Le plancton, la richesse de l'océan en bactéries et virus.

Vous voilà donc célébrant les mérites du découvreur des microbes, le grand Pasteur. S’il avait vécu au bord de la mer, gageons qu’il aurait pu comparer les cultures microbiennes qu’il fit sur la mer de glace à celles de la mer tout court et en conclure qu’elle était ensemencée naturellement de nombreux micro-organismes.

Car, si le plancton est connu depuis bien longtemps, la richesse de l’océan en bactéries et virus n’est apparue que fort tard ; ce n’est que dans les années 1970/80 que l’on s’avisa de faire des comptages de bactéries pour s’apercevoir qu’il pouvait y en avoir jusqu’à 100 000 par litre, environ 1000 fois plus que ce que Pasteur soupçonnait et les années 1985/90 pour que le séquençage génomique n’en révèle l’extrême diversité. Quant aux virus leur comptage dans les années 80 révélait une densité de l’ordre du milliard par litre d’eau de mer.

Tara, le grand voilier océanique, lors de sa campagne de trois ans à la découverte du plancton, avec 35 000 échantillons dans 210 endroits du globe, confirme ces résultats allant même jusqu’à 100 milliards de virus par litre en certains endroits. Ce qui donne un léger vertige, non ?

Le séquençage génomique de leurs résultats indiquait de plus que 80 % des gènes bactériens et 99 % des gènes viraux étaient des nouveautés. C’est donc un monde fabuleux qui se présente et qui aurait passionné le grand Pasteur. Ces charmantes bestioles sont, de plus adaptées à tous les environnements, même les plus hostiles résistants pour certaines aux températures extrêmes, aux salinités variées, aux pressions formidables ou à toute la gamme d‘acidité.

Ce bactérioplancton , comme on le nomme, recèle pour les hommes, c’est un puits sans fond de molécules et d’agents vivants qui peuvent autant se révéler pathogènes ( on connaît déjà les salmonelles par exemple) que bénéfiques, fournissant des antifongiques, antibiotiques, enzymes et autres composées pouvant entrer dans la composition de médicaments et de procédés.

Peut-être plus important encore, les virus semblent avoir un rôle dans la régulation des populations bactériennes ou de micro algues, en les infectant. Ce faisant, ils ont un rôle régulateur sur le climat. Et, oui ! Les bactéries en se développant relarguent du CO2 dans l’atmosphère. En limitant leur population les virus donnent donc un bon coup de pouce à la stabilité du climat. On a même observé qu’en tuant certaines algues unicellulaires, les virus favorisent le relargage d’un composé sulfuré qui, gagnant l’atmosphère, est un agent de formation des nuages !

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