Guilin, Guangxi Zhuang, China
Guilin, Guangxi Zhuang, China © Corbis / Frans Lanting
**Il va falloir s’y habituer, Dalian, Sanya et Quingdao vont entrer dans l’atlas des marinas internationales. Les noms de Jiru Yang, Ying Kit Cheng, Liu Ming et Jin Hao Chen, dans ce lui des marins. Eh, oui, la Chine arrive à la mer ; certes modestement encore.** L’histoire de la Chine avec la mer est pour le moins contrastée. Au 14ème siècle, tout semble bien parti et l’amiral Zeng He va écumer les mers pour le compte de son empereur, arrivant aux portes du cap de Bonne Espérance. A un cheveu c’est la Chine qui découvrait l’Europe et non le contraire. Mais le successeur dudit empereur jugea la mer dangereuse, pleines d’envahisseurs, referma son pays et la mort punissait tout constructeur de voiliers hauturiers. Le pays en fut durablement traumatisé. Mais quand la quasi totalité des exportations chinoises prennent le bateau et que la nouvelle grande puissance lorgne sur des îles voisines gorgées de ressources minières, la marine fait sa réapparition. De guerre et de commerce, bien sûr, mais aussi c’est très nouveau de loisir. Certes les marinas sont encore un peu vides et surtout prétexte à des opérations immobilières, mais posséder un yacht devient tendance pour une nomenklatura avide de signes extérieurs de richesse. 3 000 bateaux de plaisance pour un pays de 1,3 milliards d ‘habitants, avouez qu’il y a des opportunités de croissance. Même si la campagne anticorruption actuelle incite à un peu plus de modestie dans le train de vie. Les entreprises françaises qui y exportent ont encore des croissance à deux chiffres et pour le moment, nul ne remplace le savoir faire français en matière de yachts de luxe. Et puis la Chine c’est 14 500 km de rivages et plus de 5400 îles, de quoi avoir des buts de promenade ! Coté compétition, le temps où les chinois présentés aux Jeux Olympiques s’était retrouvés à faire de la voile sans avoir choisi cette discipline semble révolu. Le Tabarly chinois s’appelle Guo Chuan qui a bouclé l’an dernier un tour du monde en solitaire et sans escale qui a défrayé la chronique. 137 jours de mer n’est pas une performance, mais il y a bien des chances que nous le retrouvions à un départ de Vendée Globe avec des ambitions que le nationalisme chinois sait entretenir. Aujourd’hui, les yeux se tournent vers la Volvo race, le tour du monde en équipage, où le français Charles Caudrelier skippe un bateau, sponsorisé par le groupe Dong Feng, le même qui a volé au secours de Peugeot. Enorme défi que de préparer en six mois des gens qui n’ont jamais passé une nuit en mer à la plus difficile des courses en équipage. Sur les huit à bord dans cette première étape, deux sont chinois c’est encore modeste. Mais Dong Feng signifie « vent d’est », alors tous les espoirs sont permis. La France qui s’enorgueillit d’être le premier constructeur de voiliers au monde a donc tout à faire là-bas. Le Grand Pavois de la Rochelle de cette année avait la Chine pour invité d‘honneur. On progresse à petit pas, à la fois aimanté et inquiet de ce nouvel appétit maritime de cet immense pays qu’il sera difficile de maîtriser. Mais, ma chère Fabienne, souhaitons bon vent à nos entreprises exportatrices et aussi aux Chinois qui vont peu à peu, je leur souhaite, découvrir le bonheur d’une nuit étoilée au grand large.
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