Alors que le montant de la fraude et de l'évasion fiscale est évalué entre 60 et 80 milliards d'euros par an, que proposent les candidats dans leur programme ?

Un happening de l'ONG Attac contre l'évasion fiscale devant une banque
Un happening de l'ONG Attac contre l'évasion fiscale devant une banque © AFP / François Guillot

Les deux candidats les plus à la pointe en matière d'évasion fiscale, ce sont Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Le candidat du PS veut renforcer les moyens du Parquet national financier (PNF) ainsi que ceux des services fiscaux. Il veut par ailleurs établir une liste "crédible" des paradis fiscaux, tout en instaurant une taxe sur les bénéfices détournés par les multinationales.

Jean-Luc Mélenchon, lui, veut organiser le blocus des paradis fiscaux, obliger les entreprises à déclarer leurs résultats pays par pays et taxer les bénéfices des entreprises là où ils sont réalisés. Et ces deux candidats de gauche veulent supprimer ce qu'on appelle le "verrou de Bercy", c'est-à-dire donner plus de liberté à la Justice, pour qu'elle puisse poursuivre les fraudeurs fiscaux sans avoir à demander l'accord au ministère de l'Economie et des Finances.

Autre candidat qui a fait de la lutte contre l'évasion fiscale une priorité : Jacques Cheminade. Il propose aussi la suppression du verrou de Bercy, plus de moyens pour le PNF... Mais il veut en plus réintégrer la fraude fiscale dans le droit commun pénal, pour mettre un terme, dit-il, aux excès de favoritisme.

Que propose Marine Le Pen ? Elle veut priver d’accès aux marchés publics les multinationales qui pratiquent l’évitement fiscal ; et surtout, elle souhaite dénoncer les conventions fiscales avec les pays du Golfe qui facilitent selon elle le contrôle de l’économie française.

Et quid d'Emmanuel Macron et François Fillon ? La lutte contre l'évasion fiscale n'est manifestement pas un de leurs objectifs premiers. Emmanuel Macron veut lutter contre les arrangements fiscaux entre Etat et multinationales et alourdir les sanctions contre la fraude fiscale, sans en dire plus. Quant à François Fillon, lui veut seulement mettre en place un agenda européen pour l’équité de traitement fiscal entre les majors américaines et les entreprises européennes. Rien de plus dans son programme.

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