L'athlète Sud africaine, double championne olympique et triple championne du monde sur 800m suscite la polémique depuis le début de sa carrière. En cause : son hyperandrogénie

Caster Semenya après sa victoire aux championnats du monde à Londres
Caster Semenya après sa victoire aux championnats du monde à Londres © Getty

Le 19 août 2009, aux Championnats du monde de Berlin, Caster Semenya remporte la médaille d'or du 800 mètres. La médaille d'or, la meilleure performance mondiale de l'année, le record d'Afrique du Sud réalisé par une femme très musclée. La performance de cette jeune athlète de 18 ans inconnue étonne, interroge et à la première occasion, un journaliste met les pieds dans le plat. 

La famille présente l'acte de naissance de Caster Semenya et la Fédération internationale d'athlétisme la soumet à des tests de féminité. Aurélie Olivesi est maîtresse de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'Université de Lyon et auteur de plusieurs publications sur le cas de Caster Semenya : 

"On a pensé lui retirer sa médaille pendant un an. Il y a eu un an de bataille juridique entre le 18 août 2009 et elle a été autorisée à revenir à la compétition le 6 juillet 2010, donc, pendant un an, elle s'est battue juridiquement avec la Fédération internationale d'athlétisme pour avoir le droit de conserver sa médaille pour avoir le droit de retourner à la compétition. Et pendant un an, on ne savait absolument pas ce qui allait se passer. 

Dans l'opinion publique africaine, elle a reçu énormément de soutien et aussi énormément de soutien des instances politiques de son pays. Quand elle est rentrée du Championnat du monde de Berlin, elle a été accueillie avec une immense liesse à l'aéroport. 

Certains médias africains l'ont comparée à Saartjie Baartman, la Vénus hottentote, qui était également originaire d'Afrique du Sud et qui avait été également considérée comme une bête de foire en Europe.

Aux Jeux olympiques de Londres en 2012, Caster Semenya est la porte drapeau de l'Afrique du Sud. Quatre ans plus tard, elle remporte une nouvelle médaille d'or à Rio. 

L'affaire semble entendue, sauf qu'en mai 2019, la Fédération internationale change les règles. Et le taux de testostérone de Caster Semenya, trois fois plus important que la moyenne des femmes, devient hors limite. Elle proteste. Le Tribunal arbitral du sport lui donne tort. Pour reprendre le chemin des pistes, il y a une condition Caster Semenya doit suivre un traitement hormonal à cause de son hyper-androgénie. Elle refuse : 

Je ne suis pas une idiote. Je ne prendrai pas de médicaments. Je suis une athlète propre. Je ne triche pas. Qu'ils s'occupent plutôt du dopage. 

En 2015, Caster Semenya épouse Violette Raseboya, sa compagne de longue date. Éloignée des stades, elle est très active sur les réseaux sociaux et continue d'encourager le droit à la différence. Elle est même devenue l'un des visages d'une marque de sport américaine bien connue. 

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