François Hollande se déplace à Chartres ce lundi pour parler équipement et formation des policiers. Frédéric Métézeau passe au crible les programmes des candidats pour la police.

Les candidats à la présidentielle sont tous favorables à renforcer les moyens dans la police, en embauchant des policiers supplémentaires et/ou en les déchargeant de tâches administratives
Les candidats à la présidentielle sont tous favorables à renforcer les moyens dans la police, en embauchant des policiers supplémentaires et/ou en les déchargeant de tâches administratives © Getty

Dans cette campagne présidentielle, la droite ne parle jamais de police de proximité. François Fillon veut recentrer la Police nationale sur l'interpellation, l'élucidation et la sanction.

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Décharger la police des tâches administratives

Le vainqueur de la primaire de la droite et du centre envisage de sanctionner 80% des incivilités du quotidien, qui restent à définir, par une contravention directe plutôt qu'en jugement. François Fillon souhaite donner plus de pouvoirs aux policiers municipaux pour procéder à des contrôles d'identité. Une manière de décharger les policiers nationaux, qui pourraient aussi ne plus avoir à accomplir certaines tâches dites "annexes", confiées à des compagnies privées.

Une vision de la police proche de celle d'Emmanuel Macron. Le candidat du mouvement En Marche !, favorable lui aussi pour dégager du temps pour les policiers nationaux, veut également développer les procès-verbaux d'audition audio et vidéo.

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Présomption de légitime défense

Marine Le Pen se place sur la même ligne. La candidate frontiste souhaite retirer "les tâches administratives ou indues" et instaurer une "présomption de légitime défense" pour les forces de l'ordre.

Tout comme François Fillon, Nicolas Dupont-Aignan veut donner plus de pouvoirs aux policiers municipaux, renforcer les brigades anti-criminalité (BAC) et créer des patrouilles mobiles contre les violences urbaines. Cela rappelle un peu les CRS et les gendarmes mobiles...

Police de proximité et déontologie

Comme le rallié écologiste Yannick Jadot, le candidat socialiste défend une police de proximité et le récépissé pour les contrôles d'identité. Benoît Hamon insiste sur le rôle "social" d'une police qui doit réprimer et aussi comprendre, d'où cette idée d'un Institut de recherche sur la sécurité où les forces de l'ordre travailleraient avec des chercheurs, ou encore des sociologues.

Enfin, quand Philippe Poutou, candidat du NPA, souhaite la dissolution des BAC et une police "désarmée", Jean-Luc Mélenchon propose une formation déontologique plus poussée pour les policiers et de meilleures conditions de travail. L'insoumis préfère la police de proximité à la vidéo surveillance et défend surtout un grand service public unifié de la police.

Qui pour quels moyens ?

Marine Le Pen souhaite recruter 15.000 gendarmes et policiers mais sans préciser s'il s'agit de remplacer les départs ou de postes supplémentaires.

Pour François Fillon, pas besoin d'effectifs supplémentaires : les policiers doivent travailler plus longtemps. Le candidat de la droite et du centre souhaite aussi regrouper la pénitentiaire et les douanes dans le ministère de l'Intérieur.

Nicolas Dupont-Aignan souhaite lui débloquer deux milliards d'euros par an pour embaucher des policiers mieux équipés. Ils pourront conserver leur arme 24 heures sur 24 et bénéficier de la gratuité des transports en commun.

Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon veulent recruter 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires sur le quinquennat. Le double de Benoît Hamon, qui en propose 5.000 avec une prime spéciale pour les policiers affectés dans les zones les plus difficiles. Prime qui n'est pas chiffrée à ce jour.

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