Ah, le cœur, le cœur ! L’océan a-t-il du cœur ? Ou plutôt les animaux océaniques en ont-ils ? Eh, bien cela dépend. Vous savez bien, Fabienne que la vie est née dans les océans. Là, les espèces, bien à l’abri des rayonnements nocifs ont développé une biodiversité impressionnante qui a fini par gagner la terre. Donc on trouve tout.

Au fond à quoi sert le cœur ? A distribuer de l’oxygène ou des nutriments aux cellules et à évacuer les déchets cellulaires. Les espèces très simples se débrouillent pour piocher directement dans le milieuextérieur qu’elles agitent avec des cils ou des flagelles.C’est vrai pour les vers mais les éponges ou les méduses par exemple n’ont pas de cœur non plus. Un peu plus complexes, chez les étoiles de mer, ce sont des mouvements internes qui assurent une circulation des fluides. Ensuite on passe à un début de circuit de circulation qui présente encore des lacunes, comme chez de nombreux crustacés et coquillages. Le sang est bien mis en mouvement par une pompe de type cardiaque, mais ensuite se répand dans les organes, plus ou moins librement.

A partir des céphalopodes, des poissons et encore plus des mammifères, la circulation sanguine est fermée, le cœur est la pompe indispensable. Mais dame Nature a encore testé quelques facéties. Les poulpes ont trois cœurs, deux envoient le sang aux branchies et un s’occupe de le distribuer au reste du corps. Les mêmes animaux, d’ailleurs ont le sang bleu. Ne croyez pas par là qu’ils aient une quelconque filiation noble. Seulement le pigment qui sert à transporter l’oxygène est l’hémocyanine à base de cuivre alors que pour nous les humains c’est l’hémoglobine à base de fer. Or le cuivre verdit, nous l’avons tous remarqué. Voilà pourquoi les branchies des crabes que nous mangeons sont vertes. Mais cette hémocyanine est moins efficace que notre bonne vieille hémoglobine, elle ne convient donc pas aux gros animaux. Top de cette évolution donc les mammifères marins chez qui le sang véhicule aussi la chaleur corporelle caractéristique des homéothermes. De plus ces animaux qui sont souvent de grande taille et très actifs nécessitent une circulation vigoureuse du sang. Le plus gros cœur du monde, sachez le ma chère Fabienne est celui de la baleine bleue : 500 kg, environ le poids d’une 2CV ! Adaptation supplémentaire, ces mammifères marins sont capables de ralentir leurs battements de cœur en plongée ce qui leur permet une immersion plus longue. Magnifique tout cela !

Du coup, est-ce que ces braves bêtes ont des infarctus ? Vraisemblablement peu, car la consommation de poissons et surtout de poissons gras comme les sardines, anchois et autres maquereaux est riche en oméga trois un composé qui protège le cœur et les artères. C’est même en étudiant l’exceptionnelle résistance aux maladies cardiovasculaires des Inuits, grands mangeurs de poissons et de phoques, que l’on a mis en évidence les propriétés des omégas trois.

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