Alors que la Cour de justice européenne doit se prononcer sur deux cas, en France et en Belgique de port du voile dans l'entreprise, les candidats affichent leur position.

Aux abords de l'Assemblée Nationale, lors du vote de la loi sur les signes ostentatoires le 4 février 2004
Aux abords de l'Assemblée Nationale, lors du vote de la loi sur les signes ostentatoires le 4 février 2004 © AFP / JACK GUEZ / AFP

Pas de voile, pas de kippa, pas de turban sur la tête dans tout l’espace public : Marine Le Pen veut appliquer à l’ensemble de la société la loi limitée actuellement dans les établissements scolaires de la maternelle à la terminale. Ce n’est pas écrit noir sur blanc dans son programme, mais elle l’a redit dans toutes ses dernières interviews. Nicolas Dupont-Aignan ne va pas aussi loin mais veut "bannir tous les signes d’appartenance religieuses dans les universités et les hôpitaux", et laisser la possibilité aux entreprises d’adopter ce type de mesures.

Ailleurs, le consensus

François Fillon, qui se dit publiquement chrétien, ne veut pas interdire tous les signes religieux dans l’espace public et revendique ce droit pour celles et ceux qui ne troubleraient pas l’ordre public. La loi de 1905 sur la laïcité, celle de 2004 sur les emblèmes religieux à l’école et celle de 2010 sur la dissimulation du visage lui conviennent, ni plus, ni moins.

Discours similaire chez Jean-Luc Mélenchon, sauf qu’à la différence de François Fillon il se dit opposé "à titre personnel" au port de signes religieux ostentatoires, et il ne veut pas que des ministres françaises modifient leur tenue en visite à l’étranger (mantille au Vatican, voile dans certains pays musulmans).

Faire évoluer la législation?

Le candidat de la France insoumise ne souhaite pas non plus faire évoluer la législation, quand Emmanuel Macron prend même soin d’écrire dans son projet qu’il ne veut pas étendre l’interdiction à l’Université. En cela - et c’est rare dans cette campagne - Emmanuel Macron a la même vision (plutôt libérale, à l'anglo-saxonne) que Benoît Hamon. Il l’avait dit pendant le débat de la primaire face à Manuel Valls, il l’a redit il y a un mois dans le journal du dimanche : "la laïcité protège autant le short que le foulard".

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