Fin mars, 69.430 personnes étaient détenues en France. Comment lutter contre cette surpopulation record ?

La prison de Tatutu, à Tahiti, qui vient d'être inaugurée le 20 mars dernier
La prison de Tatutu, à Tahiti, qui vient d'être inaugurée le 20 mars dernier © AFP / MIKE LEYRAL

Plusieurs candidats veulent encore augmenter le nombre de places en prison : 40.000 de plus sur le quinquennat pour Marine Le Pen. Sa proposition de perpétuité réelle, mais aussi le retour des peines planchers et l'abolition des remises de peine automatiques feraient aussi augmenter le nombre de détenus en France.

Idem chez Nicolas Dupont-Aignan, 40.000 places supplémentaires et des mesures très fermes : incarcération immédiate après toute condamnation à de la prison ferme, fin des réductions de peine systématiques, et peines-planchers de prison pour ceux qui agressent les forces de l'ordre et les pompiers.

François Fillon, ne propose lui "que" 16.000 places supplémentaires et précise qu'il veut séparer les primo-incarcérés des prisonniers récidivistes. Pour les mineurs et les jeunes majeurs, il préconise des places en établissements éducatifs à encadrement militaire.

Emmanuel Macron, pour qui "toute peine prononcée sera exécutée" souhaite 15.000 places en plus. Le nombre est de 10.000 pour Jacques Cheminade qui souhaite cependant que les malades mentaux ne soient plus incarcérés.

Vers des alternatives à la prison

Malgré leur volonté d'augmenter le nombre de personnes en prison, Nicolas Dupont-Aignan et François Fillon insistent sur la réinsertion et proposent de développer les peines alternatives comme les travaux d'intérêt général. Chez Emmanuel Macron peu de détails sur les dispositifs alternatifs, mais il souhaite que la consommation de drogues ne soit plus un délit puni d'un an de prison mais qu'elle devienne une contravention punie d'une amende immédiate. Idem pour les vols sans circonstances aggravantes : dans son livre il propose que les voleurs sans violences n'aillent plus en prison mais doivent indemniser leurs victimes.

Benoît Hamon ne veut pas créer de nouvelles places, il préfère investir dans les politiques de réinsertion des détenus, il veut aussi développer la politique de contrainte pénale lancée par Christiane Taubira avec le développement des sursis avec mise à l'épreuve, des assignations à résidence, du bracelet électronique notamment pour les courtes peines de moins de 6 mois...

Jean-Luc Mélenchon dénonce la "paupérisation de la Justice" et "le délabrement des prisons", il est opposé au "tout carcéral" qui favorise la récidive et l'embrigadement, et développer les peines de substitution comme les Travaux d’intérêt général.

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