Tout au long de l’été sur France Inter vous allez découvrir - ou redécouvrir - les femmes qui ont marqué l’histoire du sport. Des femmes engagées, rebelles, subversives, et parfois scandaleuses. Aujourd’hui, voici l’un des destins les plus extraordinaires du sport français : la vie de Violette Morris.

Violette Morris
Violette Morris © Getty / Keystone-France / Contributeur

Violette Morris est à son époque, dans les années 1910 et 1920, la sportive française la plus titrée, la plus connue, la plus admirée. Elle touche à tout. Le vélo, le lancer du poids, le disque, c’est la capitaine de l’équipe de France de football, elle pratique la boxe tout en ne craignant pas d’affronter les hommes, le plongeon et le water-polo, l’équitation, la lutte gréco-romaine … jusqu’à la course automobile. 

Elle remporte le Bol d’or en 1927 devant un paddock uniquement constitué d’hommes. Un sport qui la poussera à se faire retirer les seins afin d’être plus à l’aise au volant. Licenciée au Fémina Sport à Paris, elle croise Alice Milliat.

Ce que les hommes font, Violette Morris peut le faire

Habillée en homme, cigarette à la bouche, elle ne cache pas son homosexualité. Mais son comportement dérange. Elle comparait dans ce que l’on appelle « le procès du pantalon ». Sa défaite l’empêchera de participer aux Jeux Olympiques de 1928. Dès cette année-là, Violette Morris tient avec quelques employés un magasin d’accessoires automobiles à Paris, porte de Champerret. Elle est l'amie de Jean Marais, Joséphine Baker et de Jean Cocteau. Elle sera l'amante pendant plusieurs années de l'actrice Yvonne de Bray qui vécut avec elle sur une péniche. Cocteau écrira la pièce Les Monstres sacrés à propos du couple Morris-de Bray.

Oui elle a été collaboratrice mais jamais elle n’a fait partie de la Gestapo (Marie-Jo Bonnet)

Selon l'écrivain Raymond Ruffin, lorsque Violette Morris se rend à Berlin aux Jeux Olympiques de 1936, elle est approchée par des recruteurs allemands. L’historien pense qu’elle se serait livrée à des activités d’espionnage pour le compte de l’Allemagne nazie. Cette thèse est contestée par l'historienne Marie-Jo Bonnet. Cette dernière reconnait qu’elle a collaboré avec les Allemands, mais que sa conscience politique était quasi nulle. 

Violette Morris meurt le 26 avril 1944, abattue par des maquisards du groupe de résistants normands Surcouf alors qu’elle se trouve bloquée par un attelage sur une route de campagne. Son corps est criblé de balles, comme ceux des cinq autres occupants de la voiture, dont deux jeunes enfants. Elle est inhumée en septembre 1945. 

Une action ciblée, pour Raymond Ruffin. Une erreur, selon Marie-Jo Bonnet.

  • Plus de 20 titres nationaux, tous sports confondus
  • Une cinquantaine de médailles dans des épreuves nationales et internationales, tous sports confondus
  • 7 sélections en équipe de France A d’athlétisme, de 1921 à 1926
  • Détentrice du record du monde du lancer du poids en 1925 (10,68 m), du lancer du disque en 1924, avec 30,10, du record d’Europe du lancer du javelot en 1921, avec 41,58 m
  • Championne de France de football féminin, en 1920 avec l’Olympique de Paris, 1925 avec l’Olympique Red Star, et 1926 avec les Cadettes de Gascogne
  • Vainqueur du Bol d'or automobile en 1927 (voiturettes de tourisme 1 100 cm3, sur Benjamin), 
  • Vainqueur du Rallye des Dolomites en 1934 (tourisme, sur BNC), Vainqueur du Paris-Nice automobile en 1927, Vainqueur du Grand Prix automobile de Saint-Sébastien 1926
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