Les deux candidats au second tour de la présidentielle s'opposent notamment sur une différence majeure : le rapport à la construction européenne.

Drapeau européen
Drapeau européen © Reuters / Fabrizio Bensch

Chez Marine Le Pen, le changement européen c'est maintenant

Pour Marine Le Pen, qui refuse obstinément de poser devant le drapeau aux douze étoiles, l'Union Européenne est génératrice d'immigration et de crise économique. La candidate du FN veut donc abolir les accords de Schengen, rétablir les frontières nationales et renégocier les autres traités pour retrouver une marge de manœuvre "législative, réglementaire et budgétaire".

Puis elle organiserait un référendum sur l'appartenance de la France à l'Union. Elle veut aussi renégocier l'union bancaire, qui permet la ponction des livrets d'épargne en cas de crise bancaire (comme à Chypre en 2013), mettre fin à la libéralisation du rail et instaurer une politique agricole française. Sur l'euro, c'est le grand flou : la sortie de la monnaie unique ne figure plus sur sa profession de foi, ce n'est plus un préalable selon elle. Et entre les membres du FN et le rallié Dupont-Aignan, les calendriers de passage à une monnaie commune sont bien différents.

Emmanuel Macron a aussi modifié son discours du l'Europe

Il fait jouer l'hymne européen et claquer les drapeau étoilés dans ses meetings... Mais lundi, il disait comprendre la colère des français contre l'Europe actuelle. Sur la BBC le weekend dernier, il reconnaissait qu'il fallait réformer l'Union, faute de quoi la question d'un Frexit se poserait. Macron ne veut ni affaiblir l'Union européenne, ni en sortir... Au contraire, il veut créer un parlement, un budget et un ministre de l’Économie de la zone euro pour investir dans la recherche, le développement et la création d'emplois.

Il souhaite aussi réserver des marchés publics européens aux entreprises européennes, préconise une défense continentale avec un budget dédié pour construire en commun des équipements militaires comme des drones. Emmanuel Macron propose aussi un marché unique de l’énergie avec des prix encadrés et un nouveau projet européen débattu lors de conférences citoyennes organisées dès la fin de l'année, auquel aucun État ne pourrait opposer un véto.

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