Comment lutter contre les perturbateurs endocriniens ? Les candidats à la présidentielle n'ont pas attendu le verdict de l'Europe pour évoquer le problème en campagne électorale.

La lutte contre les perturbateurs endocriniens s'invite dans les thèmes de la campagne présidentielle 2017
La lutte contre les perturbateurs endocriniens s'invite dans les thèmes de la campagne présidentielle 2017 © Getty / Will Ireland/Future Publishing

Comment définir les perturbateurs endocriniens , comment les mesurer ? Faut-il les interdire ou les limiter? Voilà 4 ans que la Commission Européenne tente de répondre à cette question, et une nouvelle réunion est prévue ce mardi 28 mars pour apporter une réponse à toutes ces questions.

Les perturbateurs endocriniens sont ces produits chimiques contenus dans nos aliments, nos ustensiles de la vie quotidienne, nos cosmétiques, et qui peuvent perturber le système hormonal.

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Un marqueur fort de la campagne de Benoit Hamon

Un seul en parle noir sur blanc : Benoît Hamon, qui veut interdire ces substances dans l'alimentation au nom du principe de précaution inscrit dans la Constitution. L'ancien ministre de l'économie sociale et solidaire en charge des questions d'alimentation en a même fait un marqueur très fort de sa campagne pour la primaire, l'a évoqué dans beaucoup de meetings. Pour son conseiller François Gémenne, chercheur à Science Po, la France ne doit pas attendre d'injonction européenne, il faut une loi nationale comme pour le bisphénol A et la transition se ferait en 2 - 3 ans pour que les agriculteurs s'adaptent et soient indemnisés.

Chez les autres candidats : pas de mention dans les programmes

Pas un mot dans les programmes mis en ligne, mais quand on téléphone aux conseillers des candidats, on avance quand même un peu. Chez Jean-Luc Mélenchon, son équipe fait savoir que le candidat veut "réglementer très sévèrement les produits qui contiennent des perturbateurs" et qu'il interdira les OGM et les pesticides les plus nuisibles.

Au Front National, on veut interdire les perturbateurs endocriniens en France et interdire l'import de produits qui ne seraient pas conformes. Pour l'euro-député Philippe Murer, il faut un FREXIT pour protéger les consommateurs.

Nicolas Dupont-Aignan se dit, lui, "extrêmement préoccupé par le sujet" , mais en réponse il prône une réglementation plus stricte en matière d'ondes électromagnétiques : là, on n'est vraiment pas dans le sujet.

Position plus nuancée chez Emmanuel Macron : En Marche! défend "l'interdiction progressive de certains perturbateurs mais une éradication complète n'est pas possible". Chez François Fillon, le programme santé n'est pas bouclé, il manque encore le chapitre "Environnement et santé publique", mais un bon connaisseur de ces dossiers à droite estime que "ce sera long mais tout ce qui est dangereux doit être interdit". Mais François Fillon souhaite abroger le principe de précaution voté sous le quinquennat Chirac, principe juge-t-il "dévoyé et arbitraire".

Les électeurs inquiets des perturbateurs endocriniens

Selon un sondage ODOXA pour France Inter publié la semaine dernière, les perturbateurs endocriniens inquiètent 70% des français : c'est la troisième préoccupation de santé publique derrière la pollution de l'air et la lutte contre le tabac, et devant les problématiques de toxicomanie et d'alcoolisme.

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