Un rapport remis lundi par Flavie Flamant et Jacques Calmettes recommande l'allongement du délai de prescription. Qu'en pensent les candidats à la présidentielle ?

Les candidats à l'élection présidentielle globalement favorables à un allongement de la durée de prescription pour les violences faites aux femmes
Les candidats à l'élection présidentielle globalement favorables à un allongement de la durée de prescription pour les violences faites aux femmes © AFP / REMY GABALDA

La ministre des Familles Laurence Rossignol a reçu hier le rapport Flament-Calmettes, du nom de l'animatrice de télé et d'un magistrat, consacré à la prescription des crimes de viol sur mineurs. Un rapport qui exclut l'imprescriptibilité de ces crimes et propose de rallonger le délai de prescription à 30 ans à compter de la majorité de la victime présumée.

Le Pen et Dupont-Aignan favorables à un délai de prescription rallongé

"C'est une proposition pertinente", a estimé Nicolas Bay, secrétaire général du Front National, et Marine Le Pen y est plutôt favorable, car il s'agit de "crimes odieux sur des personnes vulnérables" avec, souvent, une révélation tardive des faits.

Nicolas Dupont-Aignan est aussi favorable au relèvement à 30 ans du délai de prescription.

Une abolition de la prescription pour Mélenchon

A titre personnel, Emmanuel Macron se dit prêt à ouvrir ce débat sur les 30 ans de prescription mais dans une interview au magazine Elle, il pointe la difficulté d’apporter les preuves si longtemps après et les risques d'impasse juridique.

Le plus radical en la matière reste Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite abolir la prescription pour tout crime sexuel.

Que proposent les candidats en matière de violences familiales et de violences faites aux femmes ?

Fillon, Hamon et Mélenchon insistent sur une meilleure formation des personnels de santé, de police, de justice, de l'éducation nationale et des services sociaux pour connaître et reconnaître ces violences.

Pour Jean-Luc Mélenchon, il faut une "loi cadre" et un "commissariat au droit des femmes". Le candidat de la France insoumise regrette que le ministère actuel de la cause des femmes soit aussi celui de la famille. Le candidat dénonce une société de culture patriarcale, dans les séries télé ou les jeux vidéos et souhaite que le conjoint violent quitte le domicile et non pas sa victime.

La lutte contre les violences faites aux femmes sera "grande cause nationale" promet Benoît Hamon. Il annonce 4 500 places supplémentaires en centre d'hébergement, des mesures d'accompagnement spécifiques pour les moins de 25 ans, une meilleure formation des policiers gendarmes et magistrats et un délai de prescription du viol sur majeur à 20 ans contre 10 aujourd'hui.

Mesures similaires chez François Fillon : réserver 2% des logements sociaux contrôlés par l'État pour les femmes victimes de violences et doter chaque commissariat ou gendarmerie d'un référent spécialisé pour recueillir les plaintes pour viol et agression sexuelle. Le candidat de la droite propose aussi des amendes aggravées toutes les incivilités contre des femmes dans la rue ou les transports en commun.

Même position pour Nicolas Dupont-Aignan, qui propose aussi de créer un centre d'hébergement d'urgence dans chaque intercommunalité, de développeer des téléphones d'alerte avec une touche d'urgence reliée à un commissariat et des peines planchers contre les auteurs de violences.

Philippe Poutou insiste sur la création de logements pour accueillir les femmes victimes de violences, avec leurs enfants si elles en ont, sur la formation des personnels confrontés à leur détresse (police, justice, éducation nationale, services sociaux...). Il prévoit de verser des subventions aux associations venant en aide aux femmes et d'accorder plus de moyens à la justice pour qu'elle traite les actes de violences sexuelles dans "des conditions et des délais satisfaisants". Enfin, Philippe Poutou met en lumière l'importance de la prévention. En ce sens, il propose des formations pour ceux qui jouent "un rôle direct dans la construction de genre" (journalistes, enseignants...) et une éducation non sexiste à l'école, pour "encourager l'épanouissement de chacun". Dans un article publié sur le site du parti, Philippe Poutou précise également qu'il souhaite "la destitution et l'inéligibilité des élus condamnés" pour violences faites aux femmes et "leur suspension le temps de l'enquête".

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