L'état d'urgence ? Qu'en disent les candidats à la présidentielle ? Et surtout que disaient-ils à son instauration, après les attentats de Paris et de Saint-Denis en 2015 ?

Des soldats de l'opération Sentinelle au Fort de Vincennes, lors d'une visite présidentielle en juillet 2016
Des soldats de l'opération Sentinelle au Fort de Vincennes, lors d'une visite présidentielle en juillet 2016 © AFP / IAN LANGSDON / POOL / AFP

Mercredi 15 mars 2017, le garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas a estimé que le gouvernement "a créé les conditions qui rendent possible une sortie de l'état d'urgence". Ce jeudi, le conseil constitutionnel doit répondre à une question prioritaire de constitutionnalité sur la durée des assignations à résidence administratives dans le cadre de cet état d'urgence.

En France, une vingtaine de personnes toujours sont assignées à résidence depuis les attentats du 13 novembre 2015. A l'époque, il y a quinze mois, les députés Fillon, Hamon et Dupont-Aignan votaient alors l'état d'urgence. Mais lors des deux dernières prorogations, ni Hamon ni Dupont-Aignan n'ont participé au vote. Seul François Fillon a voté pour, et, aujourd'hui encore, il ne souhaite pas en sortir.

Les députés FN Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen ont voté pour mais, comme Marine Le Pen qui le qualifie de "bidon", ils estiment que cet état d'urgence n'est pas réellement efficace. Et la présidente du FN s'interroge : "Va-t-on être en état d’urgence permanent, avec des atteintes aux libertés individuelles de chacun d’entre nous ?"

Député européen, Jean-Luc Mélenchon "pense" qu'il n'aurait pas voté pour l'état d'urgence : "Je ne me moque pas de ceux qui l'ont voté" mais il pense que toute restriction de liberté est une victoire de l'organisation État Islamique.

Emmanuel Macron, alors ministre, avait approuvé l'état d'urgence, mais il souhaite, en tant que candidat, une sortie rapide : il l'a dit, notamment dans son livre "Révolution" et dans plusieurs discours en meetings.

Quelles propositions faites par les candidats ?

Au-delà de l’état d'urgence, c'est la question du cadre de la lutte anti-terroriste qui est posée. Pour François Fillon, l'état d'urgence ne peut être un état permanent, mais ce n'est pas possible pour le moment, uniquement quand certains dispositifs seront pérennisés dans la loi ordinaire pour les assignations à résidence ou la fermeture de lieux de cultes. François Fillon veut déchoir de leur nationalité les Français partis combattre à l'étranger, et faciliter l'expulsion des étrangers criminels, comme Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. Ce dernier veut créer une cour nationale de sûreté anti-terroriste qui aurait pouvoir d'investigation et de jugement.

Jean-Luc Mélenchon insiste sur la lutte contre la délinquance financière et veut mettre fin à l'opération Sentinelle, le candidat d'En Marche! défend l'idée d'un état-major "sécurité-renseignement intérieur" sous l'autorité du chef de l'État, quand Benoît Hamon propose un coordonnateur national rattaché au Premier ministre ayant autorité sur tous les services concernés et devant rendre compte devant le Parlement.

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