A propos de fréquences de sons, je vous avais déjà entretenu des problèmes que les basses fréquences occasionnent aux baleines. Soyons un peu plus précis au regard de la science. Les sons se propagent quatre fois plus vite dans l’eau que dans l’air et les basses fréquences nettement plus loin que les hautes . Les couches de températures différentes forment des barrières créant sous l’eau de véritables couloirs de bruits.

Toutes sortes de bruits, celui des vagues, des clics, couics, sifflements, grognements et mugissements divers des baleines et même les crissements de mandibules des crustacés lesquels ne sont pas très dangereux.

Ce n’est pas le cas des bruits des navires en encore plus des systèmes de détection sous -marines dont le Low Fréquency Activity Sonar et les canons à air utilisés par la prospection pétrolière.

Les animaux les plus impactés sont les baleines à fanons dites mysticètes et particulièrement les baleines bleues le plus gros animal au monde, les baleines à bosse et la rare baleine de Cuvier.

Baleine bleue
Baleine bleue © Visuals Unlimited/Corbis

C’est une question de fréquence bien sûr.

Les baleines à dents comme le cachalot ou les dauphins émettent à de nettement plus hautes fréquences et semblent moins dérangées. Mais les systèmes de détection ou les gros navires émettent entre 1 et 1000 hz, dans la même plage que celle des baleines à fanons, pendant de longues périodes et dans toutes les directions.

Si un avion de ligne émet 190 décibels, un radar longue portée peut aller jusqu’à 260 db. Pour mémoire, un homme, après quelques minutes à plus de 160 décibels est pris de vertiges et de syncopes . Les expériences faites en équipant des baleines bleues et de Cuvier de balises de localisation montrent que les animaux en présence de ces bruits, sont tétanisés, arrêtent de se nourrir pendant plusieurs heures et fuient, pour certaines en plongent anormalement longtemps . Ceci serait à mettre en relation avec les échouages nombreux suivant les exercices militaires. Mais les scientifiques ont également observé un taux d‘hormones de stress supérieur pour les baleines exposées aux bruits. Dérangés, les animaux quittent les zones les plus favorables à leur nutrition ou à leur reproduction.

Les mesures de protection utilisées comme d’étudier préalablement la fréquentation des baleines par zone et par période de l’année, d’émettre des sons à puissance croissante pour leur donner le temps de s’écarter ou encore d’embarquer des observateurs qui font cesser les tirs au vu d’animaux sont facultatives et insuffisamment efficaces .

Alors, après tout, puisque pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut laisser le pétrole là où il est , on pourrait commencer par rendre un peu de paix à l’océan !

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