Concernant les questions de justice, tous les candidats à la présidentielle sont au moins d'accord sur un point : plus de moyens sont nécessaires.

Selon Yannick Jadot, un cas est jugé en 19 jours en France contre 304 jours au Danemark
Selon Yannick Jadot, un cas est jugé en 19 jours en France contre 304 jours au Danemark © AFP / Denis Charlet

Pour Yannick Jadot, il faut assurer plus rapidement la justice du quotidien : selon le candidat écologiste, un cas est jugé en 19 jours au Danemark contre 304 jours en France.

Plus d'effectifs

Plus de moyens, cela signifie aussi plus de magistrats : Jean-Luc Mélenchon, lors du chiffrage de son programme détaillé lors d'une présentation-fleuve, a annoncé la création de 18.000 postes de magistrats et greffiers sur cinq ans, François Fillon veut en recruter 300 en urgence. . Le Front National propose - sans donner de chiffres - un recrutement extérieur et la suppression de l'école nationale de magistrature.

ÉCOUTER | "Quand les magistrats d'envergure bûchent sur des affaires mineures", le reportage d'Abdelhak El Idrissi, du service enquête-justice de la rédaction de France Inter.

Débat sur le surplus de places en prison

Emmanuel Macron promet 15 000 nouvelles places de prison, 16 000 pour François Fillon, et 40 000 pour Marine Le Pen, tous sans préciser le financement. Benoît Hamon estime que "ce n'est pas en construisant de nouvelles places qu'on réglera le problème" et qu'il faut d'abord sortir de la "culture de la détention". De la même façon, Jean-Luc Mélenchon dénonce un recours excessif à l'emprisonnement.

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Point commun à (presque) tous : revenir sur les lois Taubira

Le Sénat à majorité de droite a donné un avant-goût de ce que serait la politique pénale du "président Fillon" : il a voté récemment une proposition qui prévoit de rétablir des peines-planchers, ainsi que la révocation automatique du sursis en cas de récidive...comme si François Fillon voulait effacer toute trace du passage de Christiane Taubira au gouvernement.

Le détricotage des lois Taubira est aussi l’objectif de Marine Le Pen qui, fidèle à sa doctrine, veut appliquer la tolérance zéro…mais qui a fait aussi disparaître la peine de mort de son programme présidentiel. Elle entend quand même donner des gages à son électorat, en instaurant une peine de prison de perpétuité réelle incompressible.

Plus surprenant : Emmanuel Macron veut revenir aussi sur les lois Taubira, et souhaite notamment la suppression de l'aménagement automatique des peines de prison, car selon lui une peine prononcée doit être exécutée. Dans ce cas de figure, le fondateur d'En Marche, qui se dit à la fois de droite et de gauche, est - en matière de justice pénale - surtout de droite.

Chez Benoit Hamon, bien au contraire, s'il y a bien un pan du quinquennat sur lequel il veut s'appuyer, c'est bien la politique pénale initiée par son ex-collègue du gouvernement.

Retour du bagne

Nicolas Dupont-Aignan milite pour une nouveauté : une cour de sûreté pour les affaires relevant du terrorisme. Les suspects qu’elle condamnerait seraient incarcérés dans des lieux de "relégation", éloignés du territoire métropolitain et aisément sécurisables : ça s'appelle le retour du bagne.

Chez Jean-Luc Mélenchon on prône enfin une politique pénale plus rationnelle, qui passe notamment par le renforcement de la lutte contre l'impunité des puissants : faire sauter le "verrou de Bercy", ce monopole qu'exerce le ministre du Budget sur les décisions de poursuites judiciaires en matière de fraude fiscale, et qui permettrait aux fraudeurs fiscaux d'échapper à la justice.

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