IL n’y a pas que sur terre évidemment que l’on a besoin de robots, l’océan fournit mille occasions d’utiliser ce genre d’appareils. Les ROV, Remotely opérated vehicules) ou en bon français, ou les AUV (autonomous underwater vehicules), véhicules autonomes sous-marins ont un grand avenir. La différence entre les deux tenant au moyen de contrôler l’engin, grâce à un câble par où passent les informations, ou acoustique. De ce point de vue, le fin du fin sont les gliders qui plongent ou remontent automatiquement, revenant régulièrement à la surface prendre les informations dispensées par un satellite.

L’homme n’étant pas un poisson, le domaine sous-marin est difficile et cher d’accès en plongée, dès que l’on dépasse une certaine profondeur. La pression, le noir, le froid, l’inconnu sont autant de dangers pour des hommes au secours duquel il est quasiment impossible de venir. Par contre les grandes profondeurs sont de plus en plus convoitées pour l’exploration pétrolière, les minerais, la recherche scientifique, l’espionnage, la chasse photographique et le fin du fin, la chasse au trésor.

Voulez-vous tracer une carte topographique précise pour implanter un ouvrage sous-marin, aller inspecter votre pipe-line, effectuer des réparations, souhaitez-vous surveiller des glissements de terrains ou des paramètres physico chimiques, explorer une épave comme le Titanic en la laissant en place ou en remontant des éléments choisis comme lors du crash de l’avion d’Air France, faut-il protéger la flore et la faune des profondeurs, y découvrir de nouvelles espèces, les voir évoluer dans leur milieu, échantillonnera des filons de minerai ou des micro-organismes, avez-vous besoin d’obtenir des informations provenant d’eaux glaciales, ultra polluées, de failles inaccessibles à la taille humaine, faut-il manipuler des explosifs ou divers produits dangereux, êtes-vous seulement riches et atteints du virus de la curiosité, ….. La liste de l’utilisation des ROV et des AUS est interminable et s’allonge chaque jour.

Développés à partir des années 60 et 70 d’abord par l’industrie militaire, puis pétrolière, comme souvent, le ROV s’est en quelques sorte démocratisé, jusqu’à être acquis par des pêcheurs en quête de braconnage pour repérer des stocks de poissons ou des passeurs de drogues à l’imagination fertile.

Sachez qu’il existe, comme pour les logiciels des ROV en open source avec des descriptifs complets pour les construire dans votre garage, que vous pouvez vous adonner à des compétitions avec figures libres et imposées dans de véritables championnats planétaires et que le fin du fin, aujourd’hui est de déployer des réseaux socio pour ROV de manière à pouvoir utiliser une meute de petits engins simples communicants entre eux, en lieu et place d’un seul gros … et cher. Comme pour les robots terrestres, la recherche s’oriente aussi vers l’autonomie, la possibilité pour ces robots sous-marins de reconnaître et d’éviter des obstacles, de se dépêtrer s’ils s’accrochent au fond. Bientôt des logiciels leur permettront d’analyser le milieu où ils se trouvent, de prendre des décisions, de hiérarchiser des tâches. Après l’odyssée de l’espace, l’odyssée des profondeurs.

Bref, le fond des mers risque d’être bientôt aussi encombré qu’une autoroute un jour de croisement de juilletistes et d’aoutiens …. Non j’exagère un peu !

Mais la France est assez bien placée dans ce petit jeu, à la fois par la qualité de sa recherche et par la taille de sa zone économique exclusive.

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