Eh, oui , ça monte, ça monte inexorablement. N’en déplaise aux climato sceptiques qui font les autruches, la hausse moyenne du niveau des mers est passé de 0,1 à 0,2 mm par an au cours des 6000 dernières années à 2 mm par an depuis 1900 et 3 mm depuis 1992. Pour moitié à cause de la dilatation des océans due au réchauffement climatique et pou moitié à la fonte des glaces terrestres. Les prévision à l’horizon 2100 sont maintenant entre +1 et +3 mètres en attendant plus ample informé.

Vous vous souvenez peut être en 2009, le gouvernement des Maldives avait tenu sons conseil des ministres sous l’eau avec masque et tuba pour attirer l’attention sur leur situation catastrophique. Peu de choses ont bougé depuis et la concentration de gaz a effets de serre n’en fini pas d augmenter. Récemment le forum des îles du Pacifique a encore tempêté contre le mépris et l’inaction des pays les plus émetteurs, alors qu’ils sont eux en première ligne concernant les conséquences. Car les îles sont vraiment menacées. Celle de Ghoramara en Inde a déjà perdu la moitié de sa surface et les 2/3 des habitants ont du la quitter. Aux Maldives 10% des îles ont été désertées. 32 îlots de Kiribati ont disparu. Plus insidieux, la montée du niveau de la mer rend les littoraux fragiles, sape les dunes, détruit les coraux et les mangroves, salinise les nappes d ‘eau douce et rend les côtes vulnérables aux tempêtes et cyclones. La capitale des îles Marshall où se tenait la conférence a ainsi vu son centre ville envahi par la mer l’an dernier. Une étude de Nature Conservation indique que 6 à 12 % des îles françaises disparaîtront complètement d ‘ici 2100, sans compter celles qui seront partiellement amputées. La plupart en Nouvelle Calédonie et en Polynésie. Il faut dire que les îles tropicales, souvent construites par le corail sont très basses. 1 mètres au dessus de l’eau pour les Marshall, 2,4 pour les Maldives, 4,5 pour les Tuvalu et j’en passe. Plus près de nous l’île de Sein qui culmine à 1,50 m se fait aussi de gros soucis.

Comme la communauté internationale peine à se mettre en ordre de marche, les gouvernants tentent de s’organiser.

Construire des digues n’est souvent qu’un pis aller. Impossible de faire des murs géants partout, qui ne résisteront peut être pas aux mers déchaînées et empêchent ensuite l’eau de repartir. Alors on rivalise d ‘idées : Aux Maldives on restaure le corail et on plante de la végétation côtière pour renforcer les défenses du littoral. A Sein on imagine de condamner les rez de chaussée et de mettre des passerelles en hauteur en guise de rues. A Kiribati on plante de la mangrove. Mais tout ceci ne suffira pas, alors on fait des projets d’îles artificielles flottant comme des nénuphars autour d’une structure centrale et capable d ‘accueillir des dizaines milliers de personnes. Des projets qui semblent pharaoniques et déraisonnables financièrement mais à comparer aux 700 millions annuels dépensés à la protection contre les vagues à Kiribati par exemple. Dernière cartouche, acheter des terrains ailleurs pour reloger les populations de réfugiés climatiques ; C’est ce que vient de faire aussi Kiribati.

Mais les îles ce n’est pas que de la terre éparpillé sur l’eau, ce sont aussi des cultures, des traditions, des paysages, des espèces vivantes, des économies tout entières qui vont disparaître et cela pour de bon.

Alors marins qui aimez les îles, une raison de plus pour se mobiliser pour une ère décarbonnée

Et sauver les 10 à 20 000 îles en danger dans le monde.

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