Alors que les Turcs sont appelés dimanche à se prononcer sur le renforcement des pouvoirs du président, comment les candidats envisagent-ils leurs liens avec la Turquie ?

Le président turc, Recep Tayp Erdogan
Le président turc, Recep Tayp Erdogan © AFP / OZAN KOSE

A l'initiative de Recep Tayip Erdogan, les électeurs turcs sont invités à se prononcer dimanche par référendum sur le renforcement des pouvoirs du président. Mais contrairement à la Russie, la Turquie fait l'unanimité contre elle : pas un candidat pour vanter le rôle stabilisateur d'Erdogan.

Contrairement à Poutine, le président turc ne trouve grâce aux yeux d'aucun candidat. Certes, François Fillon parle d'un "pays stratégique dont la position ne peut être ignorée", mais il le dit clairement : sa place n'est pas dans l'Union européenne. Comme Jean-Luc Mélenchon il refuse l'accord "Visas pour les turcs contre accueil des migrants syriens en Turquie" conclu entre l'UE et la Turquie.

Cet accord négocié directement par Angela Merkel, Marine Le Pen le qualifie de "capitulation" face aux chantages d'Ankara. A longueur d'interviews la candidate d'extrême-droite dénonce "la folie épuratrice du gouvernement islamiste" et demande la fin des discussions sur l'adhésion turque à l'Union Européenne. Mais dans son programme elle est moins claire sur la question, et pour cause : le nom Turquie n'y apparaît même pas.

En revanche, Nicolas Dupont-Aignan écrit noir sur blanc qu'il faut stopper "immédiatement" le processus d'adhésion à l'Union Européenne et que les kurdes sont légitimes à constituer un Etat, ce qui serait un casus belli pour tout gouvernement turc.

La Turquie, il n'en n'est pas question dans le programme de Benoît Hamon, ni dans ses interventions publiques : tout au plus avait-il soutenu le gouvernement français le mois dernier qui avait laissé se tenir ce meeting pro-Erdogan à Metz, seul candidat sur cette ligne. François Fillon ou Emmanuel Macron auraient préféré que ce meeting soit interdit partout dans l'Union Européenne.

Macron qui avait dénoncé les provocations verbales du gouvernement turc à ce moment là et dénoncé l'accord sur les migrants négocié "en solitaire" par Angela Merkel : l'un des rares moments où le candidat d'En Marche s'est fâché contre la chancelière... Oui, Erdogan les énerve vraiment tous !

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