Alors qu'une attaque chimique sur un village rebelle au régime syrien a fait des dizaines de morts, la communauté internationale s'indigne, et les candidats se positionnent.

Des hommes au combat dans les ruines de la ville de Tayyibat al-Imam (province d'Alep), le 22 mars 2017
Des hommes au combat dans les ruines de la ville de Tayyibat al-Imam (province d'Alep), le 22 mars 2017 © AFP / Omar Haj Kadour

Que faire en Syrie? Le départ de Bachar al-Assad est-il un préalable, ou le président syrien est-il un rempart contre le djihadisme ?

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Sur ce dossier, chez certains candidats, les programmes ne suffisent pas pour savoir ce qu'ils pensent, il faut aussi relire ou réécouter leurs interviews. Exemple avec Marine Le Pen : dans son programme, 24 pages et 144 propositions, elle ne parle pas une seule fois de la Syrie mais, lors de son voyage au Liban, elle a clairement dit que "Bachar al-Assad était une solution bien plus rassurante pour la France que l’Etat islamique" et qu’il n’y avait "aucune solution plausible en dehors de ce choix binaire Bachar / Daesh".

Idem chez Nicolas Dupont-Aignan : dans son programme, il écrit que la France doit "jouer un rôle central dans la reconstruction de la Syrie" et que les Kurdes très impliqués dans la lutte contre l’organisation État islamique méritent un État. Mais en interview au Journal du Dimanche, il précise : "Vous auriez été face à Hitler, vous auriez refusé Staline ? Ce n'est pas Bachar el-Assad qui a tué 230 personnes à Paris". Benoît Hamon défend lui "une autre vision en Syrie", et estime qu'il faut faire face à la politique russe dans ce pays "avec fermeté et sans complaisance". Contacté par France Inter, son entourage explique que "le moment n'est pas venu" de rouvrir l'Ambassade de France à Damas car ce serait "rétablir une représentation française auprès d'Assad". Il souhaite aussi "un processus de transition politique".

François Fillon et Jean-Luc Mélenchon plus explicites ?

Pour François Fillon, invité Grand Format de la matinale de France Inter le jeudi 6 avril, il faut parler avec tous ceux qui luttent contre le terrorisme, "avec les autorités en place si nécessaire". Il souligne aussi le rôle stabilisateur de l’Iran, grand allié du dictateur syrien, et souhaite remettre à plat les relations avec les puissances sunnites.

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Pour Jean-Luc Mélenchon aussi, les alliances avec le Qatar ou l’Arabie saoudite sont des alliances hypocrites. Il prône un règlement en 2 points : coalition militaire contre Daesh sous mandat ONU et élections libres en Syrie, sans exclusivité.

Philippe Poutou regrette que les occidentaux soient prêts à composer avec le pouvoir au nom de la lutte anti-terroriste, et Emmanuel Macron cherche - comme souvent - la position médiane : il faut parler à toutes les parties, le départ de Bachar al-Assad n'est pas un préalable mais il ne faut pas pactiser avec lui.

Jacques Cheminade et François Asselineau saluent le rôle "stratégique" de Poutine en Syrie, et Jean Lassalle qui s'est rendu à Damas déclare sur France 2 qu'il "ne savait même pas" s'il y avait eu des bombardements de civils.

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