du monde...

Construire une tour avec les planchettes en bois...
Construire une tour avec les planchettes en bois... © Getty / EMS-Forster-Productions

Jusqu’où peut monter la plus grande tour en petites briquettes de bois Kapla ? (Zoé)   

Réponse de Frédéric MARTIN, Responsable du Centre Kapla de Lyon où a été établi le record mondial de la plus haute tour réalisée en planchettes de bois Kapla (18,40 mètres)

"C'est grâce à ces petites planchettes en pin des Landes -fabriqués en France depuis 30 ans- qu'on peut vraiment faire de grandes choses superbes. Elles sont toutes de même taille et de mêmes dimensions : largeur, épaisseur, longueur, c'est très, très précis. 

Nous avons fait la plus haute tour du monde il y a deux ans à Lyon : 18 mètres. SI on veut faire des tours très hautes, il faut qu'elles soient légères, il faut poser les planchettes debout. Chaque planchette verticale peut tenir presque 1 000 kilos, une tonne de pression." 

"La tour de Dubaï, Burj Khalifa est un peu sur le même principe. On monte en pyramide très, très fine, un peu comme la tour Eiffel, très, très haut, on monte un puits en pyramide ou en grandes tours, un peu comme des gratte-ciel, mais les pyramides vont encore plus haut. Avec les capacités du Kapla, on pourrait monter à deux kilomètres de haut avant que les premières planchettes s'écrasent. C'est de l'art éphémère." 

Pourquoi la Joconde est-elle si célèbre ? (Julie) 

Réponse de Françoise BARBE-GALL, Conférencière, chargée de travaux dirigés à l’Ecole du Louvre. 

"La Joconde est la grande star du Louvre, elle est dans les collections françaises depuis fort longtemps, puisque Léonard de Vinci ne l'a jamais livré à son modèle. Il a commencé le tableau probablement vers 1503 et il l'a gardé. La pauvre Mona Lisa n'a jamais vu son portrait. Quand Léonard de Vinci vient s'installer en France en 1516, à la demande de François 1er, il avait son tableau dans ses bagages. Trois ans après, à sa mort, François 1er a acquis la Joconde." 

"Léonard de Vinci a peint assez peu de tableaux. Il a peint une douzaine de tableaux peut-être, et ses tableaux étaient comme des étapes finalement dans ses recherches scientifiques. C'était comme des espaces où il concentrait toutes ses réflexions sur le monde. La Joconde est devenue une sorte de noyau qui représentait un moment donné de sa vie, cette conception du monde et d'un être humain parfaitement reliés, justement, au reste de la nature." 

"On voit derrière la Joconde toutes ces petites routes, ces chemins, ces ponts qui vont jusqu'à l'horizon. On sait que depuis tout être humain, on peut concevoir le monde pratiquement jusqu'à l'horizon, jusqu'à l'infini. Elle est reliée à cela aussi parce que il n'y a pas de différence de nature, finalement, entre elle et la végétation, les arbres, le ciel, tout est homogénéïsé par une sorte de brume. C'est l'air qu'on pourrait presque respirer dans le tableau.

Léonard le disait dans ces notes, l'heure qu'il préférait représenter sur ces tableaux était le crépuscule, c'est-à-dire quand tout peut changer, c'était l'essence même de la vie humaine. Léonard de Vinci était un scientifique, un chercheur, un homme qui a montré dans ses tableaux autant le doute du chercheur qui le fait avancer dans sa quête, que les acquis qui peuvent déjà être les siens." 

"Je crois que pour certains scientifiques, la chose est bien claire aussi. C'est comme "L'astronome" de Vermeer au Louvre ou "Le Philosophe en méditation" de Rembrandt. Ce sont des savants, mais des savants qui méditent sur le savoir qu'ils acquièrent. Ce sont des sages." 

▷ 📖 LIRE | "Comment parler d'art aux enfants" de Françoise Barbe-Gall, éditions Adam Biro

Pourquoi Le Petit Poucet n’en veut pas à ses parents alors qu’ils l’ont abandonné !? (Lucie)

Réponse de Bernadette BRICOUT, Professeur de littérature orale et vice-présidente de l’Université Paris-Diderot.

"Le petit Poucet est l'histoire terrible de ces parents qui abandonnent leurs enfants dans une forêt où l'on entend les loups hurler, où ils risquent de se perdre et de mourir de faim tout aussi sûrement que dans cette maison où il n'y a plus de pain pour les nourrir. Mais le conte nous dit autre chose : il y a un moment où les enfants doivent quitter la maison, soit d'eux mêmes, ce qui est évidemment préférable, soit parce que les épreuves de la vie les obligent à quitter la maison. 

C'est dans cette épreuve que le Petit Poucet va trouver les moyens de grandir, de devenir autonome, de jeter des petits cailloux blancs pour marquer son chemin, de monter en haut d'un arbre pour apercevoir la maison de l'ogre, de triompher de l'ogre grâce à sa ruse." 

Il y a un moment où les enfants doivent partir sur les routes du monde pour devenir des femmes et des hommes à part entière. 

"La séparation est un moment compliqué. Les parents la redoutent, l'appréhendent, et ont souvent tendance à souhaiter que ce soit le plus tard possible. Le Petit Poucet doit partir dans la forêt pour devenir un homme, c'est cette épreuve qui révèle sa vraie dimension et lui permet de grandir..."

▷ 📖 LIRE | "La clé des contes" de Bernadette Bricout, éditions du Seuil

Les invités
  • Françoise Barbe-GallConférencière, chargée de travaux dirigés à l’Ecole du Louvre.
  • Bernadette BricoutProfesseur de littérature orale et chargée de mission « Cultures du Monde » de l’Université Paris Diderot
L'équipe
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