En écho à l'examen ce mercredi du programme de stabilité 2017-2020 par le Conseil des ministres, Frédéric Métézeau détaille les propositions des candidats pour gérer la dette.

Le Conseil des ministres examine ce mercredi le programme de stabilité 2017-2020
Le Conseil des ministres examine ce mercredi le programme de stabilité 2017-2020 © AFP / Alexandros Michailidis / SOOC

Le Conseil des ministres examine ce mercredi le programme de stabilité 2017-2020, qui présente les objectifs budgétaires de la France. Ce document doit être transmis à la Commission européenne avant la fin du mois. Les institutions européennes auront l'œil sur les prévisions de déficit public, mais aussi sur la dette. Fin du deuxième trimestre 2016, la dette atteignait 2 170,6 milliards d'euros. Un dossier délicat pour lequel les candidats à la présidentielle apportent des réponses très différentes.

La dette de la France dépasse les 98% de sa richesse nationale, ce qui préoccupe François Fillon au plus haut point. Dans la lignée du rapport Pébereau, qu'il cite dans son programme, il veut réduire la dette et donc réduire la dépense publique de 100 milliards sur cinq ans. De plus, François Fillon craint une hausse des taux d'intérêt qui rendraient la dette insoutenable.

Emmanuel Macron a la même philosophie mais moins radicale : réduction de 60 milliards sur le quinquennat. Un objectif que le candidat En Marche ! revendique comme "sérieux et responsable".

S'affranchir des 3% ?

Benoît Hamon défend la logique inverse. Le candidat issu de la primaire élargie du PS mise sur la dépense publique, quitte à creuser le déficit. Investir pour soutenir la création d'emplois, investir dans la prévention des risques, dans l'environnement et dans la santé ce qui, à terme relancera la croissance et donc la réduction de la dette. Mais le candidat socialiste souhaite aussi mutualiser une partie des dettes souveraines avec les autres membres de l'Union européenne, afin de faire baisser les taux.

Jean-Luc Mélenchon va plus loin : s'il est élu, le candidat de la France insoumise demandera un audit citoyen de la dette publique pour déterminer "sa part illégitime" et négocier une annulation partielle, des remboursements échelonnés et une baisse des taux. Il demandera également à la Banque centrale de racheter de la dette souveraine.

Le mot "dette", absent du programme de Marine Le Pen

Chez Marine Le Pen, c'est simple, le mot "dette" n'apparaît pas dans ses 144 propositions. Mais il y a un mois, dans un discours axé sur l'Économie, la candidate frontiste proposait de "renationaliser" la dette, détenue majoritairement par des établissements étrangers. Cela passerait par un retour au franc, mais selon la Banque de France, le risque est de faire flamber la dette, car le franc serait dévalué par rapport à l'euro.

Nicolas Dupont-Aignan souhaite lui aussi revenir à une monnaie nationale et à ce qu'il appelle "une monétisation de la dette", c'est à dire le rachat d'une partie de la dette par la Banque de France, il cite le Royaume Uni et le Japon en exemple.

Philippe Poutou veut arrêter le remboursement de la dette, Nathalie Arthaud veut faire payer "la bourgeoisie", Jacques Cheminade souhaite effacer la partie "illégitime" de la dette due "à des spéculateurs"... Plus flou sur la question : François Asselineau veut sortir l'Euro et permettre à la Banque de France de financer les dépenses publiques.

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