Les travailleurs indépendants font irruption dans la campagne électorale. Pour cause, ils représentent plus d'un salarié sur dix en France. Mais sont-ils réellement indépendants ?

Un français sur dix travaille aujourd'hui sous le régime du travailleur indépendant.
Un français sur dix travaille aujourd'hui sous le régime du travailleur indépendant. © AFP / Lionel BONAVENTURE

Si Melenchon, Hamon et Jadot entament réellement ensemble des discussions, sur ce point ils parviendront sans peine à l'union. Pour les candidats de gauche, l'uberisation c'est la régression sociale, à l'instar de son principal pourfendeur, Jean-Luc Mélenchon.

Le candidat des insoumis veut notamment créer un cadre plus protecteur pour les auto-entrepreneurs, en inversant notamment la présomption d'indépendance. Contrairement au code du travail actuel, tout travailleur indépendant devrait être présumé salarié et jouir des droits qui s'y rattachent.

Une vraie protection sociale pour les auto-entrepreneurs ?

La lutte contre l'uberisation, c'est également la priorité du toujours candidat Yannick Jadot. L'écologiste veut instaurer une vraie protection sociale pour les auto-entrepreneurs et ce qu'il appelle les "vrais faux salariés" de type Uber.

Benoît Hamon est également très critique envers ces nouveaux modèles d'entreprises. Le socialiste parle de "salariat déguisé". Son objectif : requalifier les différents collaborateurs en salariés afin que les employeurs s'acquittent des cotisations sociales.

S'il y a des différences entre ces trois candidats, elles sont vraiment à la marge.

Liberté d'entreprendre

A l'inverse, certains misent sur ce que symbolise Uber : la libre entreprise. Et cette liberté d'entreprendre, un candidat comme Emmanuel Macron en a quasiment fait la matrice de son programme économique. Pas plus tard qu'hier à Londres, il est allé défendre cette vision. Le candidat d'en marche souhaite notamment élaborer un nouveau statut de l’indépendant, qui pourrait notamment bénéficier de l’assurance-chômage.

François Fillon veut voir leur nombre augmenter d’un million en cinq ans, pour lutter contre le chômage. Le candidat les républicains souhaite créer un statut juridique de prestataire indépendant qui sera irrévocable pendant 3 ans.

Nicolas Dupont Aignan cherche à se démarquer. Sur le modèle des médecins, lui veut mettre en place un numerus clausus pour les VTC.

Pour gérer spécifiquement les nouvelles formes de travail, la candidate du FN prévoit un secrétariat d'état dédié aux mutations économiques, dépendant du ministère des finances . Objectifs : "anticiper les évolutions des formes de travail liées aux nouvelles technologies" et "établir une nouvelle régulation pour préserver une concurrence loyale".

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