A l'occasion du sommet européen de Bruxelles, les candidats de la présidentielle affichent leurs différences sur la position que doit adopter la France face à l'Europe.

La question monétaire reste notamment au coeur des débats entre Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon
La question monétaire reste notamment au coeur des débats entre Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon © Getty / Tom And Steve

Il y a ceux pour qui l'union européenne est un problème : Jacques Cheminade et François Asselineau veulent en sortir. Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan souhaitent tous les trois renégocier les traités, pour que la France retrouve une marge de manoeuvre législative, réglementaire, budgétaire : les mêmes envisagent un FREXIT s'ils n'obtiennent pas satisfaction.

Sur l'euro, la candidate FN ne parle pas explicitement de sortie ou de renoncement mais du retour à la souveraineté monétaire. Pour l'Insoumis de gauche, l'abandon de l'euro n'est pas une fin en soi, mais un argument à faire valoir dans ses futures négociations. Pour Nicolas Dupont-Aignan, c'est très clair : il faut revenir à une monnaie nationale flottante, l'euro n'étant plus qu'un monnaie de réserve ou de change entre états européens.

La question monétaire est au coeur des débats entre Mélenchon et Hamon

Pour le candidat socialiste Benoit Hamon, l'Europe intégrée reste une solution. L' euro serait le noyau dur de sa politique européenne, avec un parlement de la zone euro issu des parlements nationaux pour que la politique économique et budgétaire ne dépende plus de la BCE, de la Commission et des ministres européens des finances. Il propose l'abandon de la règle des 3% de déficits et une harmonisation sociale et fiscale.

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Emmanuel Macron ne parle pas d'Europe sociale, mais il veut aussi créer un parlement de l'euro-zone, lutter contre les arrangements fiscaux entre les états et les grandes entreprises numériques et instiller une dose de protectionnisme : avec, par exemple, le contrôle des investissements étrangers dans les secteurs dits stratégiques.

Quelques garde-fous également chez François Fillon, aux vieux accents séguinistes : il défend une Europe des nations, avec la réciprocité pour l'ouverture des marchés publics avec la Chine et les Etats-Unis, une limitation des pouvoirs de la commission européenne au profit d'un secrétariat général de la zone euro mais pas de remise en cause des règles budgétaires chez celui qui veut réduire la dépense publique, ni de l'euro, au contraire un "outil de souveraineté" face au dollar.

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